Les conférences de presse du Président de la République ressemblent à s'y méprendre à des séances d'illusionnisme, au goût amer de déjà vu.
La dernière du genre annonce un "grand emprunt" de 35 milliards d'euros. Est-ce un évènement quand on sait que l'Etat emprunte... 250 milliards par an, et que sa dette totale dépasse les mille milliards d'euros ?
Comme souvent, on a beaucoup de mal à distinguer ce qui est nouveau de la simple redite. Par exemple, les crédits attribués aux campus se rajouteront-ils à ceux déjà promis, y compris par Mme Pécresse pour l'université toulousaine ? Si c'est le cas, alors l'emprunt est un non évènement.
Les pistes annoncées vont certes dans le bon sens : favoriser une société de la connaissance. Mais ces priorités, tel l'enseignement supérieur, ont été visées ces dernières années par des saignées budgétaires. Cet emprunt marquera t-il un réel virage politique, ou verra t-on l'Etat retirer hypocritement en fonctionnement ce qu'il attribuera grâce à l'emprunt ?
Ce qui peut surtout inquiéter, c'est le remboursement de la dette, alors que la remise en cause du bouclier fiscal, du paquet fiscal, des mesures injustes et inefficaces comme la défiscalisation des heures supplémentaires, reste un tabou pour le Président de la République, à l'encontre du bon sens.
Nous pouvons donc craindre une facture douloureuse et inéquitablement répartie pour les français, voire pour les collectivités.
Enfin, un chiffre nous frappe : zéro investissement social dans la liste des projets ! On aurait pu doter le Fonds de réserve des retraites, ou investir plus largement en perspective du vieillissement de la population. Cette occasion a été ratée. Le Conseil Général, chef de file de l'action sociale, ne peut que profondément regretter cette impasse sur les besoins des plus fragiles.
Pierre Izard
Président du Conseil Général de la Haute-Garonne