Le philosophe Abdennour Bidar invité des Rencontres de la laïcitéMardi 10 novembre - Diagora Labège

Incontournable débat d’idées de l'automne, le Département invite cette année le philosophe Abdennour Bidar pour les Rencontres de la laïcité, le 10 novembre prochain à Diagora Labège.
Le débat sera retransmis en direct sur haute-garonne.fr, vous pouvez réagir sur Twitter #LaïcitéHG.

Dans le cadre de son colloque annuel et gratuit autour de la laïcité organisé en partenariat avec la librairie Ombres blanches à Toulouse, le Conseil départemental recevra le 10 novembre prochain Abdennour Bidar au Centre de congrès Diagora à Labège.

Autour du thème « Laïcité et religion dans la France d’aujourd’hui », le philosophe et écrivain français exposera sa vision engagée de la question de la laïcité. 

Après le journaliste Edwy Plenel l’an passé, la juriste Mireille Delmas-Marty en 2013, le philosophe Abdennour Bidar, spécialiste des évolutions de l’islam et de la laïcité, est l’invité de cette édition 2015.

Enseignant et écrivain il est l’auteur notamment de Lettre ouverte au monde musulman, dernier livre paru en avril dernier. Il assure également depuis janvier 2015 la présentation de l’émission Cultures d’Islam, le dimanche après-midi sur France culture.

Quelle serait votre définition de la laïcité ?

D’après la loi du 9 décembre 1905, qui est la loi fondatrice de l’institution politique de la laïcité en France, il est précisé que : la laïcité est ce principe politique qui garantit le libre exercice du culte. Autrement dit, que l’on soit croyant ou non, nous n’avons pas de privilèges. La laïcité est pour moi un principe de liberté qui nous donne la possibilité de vivre en bonne intelligence.

En octobre 2014, vous avez rédigé une Lettre ouverte au monde musulman dans laquelle vous critiquiez la radicalisation de l’Islam. Comment combattre ce fléau ?

Il faut d'abord éviter qu'il y ait un climat de psychose qui s'installe autour de l'Islam. Or le problème, c'est que dès qu'on appelle les gens à ne pas faire d'amalgame entre Islam et islamisme, on a une nouvelle actualité médiatique qui montre des signaux très inquiétants qui viennent de tout un ensemble de dévoiements de l'Islam, tels que Daesh ou Boko Haram. Il faut distinguer l'Islam comme civilisation, et cette espèce de sous-culture religieuse qui fait trop souvent le quotidien d'un certain nombre de musulmans et qui, chez les plus fragiles, peut les faire basculer dans le radicalisme et la folie.

L'Islam est en crise profonde par rapport à des représentations qui sont très figées dans le passé. C'est une culture qui a beaucoup de mal à rentrer dans une logique de réforme et de renouvellement. Si chacun ne fait pas un effort d'adaptation et s'isole, cela ne va pas marcher. Et je suis un de ceux qui appellent les musulmans à faire beaucoup plus d'efforts.

Après les attentats de Paris, vous publiez un essai qui s’intitule Plaidoyer pour la fraternité. Vous proposez de « changer d’ère, à l’avénement de la fraternité des coeurs et des cultures ». Un message optimiste après un événement pourtant tragique.

J’aurais bien sûr voulu que tout cela n’ait pas lieu. On a tous été bouleversés, mais ce qui m’a semblé, c’est que dans cette situation qui a mis en lumière beaucoup de fractures sociales et culturelles, il se pose désormais la question suivante : qu’est-ce qui fait de nous une société, un peuple de convictions partagées ? Je pense qu’il y a là une opportunité unique de ressaisissement.

Vous proposez dans cet ouvrage la création d’un ministère de la Fraternité. Cela serait-il réellement possible ?

Cela ne me paraît pas idéaliste. Un ministère de la Fraternité pourrait faire converger tout un ensemble de politiques publiques, en les plaçant sous un chapeau symbolique. Quand on parle de lutte contre les inégalités, de rétablir de la mixité sociale, de casser les logiques de ghettos, de travailler contre les discriminations... C’est de la fraternité en acte !

Lors du colloque laïcité, vous aborderez le thème laïcité et religion dans la France d’aujourd’hui. Comment faire évoluer les rapports entre laïcité et religion ?

Il faut d’abord arriver à faire comprendre à tout le monde que la laïcité n’est pas l’ennemi de la religion. Ce n’est pas une espèce d’idéologie concurrente des croyances religieuses, mais un outil qui permet à toutes les religions d’avoir un droit de s’exprimer dans la cité, d’une façon qui les rend compatibles entre elles.

On doit avoir une « religion d’intelligence », qui comprend qu’elle a des efforts à faire pour faire en sorte que la liberté d’expression des uns ne soit pas quelque chose qui s’impose aux autres.

 

Informations pratiques

Entrée libre et gratuite sans réservation 

Mardi 10 novembre à 18:30

Diagora Labège
150, rue Pierre Gilles de Gennes
31670 Labège
Tél. 05 61 39 93 39

S’y rendre : goo.gl/maps/o4Rur

Les Rencontres de la laïcité

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