COP21 : discours de Georges Méric4 novembre 2015

En préambule du colloque du 4 novembre 2015, Georges Méric, Président du Conseil départemental a prononcé un discours dans lequel il évoque, l’urgence de notre action face au changement climatique. 

« Nous n'avons qu'une seule terre et nous en sommes tous responsables ». Tels étaient les mots de François Mitterrand dans sa lettre à tous les Français, en 1988. Près de 30 plus tard, la France accueille, à l’initiative du Gouvernement, la 21e Conférence des Nations Unies « Paris Climat 2015 », la « COP 21 ». C’est un honneur pour notre pays, mais c’est également une immense responsabilité. C’est dans ce cadre, en amont de cet événement mondial, que nous nous réunissons aujourd’hui.

L’adjectif qui, pour moi, qualifie le mieux la COP 21 est « vital ». Pour cela, nous devons parvenir à nous fixer un objectif commun, limiter la hausse de la température globale entre 1,5 et 2 degrés d’ici la fin du siècle, ainsi que les moyens juridiques et financiers pour l’atteindre.

La COP 21 n’est précisément pas une négociation comme une autre, qui pourrait être remise à l’année prochaine. Plus tard, il sera trop tard. Nous sommes face à un moment historique, un moment qui nous nous interpelle individuellement et qui nous oblige collectivement.

Les conséquences de l’activité de l’Homme sont déjà bien concrètes, connues et mesurables.

Serge PLANTON, climatologue, expert du GIEC, nous éclairera plus précisément sur ces enjeux. Je tiens à le remercier vivement de sa présence qui est la garantie de la qualité de nos échanges. C’est par ailleurs un plaisir d’accueillir un Toulousain pour nous parler d’enjeux mondiaux. Le local amène au global et le global ramène au local. C’est l’esprit de ce colloque.

La lutte contre le réchauffement climatique est – pour moi - le problème politique global de notre temps, parce qu’il est celui qui nous pousse à penser un paradigme nouveau de valeurs, de mode de vie, de responsabilité individuelle et collective.

Le risque est réel de mettre en péril l'humanité du fait des catastrophes écologiques et de leurs conséquences. Des conflits humains ne manqueront pas d'apparaître si nous ne sommes pas capables de désamorcer dès maintenant l’enchainement mortifère, en anticipant les implications de la crise écologique.

Pierre Mendès-France disait « Gouverner, c’est choisir ». En matière de lutte, contre le réchauffement climatique, cette maxime est soumise à rude épreuve. La décision démocratique est en effet face à une triple contrainte, à la fois spatiale, sociale et temporelle.

Spatial : Quelles que soient les époques, les systèmes politiques, les guerres, les migrations, les famines ont connu et connaissent des frontières, qu’elles soient naturelles ou géopolitiques. Le réchauffement climatique n’en connait pas. L'État-nation, centré sur son territoire, demeure le principal acteur politique sur notre planète. Alors que nous sommes confrontés à des problèmes globaux, il n'existe aucune autorité environnementale à l'échelle mondiale, alors qu'il en existe en matière financière ou commerciale. Il nous faut malgré tout nous entendre, c’est l’objectif de la COP 21.

Social, nous sommes face à un défi qui ne pourra se relever que dans l’équité entre les pays riches et les pays pauvres, mais aussi entre les industriels et les particuliers, entre l’urbain et le rural, Solidarité en est le maître mot.

Temporel enfin, parce que la lutte contre le réchauffement climatique s’inscrit dans un temps long. L’inertie du climat nous y oblige. Le politique doit s’imposer un nouvel agenda, loin de la dictature de l’instant, pour penser le temps long.

De la planète au département - c’est l’intitulé de la séance plénière de ce matin – nous avons donc le devoir d’agir.

Si le changement climatique est une réalité globale, les solutions sont également locales. C’est le sens de ce colloque. A une vingtaine de jours de l’ouverture de la COP 21, le Conseil départemental, en collaboration avec le Syndicat Mixte pour l’Étude et la Protection de l'Environnement (SMEPE), a souhaité prendre le temps de la réflexion et de l’échange.

Vous l’aurez compris, le Département développe l’ambition de prendre toute sa part en matière de développement durable, je ne donnerais que deux exemples.

Sur l’organisation de la collectivité d’une part, un plan d’actions 2015-2019 relatif au fonctionnement interne du Conseil départemental a été validé. Cette validation est l’aboutissement d’un travail d’élaboration engagé depuis 2011.

Nous avons adopté lors de notre session d’octobre la mise en place d’un plan climat énergie départemental territorial.

À mi-chemin entre la Grande Région et les diverses Intercommunalités, le Conseil Départemental est l’interlocuteur, le partenaire privilégié des territoires.

Le SMEPE est notre bras armé et je tiens à saluer son président Pascal BOUREAU, qui est aussi conseiller départemental, ainsi que l’implication de nos collègues élu-e-s qui animeront les ateliers de travail cet après-midi et concluront cette journée, Julien KLOTZ, Line MALRIC et naturellement Jean-Michel FABRE, vice-président en charge du développement durable.

En souhaitant un plein succès à notre colloque, je tiens à souligner la qualité des intervenants, les remercier de leur témoignage.

Je tiens à remercier les services du Conseil Départemental et du SMEPE dont le travail remarquable a été pleinement reconnue par le Ministère du Développement durable qui a labellisé cette rencontre dans le cadre de la COP 21.

Gardons-nous de tout catastrophisme et rassemblons nos énergies pour être la hauteur des défis. Les aborder aujourd’hui, ensemble, c’est nous engager dans une intelligence collective qui va nous demander mobilisation, ténacité et inventivité, afin d’assumer la responsabilité de céder une terre accueillante aux générations futures.

Ces dernières sont là, dans la salle, avec la présence des représentants du conseil départemental des collégiens qui viendront nous dire un mot à la fin de cette séance plénière.

Pour conclure, je vous rappellerai le mot d’Edgar Morin citant Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.»

Ensemble, collectivement, faisons croitre « ce qui sauve. »

Je vous remercie.