Handicap : la MDPH31 célèbre 10 ans de service public

En février 2016, la Maison départementale des personnes handicapées, MDPH31, a célébré ses dix ans. Sous la responsabilité du Conseil départemental, ce lieu d’accueil facilite le quotidien des personnes en situation de handicap. Depuis 2006, c’est un guichet unique ouvert à tous les âges de la vie et à tous les handicaps.

Chef de file de l’Action Sociale, le Conseil départemental de la Haute-Garonne consacre près de 50 % de ses ressources à l’action sociale vers les plus fragiles.

Malgré les contraintes financières qui pèsent sur la collectivité, le Conseil départemental de la Haute-Garonne, fait le choix de maintenir son budget consacré au handicap afin de conserver une qualité de service. En 2016, 182 millions d’euros, soit 25 % des dépenses sociales, y sont ainsi dédiés.

L’action du Département et de la MDPH31 favorise l’inclusion des personnes en situation de handicap, en leur permettant de réaliser leur projet de vie. Cela passe par trois priorités : l’aide au maintien à domicile, un accompagnement individualisé, l’aide à la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Portraits... 

Tétraplégique depuis la naissance, une infirmité motrice cérébrale causée par deux réanimations néonatales, Nicolas vit avec ses parents et sa sœur jumelle à Tournefeuille. Il est accompagné par la MDPH depuis 2006. Il bouge les jambes sans pouvoir les utiliser et a une bonne mobilité du bras gauche qui lui permet d’écrire un peu.

À la maison, la vie est rythmée par le travail scolaire, car Nicolas en Terminale S au centre Jean Lagarde de Ramonville-Saint-Agne, compte bien décrocher le bac cette année ! En dehors des cours, il y fait aussi des séances de rééducation. Sa nouvelle kiné l’aide à progresser, peut être pourra-t-il atteindre son rêve : marcher avec un déambulateur !

Nicolas adore tous les sports, surtout le rugby. Avec son père, abonné au Stade Toulousain, ils vont voir tous les matchs. L’an prochain, il hésite entre un BTS assistant de gestion ou devenir journaliste sportif. A l’école, il donne toujours le maximum comme en rééducation. Après ses études, il espère être de plus en plus autonome, avoir un appartement et vivre sa vie.

Malvoyante depuis 16 ans, Marie-Hélène n’a jamais cessé de travailler. Malgré les difficultés liées au handicap, sa vie professionnelle continue d’être une source d’équilibre. Son statut de travailleur handicapé lui a permis d’adapter son poste de travail et ainsi de conserver son emploi.

Suivie par la MDPH depuis deux ans, sur les conseils de son médecin du travail, pour lui permettre de maintenir son autonomie à la maison, elle a bénéficié du même équipement informatique qu’au bureau : un télé-agrandisseur qui convertit et grossit les documents sur un écran d’ordinateur, ainsi qu'une lampe basse vision qui apporte la lumière nécessaire sans être éblouissante.

Ce qui a amélioré son quotidien c’est surtout l’équipement nomade : une loupe électronique de la taille d’un smartphone, qu’elle glisse dans son sac à main, pour lire les prix dans les magasins ou un plan dans la rue.

Cette technologie complète les outils dont elle dispose déjà : des lunettes-loupes pour la télé et un monoculaire qui lui permet de voir les petits détails : ceux d’un tableau au musée, le numéro de ligne d’un bus… Pour Marie-Hélène, qui est très active, cette hyper-technologie permet d’éviter l’isolement. Elle peut ainsi encore aller au cinéma, au concert, et surtout au musée… plus qu’un passe-temps ces sorties culturelles sont pour elle essentielles !


Sylvie Armengol est atteinte d’une maladie génétique neuromusculaire, une myopathie invalidante, dont les premiers symptômes sont apparus à l’âge de 15 ans. Elle n’en a pourtant connu le diagnostic officiel qu’en 1996. Devenue maman en 1992, elle a pu s’occuper normalement de son fils Mickael. Sa maladie évolue lentement, et elle se déplace en fauteuil depuis 2004.

Accompagnée par la MDPH depuis 2006, son logement a été adapté au fur et à mesure. L’aggravation de son état nécessite également une assistance en permanence, assurée en relais par trois auxiliaires de vie et par sa maman, devenue son aidant familial.

Coquette, son esthéticienne vient à domicile et elle aime aller chez sa coiffeuse. Elle ne sort pas beaucoup et adore regarder la télévision, en particulier les séries policières et les films d’horreur ! Pendant les vacances d’été, elle préfère aller à la mer, car le soleil et l’iode lui font beaucoup de bien. Si elle ne veut pas se projeter dans l’avenir, elle garde en tête deux rêves un peu fous :  voler en hélicoptère et sauter en parachute !  

Juriste de formation, Gisèle s’est éloignée de la vie professionnelle à la suite d’une longue maladie. En 2010, elle a contacté la MDPH sur les conseils de son médecin. Elle y a trouvé une écoute et un suivi personnalisé qui lui ont redonné l’envie de se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle.

Elle reste aujourd'hui accompagnée pas à pas dans son nouveau projet. Après une première formation de négociateur immobilier, elle va entamer une spécialisation complémentaire en diagnostic technique, dans la perspective de créer en 2017 une TPE de conseil en immobilier et de recruter… pourquoi pas des personnes handicapées et ainsi rendre ce qu'on lui a donné !

Pour cette passionnée de sociologie, l’apprentissage est une seconde nature. Elle a d’ailleurs commencé à étudier la langue des signes, son dernier hobby, entre deux journées de bénévolat à l’association Emmaüs.

Allan a été diagnostiqué autiste très tôt, à 2 ans. Son accompagnement par la MDPH a commencé en 2007. Depuis la rentrée, il va dans une classe pour l'inclusion scolaire (Ulis, ex-Clis) et s’est beaucoup plus épanoui.

Il y a une maîtresse pour 12 enfants et deux assistantes de vie scolaire permettant l’accompagnement adapté pour Allan. Il va en cours le matin et bénéficie d’une prise en charge l’après-midi dans une association ou dans un Sessad (Service d'éducation et de soins spécialisés à domicile), ou encore avec avec un éducateur spécialisé.

Allan sait qu’il est autiste, que les autres ne le sont pas et que c’est ce qui le rend différent. Il a des projets et la volonté de s’en sortir. Sans être encore totalement dans la conversation, il s’exprime de mieux en mieux. Il est sur le bon chemin…

Emmanuel a 43 ans, il est accompagné par la MDPH depuis 2006. Son autisme a été diagnostiqué tardivement, il y a 15 ans. Depuis 2000, il vit à Grenade dans un foyer d’accueil médicalisé. Emmanuel y a ses activités quotidiennes : il aime aller à la piscine et au cinéma, la lecture, le jardinage… mais surtout les vacances au grand air !

Les financements publics, dont l’essentiel de son allocation handicap (AAH) du Conseil départemental qu'il reverse en grande partie, lui permettent une prise en charge complète. La somme qui reste lui permet de faire des courses, de prendre les transports seul, de partir en séjour dans des structures adaptées. Tous les quinze jours, il revient chez ses parents l’espace du week-end.

Jacqueline, sa mère, investie depuis 20 ans au sein de l’association Sésame Autisme, siège à la Commission des droits et de l’autonomie de la MDPH qui évalue et statue sur les demandes d’aides. C’est un rôle qu’elle prend à cœur, une mission qui, selon elle, rend les parents et les aidants acteurs du dispositif partenarial animé par la MDPH.

Joueur de rugby amateur, Tony se blesse dans une entrée en mêlée en février 2010. Il est alors talonneur et joue en série régionale à Castelginest. L’accident le rend tétraplégique, mais il garde un peu de motricité au bout des doigts.

Bien entouré par sa famille, son épouse Marie, infirmière, devient son auxiliaire de vie qu’il emploie via la PCH. Il est accompagné par la MDPH depuis 2011. Aux gens qui pensent que le handicap est un fardeau, il répond que lorsque l’on est bien organisé et que l’on a un bon matériel, tout se passe bien. 

Il a fait le deuil de son handicap, a des projets et veut fonder une famille. « Je n’aurais pas dû me relever mais je suis en vie, la situation a juste un peu changé », explique-t-il avec lucidité. Il est professionnellement très occupé, travaille dans l’immobilier et ne touche pas d’AAH.

Chez lui, tout a été conçu de façon adaptée, avec beaucoup d’espace et de la domotique. Son véhicule est lui aussi équipé. Ce n’est pas un luxe car en ce moment il roule beaucoup : il fait la tournée des villes de Top 14 et Pro D2 pour signer son livre, Talonneur brisé, paru en octobre dernier.

Guillaume est très actif, même s’il se déplace en fauteuil roulant et bouge à peine le bout de ses doigts. Sa myopathie a été diagnostiquée à 7 ans. Il a 11 ans lorsqu’il arrête de marcher, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une scolarité normale jusqu’au lycée. Originaire de Montauban, il poursuit à Toulouse des études d’ingénieur en informatique avant de s’y installer définitivement pour travailler.

Depuis 2007, il occupe un poste à trois quarts temps chez Akka Technologies et se rend au travail à Basso Cambo en Mobibus. Accompagné par la MDPH depuis 2006, dans son appartement des Minimes, un logement adapté dans une résidence gérée par l’association Carpe Diem Premium, il bénéficie d’une assistance partagée entre cinq appartements. Ce service à la demande lui permet de vivre de façon plus indépendante.

Fan de BD, Guillaume aime sortir, voir ses amis ou profiter de ses trois petites nièces. Il aime aussi aller au cinéma ou à des concerts et voyager. Après les JO de Londres en 2012 et New York l’été dernier, il cherche une nouvelle destination pour 2017.

Le Haute-Garonne magazine spécial MDPH est disponible

 

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