PORTRAIT

Didier Lacroix, quatrième mi-temps Publié le
Date de publication
16 septembre 2018

Didier Lacroix
Didier Lacroix, quatrième mi-temps. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Joueur de rugby emblématique des années 90, Didier Lacroix, 48 ans, est depuis juillet 2017 président du Stade toulousain. Ambitieux pour son club. Sans morgue, mais avec détermination.

Corps

Dire que Didier Lacroix vit et respire « Stade toulousain » n’est pas une figure de style. À une époque où le turn-over et les mercatos rythment les saisons rugbystiques, l’homme au regard bleu azur est l'incarnation de la continuité. « J’entre à 13 ans à l’école de rugby du Stade toulousain, je n’en repars jamais », dit-il. Pourtant, à l’origine, le match n’était pas gagné. « La première fois que je me suis présenté à l’inscription avec mon frère, il avait 7 ans, j’en avais 5, lui a été pris, pas moi ; j’étais trop jeune ». Il s’essaye au foot, mais l’appel du ballon ovale est plus fort. La deuxième tentative sera la bonne, et la montée en puissance, ultra rapide : en 1989, il a 19 ans et intègre l’équipe première, dont il devient l’une des cartes maîtresses.

Un tempérament de guerrier

Dans le sillage de ses aînés – Jean-Pierre Rives, Thierry Maset (entre autres) – qu’il a pour modèles, Didier Lacroix est un troisième ligne aile infatigable, combattif, acharné. Réputé pour son tempérament de guerrier. « Je n’avais pas toutes les aptitudes physiques en termes de poids et de taille, alors il a fallu compenser, par de l’entraînement, de l'intelligence de jeu, et surtout, une grande détermination. » Son palmarès en atteste : 6 fois champion de France, 1 fois champion d’Europe, 3 fois vainqueur du Challenge Yves du Manoir en équipe première, on en passe... Le plus grand souvenir ? « Mon premier match en tant que titulaire au Parc des Princes, face à Castres en 95. La sortie du vestiaire et le niveau sonore qui monte. L’entrée dans l’arène, le bruit, les couleurs, l’ambiance. Un match intense où tout est magnifié. »

La transmission avant tout

Mais Didier Lacroix, ce n’est pas « que » le rugby. En 1992, il obtient un diplôme à l’École supérieure de commerce de Toulouse. Une première expérience professionnelle, où il est « un peu trop loin du manche », le convainc de créer son entreprise : une agence de communication « À vos marques », puis le groupe « À la Une », devenu en 1994 la régie commerciale du Stade toulousain. Un background qui contribue, en juillet 2017, à sa nomination au poste de président succédant à René Bouscatel. « Je ne l’ai pas vécu comme un aboutissement, précise-t-il. C’est le début d’une histoire. D’ailleurs, la tâche est encore immense pour consolider les performances économiques, revoir le modèle financier et assurer l’avenir. » Ce qui lui importe : « Réussir la transmission le moment venu. »

Donner le sourire

Pourtant, l’énergie du quadra fait déjà mouche. Avec des chiffres en hausse (+ 10 % pour la billetterie) et des projets en nombre (des entraînements délocalisés, des partenariats noués avec d’autres clubs) un vent de renouveau fait vibrer les tribunes d’Ernest-Wallon. Idem pour les résultats sportifs, avec une troisième place en Top14 la saison dernière. « Bien sûr, c’est important, mais il ne faut pas regarder le Stade toulousain que par le prisme de son résultat sportif, corrige-t-il. Ce qui compte, c’est aussi le lien créé avec le territoire et notre rôle sociétal » ; la capacité, par exemple, « à former des joueurs en contribuant à leur construction en tant qu’individus » ou « à donner le sourire au mec qui vient passer une demi-journée au stade et qui repart chez lui plus heureux et plus léger. » La transmission, on vous dit.