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Exposition « Shift » d’Emmanuel Bornstein : un regard sur dix ans de création Publié le
Date de publication
3 juin 2021

SHIFT Emmanuel Bornstein
L'exposition "Shift" est à découvrir au château de Laréole du 5 juin au 26 septembre (Crédits : Aurélien Ferreira)
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C’est au château de Laréole, joyau de la Renaissance que le Conseil départemental dédie depuis 2006 aux expositions d’art, que l'artiste toulousain Emmanuel Bornstein présente, à partir du 5 juin, 29 oeuvres créées à Berlin, sa ville d'adoption, entre 2011 et 2021.

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"Faire dialoguer les oeuvres entre elles"

En parallèle de son exposition "Three letters. Peinture. Écriture. Résistance" au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, l’artiste franco-allemand, originaire de Toulouse, présente du 5 juin au 26 septembre au Château de Laréole l'exposition "Shift". 29 œuvres, comme autant de témoins des bouleversements du XXe siècle, créées à Berlin où il s’est installé en 2011. Pour autant ces 10 ans de création n’ont pas été scénographiés de façon chronologique.

« Il y a des thématiques récurrentes dans mon travail, des obsessions (les mouvements de population, le temps, mon histoire familiale…) qui évoluent avec le temps, explique Emmanuel Bornstein. Cette exposition est l’occasion de faire dialoguer les œuvres entre elles. »

Ambiguïté de sens

Mais alors que les plus anciennes, sombres, peuplées d’un bestiaire d’hommes à tête d’animaux, de figures désarticulées et de farandoles apocalyptiques, s’inspirent en grande partie de l’Holocauste et de la Seconde Guerre Mondiale, ses œuvres récentes, plus colorées et dans lesquelles apparaissent lucioles et figures fantomatiques, s’attachent davantage à restituer des événements contemporains. « J’ai pris conscience au fil du temps que pour représenter des atrocités, je n’étais pas obligé d’avoir une palette aussi sombre, qu’il était possible d’amener du vivant, comme pour panser les plaies », commente Emmanuel Bornstein. 

Dans ce va et vient permanent, ces « glissements » (« shift ») entre passé et présent, grande Histoire et mémoire familiale, figures anonymes et visages familiers, le spectateur est laissé à ses propres interprétations. « Je ne cherche pas à le prendre par la main, je souhaite au contraire qu’il se questionne, d’où cette grande ambiguïté de sens que l’on retrouve dans chaque toile », indique l’artiste. La contemplation de « Vladimir et Estragon », où l’on voit deux corps entremêlés, deux personnages liés, en est l’un des exemples les plus parlants. « L’un semble sauver l’autre d’une chute mortelle, ou d’une noyade. A moins que cela ne soit le contraire ? » Ombre ou lumière, au visiteur d’en décider. 

 

Affiche Shift E.Bornstein

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