PORTRAIT

Hugo Gaston : la balle est dans son camp ! Publié le
Date de publication
15 avril 2018

Hugo Gaston
Hugo Gaston : la balle est dans son camp ! (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Le jeune champion de tennis du Blagnac Tennis Club multiplie les performances, mais garde la tête sur les épaules, avec une confiance en l’avenir à toute épreuve.

Corps

S’il fallait y voir un signe, il serait plutôt de bon augure. Hugo Gaston, 17 printemps à peine, remportait l’Orange Bowl de Floride en décembre dernier, épreuve reine du circuit mondial de tennis pour les moins de 18 ans. D’illustres prédécesseurs l’ont devancé sur le podium, et pas des moindres : Forget, Mina, Thiem, Roddick, Federer, Courier, Lendl ou McEnroe… Comme ce dernier, Hugo possède un redoutable revers gauche qui a fait merveille fin janvier lors du double juniors victorieux vécu avec Clément Tabur (formé au SNUC de Nantes), à Melbourne lors de l’Open d’Australie, juste après avoir raflé la première place en simple du tournoi de Traralgon. C’est par un sobre « On l’a fait ! » envoyé par SMS aux parents restés à Fonsorbes, que le jeune joueur manifestait alors son bonheur. Lui qui, voilà 15 ans, haut comme trois pommes (ou une raquette), accomplissait les gestes de papa Thierry : taper dans la balle jaune. « Quand mon père, qui est président du club de tennis de Fonsorbes, partait pour des réunions ou des rendez-vous je l’accompagnais et je tapais des balles contre le mur. Tout a commencé là, j’ai tout de suite aimé ça et, finalement, ça ne pouvait se terminer que comme ça ! » Une quinzaine d’années plus tard, le jeune homme posé, affable et économe en mots, qui figure parmi les espoirs du tennis hexagonal, livre avec simplicité la teneur de sa vie quotidienne, toute entière consacrée à sa passion sportive :

« Entre les entraînements du matin et de l’après-midi, je poursuis mes études de commerce, l’objectif est d’obtenir le Bac pour assurer l’avenir au cas où quelque chose se passe mal sur le plan sportif. Rien n’est jamais acquis. » 

L’âge de tous les possibles

Découvert à Fonsorbes par Marc Barbier — son coach puis entraîneur fédéral aujourd’hui —, le bambin qui a grandi s’inscrit au Blagnac Tennis Club à l’âge de 9 ans. Vite repéré par la Ligue de tennis, il intègre le pôle espoir Toulouse-Balma où il s’entraîne toujours, puis rejoint le pôle France de Poitiers. À 13 ans, l’âge de tous les possibles, Hugo s’entraîne ferme et engrange les résultats, les portes de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) à Paris s’ouvrent et, avec elles, celles de la haute compétition. Et si, l’an passé, les performances à Roland-Garros et à l’US Open en simple n’étaient pas au rendez-vous, le mental est au beau fixe grâce, notamment, à l’entraînement prodigué par Yannick Thivant en lien avec le pôle de la ligue Occitanie :

« Je suis en confiance mais je continue à m’entraîner sérieusement parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver. »

Avec force obstination, entre des séances de physique, des étirements, Hugo n’en oublie pas pour autant de s’intéresser au foot et au rugby et lorsqu’il ne joue pas, « de me reposer le week-end sans toucher la raquette pour me consacrer à la famille et à mes amis. » Mais, dans un coin de la tête demeure inscrit l’objectif du champion junior classé dans le Top 5 mondial :

« Figurer parmi les 750 premiers dans le classement ATP parce qu’il va y avoir un nouveau règlement puis essayer de gagner un ou plusieurs grands chelems juniors, des tournois pros et c’est déjà pas mal non ?! »