« La peinture n’existe que par le regard des autres, écrivait précisément le peintre dans ses notes d’atelier. Chanceux, celui qui rencontre une “complicité de regard” pour le soutenir dans sa longue quête et peut-être l’engager sur de meilleurs chemins ». Cette quête, Joan Jordà la débute dès 1947. Il se forme ensuite à l’École des Beaux-arts de Toulouse entre 1954 et 1957. Sa première exposition est organisée en 1976 : elle marque le début de son engagement à dénoncer la violence et les aberrations des pouvoirs totalitaires. Les œuvres liées à cette thématique jalonnent son parcours artistique, mais voisinent aussi avec des productions plus lumineuses, témoignant de son amour de la vie.
Sa connexion avec le public n’aura par ailleurs jamais cessé : en 1979, il est l’un des membres fondateurs de la Coordination des artistes plasticiens de Toulouse (CAPT) qui ambitionne de faire découvrir l’art contemporain au grand public. Nombreux, enfin, sont les Hauts-Garonnais pour lesquels Joan Jordà est une figure familière : une sculpture consacrée à la Retirada, et commandée par la ville de Toulouse, est visible de tous dans le quartier des Minimes, adossée à la Casa de España.