PRÈS DE CHEZ VOUS

La Maison Ysalguier retrouve son lustre d’antan Publié le
Date de publication
30 avril 2021

Maison Ysalguier
La façade, la charpente et les fenêtres de cette demeure médiévale ont été entièrement rénovées. (Crédits : Hélène Ressayres)
Chapeau

Sélectionnée en 2019 par la Mission Bern dans le cadre du loto du Patrimoine, cette demeure médiévale en péril, située au coeur d'Auterive, a bénéficié d’importants travaux de rénovation, auxquels le Conseil départemental s’est associé. 

Corps

Après plusieurs années de démarche et des mois de travaux, c’est avec une joie non dissimulée que Michèle Fines, propriétaire de la maison Ysalguier, fait visiter cette superbe demeure médiévale située au centre d’Auterive. « Cette maison a retrouvé toute sa fierté ! Nous n’aurions jamais pensé que le résultat serait aussi beau ! » Le chantier était de taille : « Le toit menaçait de s’effondrer, les façades étaient lépreuses et il y avait eu quelques tentatives de restauration assez malheureuses », égrène Raphaël Blohorn, architecte du patrimoine. « Mais j’ai tout de suite adoré cette maison ! », précise-t-il. 

Avec sa façade à colombages et ses fenêtres à meneaux, la demeure seigneuriale, qui fut construite au XIIe siècle par la famille Montaut et rachetée au XIVe par une lignée de seigneurs nommée Ysalguier, a en effet de quoi séduire… et intriguer aussi ! En grimpant jusqu’à un premier demi-étage, on tombe ainsi sur la « salle du prisonnier », où un certain Jean de Saut a écrit avoir « été mis en prison » ici, comptant les jours à l’aide de bâtons gravés sur les murs de sa geôle. Un peu plus haut, le visiteur découvre la « salle du Parlement » dans laquelle les seigneurs locaux administraient les affaires de la cité d’Auterive.

Un lieu de diffusion culturelle

Ce patrimoine remarquable menacé a pu être sauvé grâce au loto du patrimoine, créé dans le cadre de la Mission Bern, qui a permis à la Fondation du patrimoine de récolter 300 000 euros pour assurer l’entretien du monument - considéré comme étant en péril - auxquels s’est ajoutée une participation de 50 000 euros du Conseil départemental. « Sans cette aide, un tel chef d’œuvre n’aurait pas pu voir le jour, rappelle Bernard Cassagnet, délégué de la Fondation du patrimoine Occitanie Pyrénées, mettant en lumière le gouffre financier que peut représenter l’entretien de tels monuments pour les particuliers et les communes qui en héritent. « Cela a permis en outre de faire travailler différentes entreprises du territoire : maçons, charpentiers, menuisiers et maîtres verriers. »

Désormais, l’ambition de Michèle Fines est de faire de la maison Ysalguier un lieu de diffusion culturelle, avec notamment l’organisation de concerts par la Société des amis de l’orgue de Cintegabelle.