À LA UNE

Lucien Vieillard présente de nouvelles oeuvres au château de Laréole Publié le
Date de publication
22 juin 2021

Lucien Vieillard
Lucien Veillard est un peintre toulousain qui expose ses oeuvres dans une salle qui lui est dédiée au château de Laréole. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Le célèbre peintre naïf toulousain présente cet été trois nouvelles oeuvres, créées en 2020. Ce triptyque rejoint temporairement la quarantaine d'oeuvres précédemment données au Conseil départemental par l'artiste lui-même et exposées dans une salle qui lui est spécialement dédiée au château de Laréole.

 

Corps

À 96 ans, Lucien Vieillard peut se réjouir d’avoir eu deux vies complètement différentes, certains diront même antinomiques… La première l’a conduit à mener une sérieuse carrière administrative, entre le sud-ouest de la France et la Bretagne, où il a d’abord été huissier de justice, avant de devenir chef du contentieux puis directeur d’une caisse de retraite. La seconde lui a permis d’embrasser une carrière d’artiste accompli dont le talent est aujourd’hui reconnu dans le monde entier. « Petit, j’aimais bien peindre, mais je n’ai jamais eu l’idée de faire les Beaux-Arts », se souvient ce peintre natif de Toulouse, dont les seuls enseignements viennent de ses cours de dessin au lycée Fermat.

Autodidacte, Lucien Vieillard a tout appris dans les livres d’art ou les musées. Il s’inspire notamment du courant impressionniste, Maurice Utrillo et Vincent van Gogh en tête, avant de trouver, à son tour, son propre style. « J’ai commencé la peinture à l’huile à la fin des années 60, alors que j’étais en week-end chez mes beaux-parents dans l’Aude. D’abord pour passer le temps, à partir de vieilles cartes postales, c’est finalement devenu mon activité principale à la retraite. »

Une peinture instinctive

Sa rencontre avec le critique d’art Anatole Jakovsky donne un tournant à sa carrière, ce dernier le considérant comme l’un des deux ou trois meilleurs peintres « naïfs » actuels. Il expose notamment à la galerie Antoinette, à Paris, dès le début des années 70, avant de s’exporter principalement en Europe, mais aussi aux États-Unis, au Venezuela ou encore au Japon. Depuis son atelier situé à Larra, au nord-ouest de Toulouse, il peint comme il respire, instinctivement. Méticuleux, il ne perd aucun détail donnant à ses paysages comme ses tours Eiffel, par exemple, un incroyable réalisme, et « une patte » reconnaissable entre mille. « Au début, je ne peignais jamais de personnages : je les rayais inconsciemment de mes tableaux, car je rencontrais trop de gens plus ou moins agréables toute la semaine dans mon métier », s’amuse-t-il. Petit à petit, on voit des individus apparaître, notamment pour conduire les locomotives qu’il affectionne particulièrement, donnant encore plus de vie à ses œuvres. 46 d’entre elles sont désormais exposées dans une salle d’exposition du château de Laréole. Pour découvrir la diversité de son talent.

Lucien Vieillard, la collection revisitée

Eté 2021 : la collection revisitée

Jusqu'au 26 septembre 2021, le château de Laréole propose la collection revisitée de Lucien Vieillard, dans laquelle trois nouvelles oeuvres sont présentées. Interview.

Vous présentez cette année trois œuvres inédites, réalisées en 2020, plus fantastiques mais aussi plus sombres que les œuvres exposées jusqu’ici à Laréole. Parlez-nous de ce triptyque.
Il m’a pris un jour la fantaisie de peindre une ville imaginaire, avec deux personnages qui se rencontrent. En voyant cette toile, un de mes arrière-petit-fils m’a affirmé qu’il s’agissait de ma rencontre avec ma femme. L’idée m’a plu : finalement, quand on se rencontre, on entre dans un monde inconnu ! Cela m’a inspiré un deuxième tableau plus ésotérique, avec toujours ces deux personnages qui s’apprêtent à embarquer sur un bateau pour rejoindre la ville. Dans un coin, un esprit du mal les guette… Dans le dernier, plus mystérieux encore, nous nous dirigeons, avec notre fils, vers une lumière blanche au bout d’un tunnel gris. Cela correspond à une vision que j’ai eu enfant.

expo Lucien Vieillard à Laréole
(Crédits : Shannon Aouatah)

Comment expliquez-vous ce changement d’atmosphère dans vos toiles qui présentaient jusqu’ici une vision assez merveilleuse du monde ? 
Je n’aime pas trop analyser les choses en vérité. Ce que je peux dire, c’est que je fonctionne beaucoup à l’instinct. Je trouve l’inspiration dans des documents que je déniche (archives, vieilles cartes postales), dans mes lectures, mon vécu et mon imagination. Mes œuvres sont un mélange de tout cela. 

Avez-vous toujours le même plaisir à peindre aujourd’hui ?
Oui ! C’est inné. J’ai toujours aimé dessiner et m’arrêterai seulement « in articulo mortis », comme on dit, à l’article de la mort ! Mais à condition, toujours, que le sujet m’intéresse. Je serai bien incapable de terminer une toile qui ne me plaît pas. Pour ma prochaine toile, je réfléchis à une sorte d’embrouillamini, à l’image d’une jungle du Douanier Rousseau, pour représenter le jardin d’une de mes amies…

Contacts et documents pratiques