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Mémoire des génocides du XXe siècle Publié le
Date de publication
20 avril 2021

Soirée débat mémoire des génocides
Une table-ronde-débat sur la mémoire des génocides du XXe siècle se déroule le samedi 24 avril. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Le XXe siècle est marqué par le génocide Arménien, la Shoah et le génocide des Tutsi au Rwanda, autant de tentatives des pouvoirs dominants de planifier la destruction systématique d’un peuple ou d’un groupe ou d’une partie d’un groupe ethnique. Il est essentiel de préserver cette mémoire pour la comprendre et en tirer les leçons pour que cette histoire ne se renouvelle pas.

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Samedi 24 avril à 19h : table-ronde Mémoire des génocides du XXe siècle

Soirée débat en compagnie de 

  • Maurice Lugassy mémorial de la Shoah;
  • Vincent Duclert , Historien, président de la  commission sur l’enseignement des génocides, inspecteur général pour l’histoire, président de la commission d’enquête sur le génocide des Tutsi au Rwanda;
  • Raymond Kevorkian, Historien, spécialiste du génocide des Arméniens, membre de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994);
  • Jeanne Uwimbabazi Rescapée Rwandaise, Présidente de l'Association Diaspora Rwandaise de Toulouse;
  • Co animation Hubert Strouk et Jean-Luc Laronce;
  • Jean-Marc Phillips-Varjabédian, Violoniste du trio Wanderer​ intermède musical au début et à la fin.
Mémoire des génocides

Manoug a écrit assez tardivement son histoire, il a attendu que sa vie active se calme et lui laisse le temps de ce regard rétrospectif.

Il a d’abord raconté son histoire et l’un de ses amis, le compagnon Albert Sorbier,  a écrit, à partir de son récit, un livre : Manoug, Arménien le sans souci.

Après avoir raconté cette histoire, Manoug a eu à cœur de l’écrire lui-même avec ses propres mots, lui qui justement ne connaissait pas un seul de ces mots quand il a débarqué à Marseille en 1923.

En écrivant ce texte, Manoug voulait nous faire connaître la part de sa vie dont il était le seul témoin et que lui seul pouvait raconter. On comprend qu’il ait arrêté son récit à son retour de captivité en 1943 et à son arrivée rue Tripière. C’est là qu’il va rencontrer Rose et dès lors ce n’est plus l’histoire de Manoug seul, mais celle de Manoug et de Rose et bientôt, elle deviendra notre histoire commune quand mon frère et moi serons nés. En écrivant, Manoug voulait que nous connaissions nos racines, connaissance dont il avait été, lui l’orphelin, à jamais privé par le génocide.

Après avoir mis un point final à son récit, Manoug n’a pas cessé d’écrire, en français et en arménien : des lettres à ses amis, des notes sur des textes lus ou des événements vécus. Ainsi, il écrit en en 1996 : « Aujourd’hui, 11 novembre 1996. Demain, le 12 novembre, il y aura 73 ans que je suis arrivé en France, mais aujourd’hui, 73 ans après, je me vois encore au bord de l’Euphrate rouge du sang des innocents égorgés et jetés dans le fleuve dont les corps nagent sans bouger les membres. Les cadavres roulent plus vite dans le milieu des eaux qu’au bord, certains s’accrochent aux branches des arbustes pour servir d’appât aux animaux sauvages. » Il retrouve dans ce texte l’image sur laquelle s’ouvrent ses mémoires, le fleuve rouge du sang innocent. Image de mort et, en même temps, pour lui, image du retour à la vie puisque c’est son premier souvenir, la première vision émergeant du noir qui a recouvert, occulté et effacé tout ce qu’il avait vécu avec les siens avant le génocide. Cette image du fleuve l’aura accompagné et hanté toute sa vie.

Manoug nous a légué ses mémoires, à nous d’abord, ses enfants et petits-enfants, mais aussi à tous les Arméniens de Toulouse qu’il retrouvait à l’Amicale et qui souvent le considéraient comme un grand-père ou un tonton. Tous, nous faisons en sorte d’en assurer la transmission.

Media document

Un documentaire

Le voyage de Manoug, c’est l’itinéraire chaotique d’un enfant qui est né au début du 20ème siècle et qui en a vécu les horreurs. Miraculeusement rescapé du génocide arménien de 1915 au cours duquel toute sa famille est massacrée, Manoug est ballotté d’orphelinat en orphelinat avant d’être envoyé en France. Nouvelle guerre, captivité en Allemagne et Toulouse au bout du voyage. Un long voyage, le voyage d’une vie que Manoug, après être passé si près de la mort, a accompli avec l’envie permanente de vivre et bâtir, bâtir une famille, bâtir des toits, puisqu’il est devenu charpentier, bâtir l’avenir.

Ce film vous est offert par le réalisateur et producteur Bernard Semerjian

Dimanche 25 avril à 16h : facebook live Mémoire des génocides et de la déportation

Dans le cadre de sa participation à l’événement « Mémoire des génocides du XXe siècle » proposé par les Chemin de la République, le Musée départemental de la Résistance & de la Déportation vous propose une visite spéciale de son parcours d’exposition permanente, dimanche 25 avril 2021.

Comme chaque année, ce dernier dimanche d’avril est dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale.

À la fois détenteur et acteur de cette mémoire, le Musée tient à prendre part à cette commémoration et à cet événement à travers une visite commentée consacrée aux questions des persécutions des Juifs et des Tsiganes et des différentes formes de déportation qui ont eu lieu depuis la Haute-Garonne.

La visite est assurée Catherine Monnot-Berranger et Déborah Savio.

Lundi 26 avril à 19h : Colporteurs du Web : génocide contre les Tutsi au Rwanda, une cicatrice dans l'histoire.

Avec Jeanne Uwimbabazi, rescapée du génocide

Le 20 ème siècle restera celui de l'épouvante. Il a commencé avec l'éradication des populations arméniennes de l'empire ottoman, a continué avec l'immense tragédie de la Shoah et s'est terminé avec l'extermination des Tutsis du Rwanda et le « nettoyage ethnique » dans l'ex-Yougoslavie.

Autant de tentatives des pouvoirs dominants de planifier la destruction systématique d’un peuple ou d’un groupe ethnique.

On aurait tort de renvoyer ces évènements impensables et effroyables à de simples « accidents » de l’histoire, ou des parenthèses sans racines, une « mauvaise période » dues à la seule folie de quelques hommes.

Car le génocide n’est pas une œuvre de fou, mais celle d’un État, dans toute l’affirmation d’un plan rationnel. Les génocidaires, à toutes les époques exécutent un travail minutieusement préparé et méthodiquement mis en œuvre.

Le génocide commis en 1994 au Rwanda, le pays de Mille Collines, à l'instigation du régime extrémiste hutu alors au pouvoir, a fait environ 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi les Hutu modérés, selon l'ONU.

Les causes de ce génocide furent multiples: outre l'accumulation de haines entre les castes Hutu et Tutsi au fil des années et l'enchaînement des événements déclencheurs, d'autres causes ou responsabilités, intérieures ou extérieures, ont été évoquées par les différentes commissions d'enquêtes, et très récemment le 25 mars avec le rapport de la commission dirigée par l'historien Vincent Duclert, qui est sans appel : la France "est demeurée aveugle face à la préparation" du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 et porte des "responsabilités lourdes et accablantes" dans la tragédie.

Jeanne Uwimbabazi a alors 16 ans. Elle a survécu mais a perdu ses parents, deux sœurs et sa nièce. Elle est aujourd’hui  infirmière à Toulouse. Elle est aussi un témoin de l'Histoire. Rescapée du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, elle est Présidente de l’association « Diaspora Rwandaise » et s’implique fortement dans le travail de mémoire. Pour que cet épisode funeste ne soit jamais oublié, pour le comprendre et en tirer les leçons, pour que cette histoire ne se renouvelle pas.

Expositions virtuelles

" Une cicatrice dans l’histoire ", du Mémorial du Camp des Milles

" Le génocide des Arméniens ", de l'Association ARAM

Photographies de Jean Calbabian sur le génocide des Arméniens

Le génocide des Arméniens
ARAM - Association Dispora Rwandaise de Toulouse - Camp des milles - Amicale des Arméniens de Toulouse Midi Pyrénées