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Ressources en eau : un soutien d'étiage historique pour la saison Publié le
Date de publication
11 août 2020

Cet été, le déficit en neige des Pyrénées a provoqué une entrée en étiage précoce
Cet été, le déficit en neige des Pyrénées a provoqué une entrée en étiage précoce (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Début juillet, le Syndicat mixte d'étude et d'aménagement de la Garonne (SMEAG), l’Etat, EDF et l’Agence Eau Adour Garonne (AEAG) signaient un contrat de coopération pour le soutien d’étiage de la Garonne. L'objectif? Augmenter le volume d’eau, mobilisable dans les réserves hydroélectriques, pour soutenir les faibles débits de la Garonne lors des périodes de sécheresse entre juillet et octobre. Quelques semaines plus tard, le 20 juillet, le niveau de référence de la Garonne était atteint, portant le soutien d'étiage à 1,4 million de m3 par jour. Un lâcher historique et précoce qui vise à garantir l'alimentation en eau et donc maintenir les différents usages et le bon état du milieu aquatique.

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Si le réchauffement climatique se passe à l’échelle de la planète, ses conséquences sont pourtant bien locales et ont d’ores et déjà un impact sur notre quotidien. Et pour preuve, le 20 juillet, suite à un déficit en neige dans les Pyrénées provoquant une entrée en étiage : un nouveau record puisqu'il représente le14e franchissement le plus précoce en un demi-siècle. La réalimentation de soutien d’étiage du fleuve depuis les réserves hydroélectriques des Pyrénées atteint désormais 16 m3/s. Ce niveau de lâchers historiques pour la saison, ont été rendus possible grâce au recours simultané aux réserves de l’Ariège et au lac d’Oô. La part des réserves stockées dans ces lacs a été augmentée par l'accord de coopération pour le soutien d’étiage de la Garonne signé en juillet par le SMEAG, l’Etat, EDF et l’Agence Adour Garonne. Le volume d’eau, mobilisable dans les réserves hydroélectriques, pour soutenir les faibles débits de la Garonne lors des périodes de sécheresse entre juillet et octobre a été porté de 52 à 70 millions / m3, soit une augmentation de 36 %.

Pourquoi cette réalimentation ?

L’objectif principal de ce soutien d'étiage est d'assurer la quantité d'eau pour tous les usages et donc d’éviter les restrictions de prélèvements sur l’ensemble de fleuve, des Pyrénées à l’estuaire, et de maintenir le débit nécessaire au bon fonctionnement des milieux aquatiques. Enfin, cela permet d'alimenter les usines pour l'eau potable, car la Garonne et ses affluents apportent 90 % de l’eau potable consommée par les Hauts-Garonnais. Chaque jour sont ainsi libérés environ 1,4 million de m3 d’eau depuis les Pyrénées qui s’écoulent jusqu’aux portes de l’estuaire de la Gironde. Il reste trois mois de soutien d’étiage et le bon état de la Garonne est l’affaire de tous, chacun devant économiser l’eau à son échelle de façon citoyenne, même en l’absence de mesures de restriction.

 

D’où vient l’eau qui arrive à l’estuaire en cette fin de mois de juillet 2020 ? 

L’eau qui arrive en cette fin juillet à Tonneins en Garonne (aux portes de l’estuaire de la Gironde) provient des rivières Lot, Tarn et Ariège (chacun apportant 20 %) et de la Garonne amont et de ses affluents (40 %) dont la rivière le Salat. Tout au long de l’été cette proportion variera et la part de l’Ariège, source des principales réalimentations, augmentera.

D’où proviennent les 16 m3/s actuels de soutien d’étiage géré par le Sméag ?

Trois lacs hydroélectriques pyrénéens gérées par EDF libèrent cette eau dans le cadre du contrat de coopération signé le 1er juillet 2020 : le lac d’Oô situé en Haute-Garonne sur le bassin de la rivière Pique à une altitude de 1 507 mètres et les lacs de Laparan et de Soulcem situés en haute Ariège à des altitudes respectives de 1 539 et 1 577 mètres sur les bassins du Vicdessos et de la rivière Aston.

Qui finance le soutien d’étiage de la Garonne ?

En cas de déstockage de la totalité des volumes réservés, la dépense totale représente jusqu’à 5 millions d’euros par an. Elle est financée à 50 % par l’AEAG et à 50 % par le Sméag. Sur 10 % du financement, le Sméag met à contribution ses six collectivités membres, riveraines du fleuve, les conseils départementaux de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne, du Lot-et-Garonne et de la Gironde et les conseils régionaux Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Les autres 40 % proviennent de la redevance de gestion d’étiage, instaurée par le Sméag en 2014, qui fait participer les usagers bénéficiaires du dispositif qui contribuent à égalité : industriels, agriculteurs, collectivités fournissant de l’eau potable à plus 1,4 million d’habitants.

Jean-Michel Fabre
Jean-Michel Fabre (Crédits : Aurélien Ferreira)

Garon'Amont : un projet de territoire dédié

Dans les prochaines années, la Haute-Garonne sera un des territoires les plus impactés par le changement climatique. Le besoin en eau pour les familles comme pour l’agriculture ou l’économie deviendra un enjeu central pour le développement du département. C’est pourquoi, le Département a lancé, en 2018, le projet de territoire Garon’AmontSuite à la concertation publique menée entre mars et septembre 2019, un plan de 31 actions, en réponse aux 130 recommandations du panel citoyen, sera finalisé en fin d’année. Ce projet a été initié par le Conseil départemental, en partenariat avec l’État, la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, les Conseils départementaux de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et du Gers, le Val d’Aran et l’Agence de l’Eau Adour Garonne, afin d'assurer une gestion concertée et durable de l'eau en Garonne amont et de permettre ainsi la poursuite du développement des territoires dans le respect des équilibres environnementaux.e