À LA UNE

Seyre : « Sortir l’histoire de ces enfants de l’oubli » Publié le
Date de publication
7 septembre 2020

Dévoilement d'un plaque commmémorative en hommage aux enfants réfugiés à Seyre.
Dévoilement d'un plaque commmémorative en hommage aux enfants réfugiés à Seyre. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Dimanche 6 septembre, dans le village haut-garonnais de Seyre, une plaque commémorative, en hommage à une centaine d’enfants réfugiés pendant la deuxième guerre mondiale a été installée. Retour sur un chapitre encore méconnu de la Résistance haute-garonnaise.

Corps

« Tout part en 1940 d’une organisation juive qui s’est inquiétée du sort des enfants dont les parents étaient arrêtés lors de l’ascension d’Hitler au pouvoir », explique Elerika Leroy, historienne et chargée de mission pour les Hauts Lieux de la Résistance au Conseil départemental. « Une centaine d’enfants juifs, âgés de 4 à 17 ans sont alors pris en charge par des foyers pour enfants réfugiés de Bruxelles, et sont transférés dans la commune de Seyre, en Haute-Garonne pour fuir le régime nazi. De parents allemands, autrichiens et polonais persécutés et traqués par le régime nazi, ils arrivent en gare de Villefranche de Lauragais le 20 mai 1940, puis sont transportés dans une propriété de la famille Capele d’Hauptoul à Seyre. »

Les enfants et leurs responsables y séjournent pendant une année dans des conditions de vie très précaires : « Ce qu’il faut s’imaginer c’est que Seyre voit sa population doubler avec l’arrivée de ces enfants, qui ne parlent pas français : ils ont fui la guerre, vivent dans un isolement et le dénuement le plus total », précise l’historienne. Pourtant des liens forts se créent et une solidarité locale s’organise, « une véritable forme de résistance civile se met en place! ». En mai 1941, ils sont transférés dans un nouveau refuge en Ariège et tenteront d’échapper au sort qui leur est réservé par le régime de Vichy.  

« Ce qui est étrange c’est que l’histoire de ces enfants est connue à partir du moment où ils arrivent en Ariège, avant, c’est un peu flou, comme un morceau d’histoire oubliée, regrette Elerika Leroy. Ces enfants ont pourtant laissé des traces derrière eux, encore visibles aujourd’hui : des dessins colorés effectués voilà 80 ans, dont les murs de la bâtisse gardent de jolies marques : « c’est un témoignage très précieux, qui a marqué nombre de collégiens venus sur place dans le cadre d’un travail sur la Résistance », poursuit-elle.

« L’installation de cette plaque commémorative est un véritable aboutissement, pour redonner un visage et une histoire à tous ces enfants et ceux qui les ont accompagnés ».

Cette plaque devrait être la première d’une série, avec à venir un hommage à Marsoulas, village martyr oublié, situé dans le Comminges. Ces plaques, financées par le Conseil départemental ajoutent par là-même de nouvelles étapes du circuit mémoriel "Haute-Garonne résistante" programmées dans le département.

Ces dessins effectués pendant la seconde guerre mondiale par des enfants réfugiés à Seyre sont encore visibles.
Ces dessins effectués pendant la seconde guerre mondiale par des enfants réfugiés à Seyre sont encore visibles. (Crédits : Aurélien Ferreira)