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1600 engagés pour l'avenir du Département

Une mobilisation contre la fusion Métropole/Département

Alors qu' Emmanuel Macron, président de la République confirmait la semaine passée devant l'association des maires de France que la fusion entre les départements et les métropoles était en bonne voie, Georges Méric, président du Conseil départemental a appelé à la mobilisation des élus du territoire et des acteurs associatifs pour la sauvegarde du Département.

Ils devaient être 500, ce sont finalement 1600 personnes qui se sont pressées au Conseil départemental pour affirmer leur soutien au Département et leur opposition à la réforme.

Maires urbains, périurbains et ruraux, élus nationaux et locaux de tous bords politiques et représentants associatifs ont exprimé massivement leur engagement pour un Département fort, en capacité de poursuivre sa mission de solidarité territoriale et de proximité. Ils ont rappelé le rôle essentiel du Département pour garantir la démocratie locale de proximité et l’unité des territoires, facteurs d’équité entre les citoyens et véritables garde-fous contre le délitement du lien social.

L'occasion pour Georges Méric de rappeler le coeur de l'action départementale : "Le Conseil départental est un opérateur social, un trait d'union entre les territoires." Il a affirmé qu'"il faut faire société ensemble et non les uns contre les autres. Une vague se lève en Haute-Garonne. Je dis oui à la coopération, au partage, non à l’inéluctable appauvrissement, paupérisation de 93% du territoire HG, non à la fracture territoriale béante avec le modèle lyonnais."

"Depuis quand la fracture vaut-elle mieux que l'unité?"

Avant de passer la paroles aux nombreux présents souhaitant s'exprimer, il a rappelé à propos du projet de fusion métropole/département : "Nantes a refusé, Lille a refusé, Bordeaux s’interroge, Monsieur Larchet Président du Sénat, Monsieur Bussereau Président de l’assemblée des departements de France et du Conseil départemental de la Charente-Maritime, sont mobilisés au plan national pour le respect des doubles volontés locales." L'assemblée a d'ailleurs pu découvrir le témoignage vidéo de Dominique Bussereau exprimant son adhésion au combat mené en Haute-Garonne : "vous avez raison de vous battre contre ce projet car ce n'est pas un bon projet! Forcer la main c'est inadmissible et je trouve étonnant que seuls les présidents des métropoles aient été reçus par le président, les président des Conseils départementaux n'étant pas conviés."

"Le pacte républicain c'est autre chose"

Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de Gironde, a souhaité appuyer le fait qu'une métropole sur un territoire est "une chance, une opportunité pour un territoire. C'est un réel plus si elle fait partie d'un département...Accentuer les fractures territoriales, nier les interdépendances des territoires n'est pas une bonne idée. Depuis quand la fracture vaut-elle mieux que l'unité?"

Philippe Grosvalet et Jean-René Lecerf, respectivement présidents des Conseils départementaux de Loire-Atlantique et du Nord ont témoigné de leur soutien via un message vidéo. "Cette fusion est une fausse bonne idée et une vraie erreur.  Le pacte républicain c'est autre chose", a notamment déclaré Jean-René Lecerf. Quant à Charles-Anges Ginesy, président du Département des Alpes maritimes, il souhaite à la Haute-Garonne "les mêmes droits à Saint-Gaudens que dans la metropole. En 2018, il est plus que jamais temps d'être à l'écoute des territoires, c'est le sens du message que nous donne le peuple de France".

D'autres intervenants ont souhaité argumenter leur présence et la légitimé des Départements. Ainsi Claude Cohen, Président du Printemps du rire a souhaité pointer le soutien affirmé du Conseil départemental envers les acteurs culturels. Mathieu Solle, président de la fédération des CUMA en Haute-Garonne a souligné le soutien apporté aux agriculteurs du territoire, à hauteur de 3 millions d'euros : "c'est le fruit d'une volonté politique du Département, je doute que la métropole en fasse autant." René Savelli, Président de l'association des maires ruraux, mais aussi Philippe Saunier-Borrell, co-directeur de Pronomade(s) et Jean-Louis Puissegur, Président de l’Association des maires de France en Haute-Garonne, ont pris la parole tour à tour afin de partager leur stupéfaction face à cette volonté de fusion. Une lecture du témoignage de Gérard Larcher, Président du sénat a cloturé cette matinée : "L'avenir de Département de la Haute-Garonne c'est l'avenir de la solidarité. Aujourd'hui le Département a une importance centrale, qu'elle est donc l'urgence à casser tout cela? Le pays a-t-il moins besoin de solidarité?"

Geroges Méric rencontre la ministre de la cohésion des territoires

Georges Méric doit rencontrer la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, mercredi 28 novembre prochain, avec les présidents des Conseils départementaux de la Gironde et des Alpes-Maritimes, également concernés par la fusion.

Dans l'attente de cette entrevue, le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne a fait part à la ministre d'un courrier exprimant le refus par une très grande majorité d’élus en Haute-Garonne du projet de métropolisation. "Cette absence de volontés locales, érigées en préalable à toute mise en œuvre du projet, devrait conduire à écarter la réforme sur le territoire haut-garonnais. Nous demandons l'application de l'accord partenarial signé le 29 juin dernier entre le Département de la Haute-Garonne et Toulouse Métropole, et l'abandon de la perspective d'une fusion imposée", a précisé Georges Méric
 

 

Page publiée le 26 novembre 2018 - vérifiée le 26 novembre 2018