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Abraham Poincheval, ou la quête du voyage intérieur

 

Abraham Poincheval impressionne autant qu’il déroute. Il faut dire que ses performances sont pour le moins singulières. Rencontre avec un artiste qui imagine les voyages les plus fous, avec la contrainte de l’enfermement et part à l’aventure sans bouger d’un iota. Absurdes pour certain, visionnaires pour d’autre les performances d’Abraham créent le buzz à coup sûr.

Lorsqu’on lui demande de parler de lui, il explique avec placidité qu’il a « simplement fait les beaux-arts ». Que l’art est surtout pour lui un moyen de répondre aux incessantes questions qui affluent dans son cerveau. Tout commence en 2001 avec son acolyte du moment, Laurent Tixador, accompagné duquel il part sur l’île du Frioul, pendant une semaine avec « du chocolat, des aspirines et un couteau ». L’objectif ? Survivre pendant une semaine avec ce maigre bagage. Depuis, c’est en solo qu’il avance et les prouesses d’imagination se suivent…et ne se ressemblent pas. Un fil rouge tout de même, celui de l’enfermement volontaire dont il expérimente toutes les variantes : vivre 15 jours à l'intérieur d'un ours naturalisé, ou d’un bloc de pierre, remonter le Rhône à l'intérieur d'une bouteille géante, passer une semaine perché sur une plateforme, « enfermé dans le vide à 20 mètres de hauteur », etc. Une expérience sort du lot, celle qui l’a le plus marqué : au printemps 2017 il couve des œufs jusqu’à éclosion.

L’Homme-Lion, sa machine à remonter le temps

Pourtant aujourd’hui le performeur revient à ses premières amours : « Je suis claustrophile, j'aime l'enfermement. Cela me permet de me mettre en pause, je crois que j’ai une facilité à l’endurance tranquille ». Le 2 juin Abraham Poincheval s’est enfermé dans une réplique agrandie de « l'Homme-Lion », une statuette emblématique de la préhistoire, taillée dans une défense de mammouth. Il passera sept jours - immobile ou presque - dans cet habitacle en bois, en totale autonomie, installé en lisière de forêt, aux abords du musée de l’Aurignacien. Son objectif ? « Faire revivre la statuette : il me semblait assez fort d'habiter cette histoire de l'humanité entre homme et animal. » Il répète à qui veut l’entendre que cette statuette est « un vaisseau à remonter le temps ». À travers le temps ou l’espace, ce sont en tout cas bien des récits de voyages qu’il rapporte de ses expériences : « C’est un voyage statique, un peu comme Youri Gagarine lorsqu'il a fait son premier voyage autour de la terre et qu'il était enfermé dans la capsule Vostok ». Il évoque un voyage psychique, intemporel et coloré, une virée dans un espace mental, « impossible à décrire avec des mots ». Avec, toujours, un rêve aussi fou que flou : « je suis mon objet de travail, j’essaie d’atteindre mes limites morales et physiques ». Des limites qu’il n’a pas encore touchées du doigt puisqu’à ce jour aucune de ses performances n’a été interrompue. Et pendant ce temps, alors que les curieux défilent autour la statue de l’Homme-Lion, la touchent, l’observent, lui parlent aussi parfois, lui a activé sa machine à remonter le temps, pour un voyage direction la préhistoire. Un voyage qu’il vivra en totale introspection, la meilleure manière pour lui « d’aller à la rencontre du monde ».

Page publiée le 21 juin 2018 - vérifiée le 21 juin 2018

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