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Droit de réponse du Département à une tribune de la FDSEA 31

Georges Méric répond à un article paru dans le Trait d’union paysan le 27 janvier 2017

Ce droit de réponse signé par le Président du Conseil départemental Georges Méric, a été envoyé au Trait d'union Paysan à la suite de l'article paru le 27 janvier 2017. Il retrace l'action du Département en faveur de l'agriculture de Haute-Garonne depuis 2015.

Agriculteur dans une grange avec du foin et des vaches

C’est avec pour le moins un grand étonnement que j’ai pris connaissance de l’article signé de la FDSEA31, paru dans Le Trait d’Union Paysan du 27 janvier 2017 et titré : « Le Conseil départemental gaspille l’argent du contribuable ».

Vous me voyez d’autant plus choqué que, dès mon arrivée en 2015 à la présidence du Conseil départemental, j’ai engagé une collaboration avec les différents partenaires agricoles, notamment la Chambre d’Agriculture au sein de laquelle la FDSEA est l’un des syndicats majoritaires.

Cette ouverture s’est traduite par des actes concrets, tels que :

  • la réalisation commune d’un bulletin d’avertissement irrigation (rédaction complémentaire et partagée entre les services de la Chambre d’Agriculture et ceux du Conseil départemental).
  • la co-construction d’un Programme Agro-Environnemental et Climatique, qui apportera, s’il est retenu par la Région, 5 millions d’euros sur 5 ans aux éleveurs du département (financement FEADER et Conseil départemental). Sans l’apport du Département, sur ses fonds propres, de 1,25 millions sur 5 ans, ce projet n’aurait pu voir le jour. Vous devriez vous en réjouir.
  • l’accompagnement commun du Syndicat de l’ail violet de Cadours pour l’obtention de la labellisation AOC.
  • la co-animation d’une réunion technique en lien avec l’agro-écologie à la demande de l’ACVA de Revel, et qui va se poursuivre par d’autres actions.
  • l’accompagnement commun à la création de l’ASA d’irrigation à Villemur-sur-Tarn.

Votre article m’offre l’opportunité de vous indiquer que nous sommes toujours en attente du retour signée de la convention Point Accueil Installation (PAI), qui nous tient à cœur sur ce point essentiel qu’est l’installation. Vous n’ignorez pas que la moitié des installations en Haute-Garonne se réalise grâce à l’intervention volontariste sur le plan technico-économique et financier du Conseil départemental. Vous devriez, là aussi, vous en réjouir.

Ces actions très concrètes démontrent que j’ai œuvré à une complémentarité entre nos services dans l’intérêt de l’Agriculture du département. J’ai été maintes fois force de proposition de coopération, mais j’ai aussi, parfois, bien senti les hésitations de certains dirigeants syndicalistes quant à mes propositions, alors qu’un nombre toujours croissant d’agriculteurs apprécie notre action.

D’autre part, mon action s’est traduite par le maintien de la quasi-majorité des aides directes aux agriculteurs et aux associations du monde agricole, cela par une convention avec la Région, permise par la loi NOTRe. Certains départements, placés comme le nôtre sous la contrainte budgétaire, n’ont pourtant pas fait ce choix politique de maintenir leurs aides agricoles. Aussi, permettez-moi de vous questionner. Avez-vous interrogé nos agriculteurs de Haute-Garonne : veulent-ils, comme vous le suggérez, qu’on cesse toute solidarité avec le monde agricole ?

Sachez, Monsieur le Président, que mon engagement en faveur de l’agriculture en Haute-Garonne se fait avec constance et dans la clarté. En effet, je crois en l’agriculture de ce département, et dans une agriculture d’avenir, conciliant économie et protection de l’environnement, prenant en compte la diversité et le maintien des exploitations familiales afin de préserver et pérenniser un tissu rural vivant.

Aussi, je souhaite poursuivre ces accompagnements et je ne pense pas que mon action, si utile aux agriculteurs dans le contexte actuel, soit « un gaspillage de l’argent du contribuable » comme vous l’écrivez. Au contraire, elle illustre bien un choix politique fort, que j’assume pleinement avec Messieurs Patrice RIVAL et Gilbert HEBRARD, ainsi qu’avec l’ensemble des conseillers de la majorité départementale.

Quelques chiffres clés de 2016 pour vous rappeler l’ampleur de la politique agricole du Département :

  • 685 subventions pour plus de 1,25 millions d'euros,
  • Plus de 500 000 euros pour les éleveurs,
  • 240 000 euros pour les actions des associations et les manifestations du monde agricole,
  • Vote d'une aide exceptionnelle de 120 000 € en faveur des éleveurs de palmipèdes en circuit-court suite à la grippe aviaire.

Je vous rappelle que le Conseil départemental œuvre déjà sur toutes les actions que vous avez citées dans votre article : financement des outils d’irrigation, aides aux aviculteurs, accompagnement au développement des circuits courts (Opération MIAM 31 et plate-forme virtuelle de mise en relation AGRILOCAL), soutien au pastoralisme…

Je souligne également que le Département, membre du SMEAG, a presque doublé sa participation au soutien des étiages de la Garonne, qui s'élève à 71 000 € en 2016. Et cela afin de répondre aux demandes de la profession agricole. Cette participation, non obligatoire au demeurant, permet de réduire la participation financière des usagers, dont les agriculteurs.

Concernant plus particulièrement les missions des conseillers agro-environnement de la Haute-Garonne, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 110 réunions regroupant 900 agriculteurs sur des thématiques diverses,
  • 17 000 contacts avec les agriculteurs (permanences, contacts téléphoniques, visites, dossiers divers dont PAC…), sur tous types de demandes,
  • 20 conventions de partenariat technique signées avec les ACVA (Associations Cantonales de Vulgarisation Agricole).

Si l’on suit votre raisonnement, il faudrait supprimer tous ces conseils gratuits et ces aides financières.

Surprenante proposition faite par votre syndicat contre les intérêts de votre profession. Les agriculteurs de la Haute-Garonne apprécieront votre prise de position certainement guidée par vos considérations politiques personnelles.

Pour ma part, je crois au sens pratique des agriculteurs. S’ils ne trouvaient pas de la compétence et de l’efficacité dans l’accompagnement de nos conseillers agro-environnement, croyez-vous qu’ils les solliciteraient aussi fortement ?

De plus, je ne peux envisager qu’ils utilisent deux fois le même service : ils choisissent en fonction de leur besoin particulier et de la qualité de la réponse. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas le monopole du service à nos agriculteurs qu’il y a doublon. Les agriculteurs de la Haute-Garonne, les agricultures plurielles de notre département, bénéficient d’un appui technique, sur le terrain, actif et multiple, avec des visions parfois différentes. Il n’y a que vous pour le regretter.

Au vu de ces éléments, je m’insurge contre vos propos qui s’avèrent à l’opposé de l’attente du monde agricole, en recherche de reconnaissance et de soutien par la société.

A l’AG de votre syndicat, le 23 février prochain, le sujet de la Table ronde est : « Quelle stratégie relationnelle avec les élus autour des enjeux de la politique agricole de demain ? ».

Permettez-moi de vous dire que votre méthode, si j’en juge l’article agressif du Trait d’Union Paysan, me paraît très loin d’être constructive.

Toutefois, sachez que nous serons présents à ce rendez-vous car le Conseil départemental souhaite la poursuite d’une démarche de dialogue direct pour défendre l’intérêt général de nos agriculteurs et la pluralité des agricultures de la Haute-Garonne.

Enfin, force est de constater que la FDSEA31 que vous présidez ne veut toujours pas percevoir l’action du Département comme un renforcement complémentaire des efforts de chacun pour aider l’agriculture de ce département.

Malgré vos propos, je continuerai à mener la politique volontariste du Département, convaincu de son efficacité auprès des agriculteurs de la Haute-Garonne.

D’ailleurs, je tiens à vous faire part des réactions d’indignation que de nombreux agriculteurs et  partenaires du monde agricole m’ont immédiatement témoignées suite à la parution de votre article.

Georges Méric, Président du Conseil départemental de la Haute-Garonne

 

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Page publiée le 03 février 2017 - vérifiée le 03 février 2017

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