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Jean Jouzel, Climato-convaincant

Colloque "Biodiversité sur son 31" vendredi 29 novembre

Vendredi 29 novembre le colloque Biodiversité sur son 31, organisé au Conseil départemental en lien avec le Syndicat Mixte Haute-Garonne Environnement est une belle occasion de confronter les idées et de debattre sur les actions concrètes nécessaires pour préserver l’héritage naturel à laisser aux générations à venir.

À priori rien ne le prédestinait à devenir l’un des plus grands lanceurs d’alerte au monde pour la sauvegarde de la planète. Dans les années 50, à l'époque de son enfance passée dans une ferme bretonne, personne ne parlait de réchauffement climatique. Diplômé de l’école de chimie de Lyon, c’est même par hasard qu’il s’est mis à étudier avec des glaciologues. « J’ai toujours voulu faire de la recherche, mais je ne savais pas dans quoi », se souvient Jean Jouzel. Souhaitant se rapprocher de sa Bretagne natale, il candidate pour une thèse en région parisienne sur les isotopes du soufre au sein du prestigieux Commissariat à l’énergie atomique (CEA), à Saclay, qu’il n’a plus quitté depuis. Mais le jour de la rentrée, le responsable du laboratoire – le scientifique Étienne Roth – avait oublié le sujet de sa thèse et lui propose de travailler sur… la formation de la grêle. « Il m’aurait proposé un sujet sur les lasers ; j’aurais aussi bien accepté ! »

Une découverte historique 

C’est ensuite sa rencontre avec le glaciologue Claude Lorius qui marque un tournant inattendu dans sa carrière. « J’étais loin de me douter que nos travaux de recherche, 40 ans plus tard, deviendraient un grand sujet d’actualité ! », admet le scientifique. Pourtant, dans les années 80, leurs études sur des forages glaciaires en Antarctique apportent la preuve scientifique qu’il existe un lien entre l’effet de serre et le climat. « Dès lors, les médias du monde entier ont commencé à s’intéresser à nos travaux ; j’ai même été interviewé par le New York Times en 1987, et aujourd’hui, il n’y a pas un jour où je ne suis pas sollicité », remarque Jean Jouzel. Il faut dire qu’à 72 ans, le climatologue semble aussi à l’aise sur un plateau de télévision pour expliquer qu’il faut limiter le réchauffement à 1,5°C que sur le terrain pour étudier des carottes glaciaires !


Un discours optimiste

Membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avec lequel il reçoit le prix Nobel de la paix en 2007, il devient ainsi l’un des porte-paroles les plus médiatiques de la lutte contre le changement climatique.
« Ces recherches m’ont apporté beaucoup plus que je ne l’espérais, car le sujet va au-delà des connaissances théoriques : le premier rapport du GIEC a permis d’aboutir à la convention climat en 1992 puis à la mise en place des COP et la signature du protocole de Kyoto en 1997 ! Il y a une véritable prise de conscience des décideurs politiques, même si certains – malheureusement – ne s’engagent pas comme les États-Unis, le Brésil ou la Russie. » Et bien que la tâche soit immense – que diviser par presque deux nos émissions de CO2 d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050 n’est pas un pari gagné d’avance – Jean Jouzel veut rester optimiste. « Il faut que tout le monde regarde dans la même direction et chacun peut agir pour que ça marche en changeant sa façon de se nourrir, de se loger ou de se déplacer. Et quand je vois mes petits-enfants qui y sont attentifs naturellement, je me dis que c’est plutôt positif ! » Un discours qu’il partagera sans aucun doute lors du colloque biodiversité organisé par le Conseil départemental de la Haute-Garonne et auquel il participera le 29 novembre prochain.

INFOS : Colloque biodiversité le 29 novembre de 9 heures à 16 h 30 au Conseil départemental. Inscriptions sur cd31.net/biodiversite

Page publiée le 26 novembre 2019 - vérifiée le 26 novembre 2019