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La lutte contre les produits chimiques en Haute-Garonne

Samedi 7 septembre : fête des paysans de Pechbonnieu

L'arboriculture fruitière est un secteur où les alternatives aux produits chimiques se développent de plus en plus. En Haute-Garonne, les producteurs donnent de l'ampleur à cette nouvelle façon de travailler. Accompagnés par leurs conseillers agro environnement, ils mettent en place de nombreuses méthodes alternatives aux produits chimiques avec notamment des moyens de lutte biologique et de lutte mécanique. Le Conseil départemental est présent sur plusieurs fêtes agricoles départementales, un stand sera notamment installé ce samedi à la Fête des paysans de Pechbonnieu pour sensibiliser sur les possibilités biologiques ou mécaniques en remplacement des solutions chimiques.

"J'adhère complètement à la philosophie de l'agriculture raisonnée car je propose mes fruits à la cueillette et je mets un point d'honneur à ce que les fruits soient sains et de qualité". Henry Gorsse est arboriculteur à Buzet-sur-Tarn. Installé depuis le début des années 90, il multiplie les alternatives aux produits chimiques depuis une quinzaine d'année. "La confusion sexuelle permet de lutter efficacement contre les vers des fruits : la Carpocapse des pommes"(également la Tordeuse du pêcher NDLR), poursuit-il. Concrètement, des diffuseurs contenant des phéromones sexuelles sont installés dans les vergers, ce qui perturbe le vol des papillons et limite les attaques de larves. "J'ai également installé des nichoirs à mésanges, afin de favoriser leur présence, car ils sont très friands de vers de fruits", explique l'arboriculteur. La pose de 10 nichoirs par hectare est un moyen de lutte contre le carpocapse des pommes. 

Plusieurs techniques de lutte biologique permettent de préserver l'environnement. Le contrôle génétique est par exemple aujourd'hui l'une des pistes les plus prisées pour réduire les intrants chimiques. Elle consiste en un choix de variétés peu sensibles aux bioaggresseurs (ou ennemis des cultures) : de nouvelle variétés de pommes, issues d'un long travail de croisements naturels entre variétés rustiques, et qui sont désormais disponibles. 

La protection des insectes utiles est par ailleurs indispensable. Outre l'action bien connue des coccinelles qui mangent les pucerons, trois insectes sont des alliés hyper performants des arboriculteurs : une guêpe microscopique contre le puceron lanigère, une punaise contre le psylle et un minuscule acarien contre les araignées rouges. Une priorité : protéger les auxiliaires durant les périodes où ils sont présents dans les vergers en proscrivant les traitements qui leur sont toxiques. Matthias Ryckelynck, arboriculteur à Vacquiers a constaté cet effet collatéral de l'utilisation d'intrants chimiques et inversement : " depuis 10 ans en agriculture raisonnée, j'ai pu diviser par deux le nombre et la quantité de produits vaporisés grâce à plusieurs techniques : la confusion sexuelle notamment. L'efficacité de ces techniques est incroyable et moins on utilise d'insecticides, moins on en a besoin, la nature s'équilibre. J'ai pu constater un recrudescence d'insectes utiles."

Autre technique, non compatible avec la confusion sexuelle : le piégeage massif, permet par ailleurs de capturer certaines mouches de fruits en posant des pièges contenant des attractifs alimentaires... Enfin, le recours aux virus et bactéries, comme autant d'outils d'origine naturelle utilisés à la place de produits chimiques sont particulièrement intéressants pour lutter contre les vers des fruits.

La lutte mécanique

Le contrôle cultural prévient l'apparition ou la propagation d'une maladie ou d'un ravageur dans un verger (prophylaxie). On regroupe sous ce terme tous les leviers autres que le contrôle génétique, la lutte physique, la lutte biologique, la lutte biotechnique, la lutte chimique et les produits divers. Par exemple, l'arrachage des arbres atteints de bactériose limite la contamination des arbres voisins. Les deux arboriculteurs rencontrés pratiquent le broyage de feuilles à l'automne afin d'éviter la contamination par la tavelure. "En broyant les feuilles tombées au sol durant l'hiver, on réduit fortement la possibilité du mycélium (filaments du champignon) de se développer au printemps suivant car il dispose d'une surface plus faible pour germer", explique Matthias Ryckelynck. Enfin, l'application d'argile, traitement très impressionnant car les arbres sont recouverts de poudre blanche, est un moyen de lutte naturelle contre de nombreux ravageurs. L'application de kaolin créé une barrière physique qui perturbe les pontes de pucerons et les psylles notamment.

Page publiée le 04 septembre 2019 - vérifiée le 04 septembre 2019