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Lutte contre l'ambroisie

L'ambroisie est une plante annuelle sauvage et envahissante qui pose des problèmes environnementaux et de santé publique. Son pollen est responsable de fortes réactions allergiques pour l'homme (rhinites, conjonctivites, asthme, urticaire et eczéma). Elle est classée comme espèce nuisible à la santé humaine (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016).

Dans le domaine agricole, la présence d’ambroisie a de forts impacts négatifs créant des problèmes de concurrence et surtout de production. Par exemple, les rendements des cultures de tournesol ou de soja peuvent chuter d’un à deux tiers sans compter aussi des problèmes de pollution de semences et un fort risque de dissémination par les outils.

Cette plante est originaire d’Amérique du Nord, elle a envahi la région Rhône Alpes à la fin du 19e siècle, puis s’est peu à peu étendue sur le territoire français. Elle touche désormais la région Occitanie. Comme elle peut être confondue avec d’autres plantes non allergènes à chaque stade de son développement, il est important de savoir à quoi elle ressemble.

Elle mesure entre 40 cm et 2 m. Cette plante est peu compétitive, elle s’installe au printemps, dans toutes les terres dénudées, en particulier les terres agricoles préparées par les semis, dans les chaumes, les champs de maïs et surtout de tournesol. On la retrouve aussi dans les terrains vagues, les chantiers publics de construction, les jachères, les décharges publiques, aux bords des routes et des rivières. Thermophile et nitrophile, elle s’installe de préférence dans les endroits chauds et offrant une bonne alimentation en azote.

Au moment de sa floraison, d’août à octobre, les fleurs mâles produisent le pollen responsable des allergies avec un pic pollinique en septembre ; quant aux fleurs femelles, elles donnent des semences entre septembre et novembre. Une seule plante peut produire en moyenne jusque 3000 semences par an qui ont une durée de vie moyenne de 10 ans dans les sols et peut libérer plusieurs millions de grains de pollen par jour.

Dans le domaine agricole, pour lutter contre la prolifération de l’ambroisie, l’objectif est double :

  • d’une part, il faut éviter que la plante ne relâche son pollen dans l’air,
  • et d’autre part, qu’elle ne se dissémine grâce aux semences.

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Lutte préventive pour éviter l’établissement de nouvelles populations d’ambroisies

  • Eviter la propagation en faisant attention aux transports de terre (ne pas récupérer de la terre d’origine inconnue).
  • Créer de la concurrence en installant un couvert végétal de graminées ou de luzerne (aménagement paysager, végétalisation, pelouse, membrane textile, paillis…) qui va priver d’eau et de lumière l’ambroisie. L’idéal est un mélange de 10 à 15 espèces de graines créant en plus une augmentation de la biodiversité les années suivantes.
  • Faire de faux-semis en levant le plus grand nombre d’ambroisies, puis en les détruisant par désherbage mécanique et retarder la date des semis de culture.
  • La rotation des cultures (tournesol avec blé/maïs ou sorgho, pois, colza) nécessite une gestion stricte de l’interculture.

Lutte curative pour détruire ou limiter le développement des individus déjà établis

  • La suppression de la plante par l’arrachage permet une destruction complète. Cependant, il doit se faire avant la floraison. Il ne peut pas être appliqué sur de grandes surfaces et il est très couteux en termes de temps de travail.
  • Les semis de plante de couvert en association créé de la compétition pour l’espace et les ressources qui diminueront la croissance de l’ambroisie.
  • L’utilisation régulière d’outils mécaniques (fauchage, broyage, tonte rase) permet de diminuer la quantité de pollen et de semence, tout comme le désherbage mécanique (binage et déchaumage, hersage, houe rotative, écimage) mais cela occasionne un surcoût de travail.
  • La lutte chimique qui permet de détruire entièrement la plante mais qui entraine des effets négatifs sur les milieux, le sol et l’eau, a aussi pour inconvénient de laisser les sols à nu favorisant l’implantation de nouveaux plants résistants aux herbicides. Elle reste aussi très couteuse et elle doit être couplée par une alternance des méthodes de désherbage et des cultures.

La lutte contre l’ambroisie nécessite une coopération multipartenariale du niveau national au local avec plusieurs outils mis à disposition du public et du monde agricole :

  • La plateforme interactive signalement-ambroisie.fr qui permet de signaler la présence de la plante, informer le référent local et coordonner les actions de lutte.
  • L’observatoire des ambroisies, centre de ressources et de connaissance sur l’ambroisie qui met aussi en avant les actions durables de prévention et développe des actions avec les acteurs nationaux et de terrain.
  • Le CPIE Terres Toulousaines, opérateur désigné par l’agence régionale de santé pour le département de la Haute Garonne qui assure la gestion des signalements de la plateforme « ambroisie » ; promeut un réseau de référents territoriaux et appuie l’ARS pour renforcer l’information et la sensibilisation.

    Pour aller plus loin :

      • www.ambroisie.info (Ministère des Solidarités et de la Santé)
      • stopambroisie.com
      • parlementaires-ambroisie.fr
      • Différents sites internet de la région Rhône Alpes sur l’ambroisie (1e région infestée par cette plante)
      • Document « Ambroisie France 2015 », RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique)
      • Document « Reconnaitre l’ambroisie », ANSES

Page publiée le 02 août 2018 - vérifiée le 02 août 2018