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Mon département plus proche de moi dans le canton de Toulouse 2

Compte-rendu des échanges du 31 janvier 2017

Cette réunion publique d’informations et d’échanges s'est tenue à l’Hôtel du Département à Toulouse, le 31 janvier 2017 de 18:30 à 20:30. Voici le compte-rendu des échanges.

Christine Courade et Jean-Michel Fabre, conseillers départementaux sur le canton Toulouse 2, ont accueilli les participants et introduit la rencontre territoriale qui a réuni une trentaine de participants.

Intervenants :

  • Aurélien Turc, Directeur général adjoint Culture et Sport du Conseil départemental,
  • Pierre Suc-Mella, Directeur pour l’Autonomie, Directeur de la Maison Départementale des Personnes Handicapées,
  • Mathieu Bertrand, animateur, assistance à maîtrise d’ouvrage Dialogue citoyen (Ecologie urbaine et CRP Consulting).

La réunion a permis de présenter les compétences et les actions du Conseil départemental (voir diaporama de présentation) et d’échanger avec les Haut-Garonnais. Le présent compte-rendu restitue le contenu des échanges avec les participants.

Solidarités avec les personnes âgées et handicapées

Un participant, représentant une association d’aide aux séniors remarque dans un premier temps que l’association Solidarité Familiale agissant sur le canton n’est pas mentionnée dans le diaporama. Il souligne ensuite la détérioration des liens de proximité qui existaient auparavant entre les agents du Conseil départemental et le personnel de l’association, notamment depuis la refondation de l’organisation des Maison des Solidarités (MDS, anciennement UTAMS). La réorganisation des Maisons des solidarités (MDS), qui aurait pu permettre de renforcer le lien avec les associations, a en réalité conduit à un éloignement entre l’administration et les associations. Les relations de proximité qui existaient auparavant permettaient d’orienter et de suivre les familles en difficultés de manière efficace. La restauration de ce lien direct entre les agents du Conseil départemental et les associations est importante pour permettre d’anticiper les démarches et d’orienter aux mieux les personnes, car c’est bien ce rôle d’interface que jouent les associations.
Réponse de Jean-Michel Fabre : tout d’abord, il faut noter que certaines associations interviennent sur le canton sans que leur siège soit lui-même situé sur le canton, ce qui est le cas de Solidarité Familiale, non mentionnée sur le diaporama. Quoi qu’il en soit, ce dernier ne vise pas l’exhaustivité mais cherche à illustrer la diversité des acteurs du canton.
Cette question de l’articulation entre les citoyens, les associations, les MDS et les élus est au cœur des réflexions actuelles du Conseil départemental, notamment à travers les projets sociaux de territoires qui permettront de renforcer les liens entre tous ces acteurs. Il est en effet important de renforcer le lien entre les MDS et les associations qui sont au contact direct des citoyens et usagers.

Réponse de Mathieu Arrivilaga, Directeur de la MDS des Minimes : je propose au représentant de l’association Solidarité Familiale de se mettre en relation avec la MDS du Pont Vieux. La logique partenariale a parfois été laissée de côté mais qu’aujourd’hui, une nouvelle dynamique en faveur de ces relations partenariales est mise en place, à l’impulsion des élus. Il s’agit de nouvelles habitudes à donner à tout le personnel, réenclencher cela prend du temps.

Un participant, représentant de l’association Mixah souligne que cette association travaille dans de nombreux domaines d’actions (mixité des publics, politique de la ville, insertion, accompagnement des personnes en situation de handicap à travers le handisport...) or l’association ne perçoit pas de financements sur le volet handicap de son action. Un rendez-vous entre l’association et la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) a eu lieu mais n’a pas permis d’identifier de nouvelles pistes de subventions. Ce participant souhaiterait donc savoir quels financements sont possibles pour cette association dont l’action porte sur une diversité de domaines.
Réponse de Christine Courade : sur la question du handicap, le lien social sur les territoires est fondamental. La MDPH travaille avec beaucoup d’associations mais il ne faut pas oublier que son rôle est de traiter les cas individuels. Pour une action précise menée par une association (par exemple, l’accompagnement de personnes en situation de surdité), la MDPH ne peut accorder cette aide qu’aux individus et non aux associations.

Réponse de Pierre Suc-Mella : il faut tout d’abord noter que l’action de la MDPH est encadrée par les textes de loi. L’évolution croissante de la taille du Conseil départemental, en termes de nombre d’agents, tend en effet à générer une organisation un peu plus administrative. Mais l’objectif est d’aller vers plus de proximité et de coordination avec les associations, notamment à travers le grand projet de territorialisation de l’action du Conseil départemental qui devra permettre de restaurer ces liens. Le futur schéma en faveur des personnes en situation de handicap va être élaboré en concertation, ce sera donc l’occasion d’intervenir dans ce sens là. Les associations sont essentielles pour le vivre ensemble, les pouvoirs publics ne suffisent pas.

Un participant, affirme être heureux d’entendre que le Conseil départemental engage une démarche de dialogue citoyen sur le schéma départemental en faveur des personnes en situation de handicap. Il souligne cependant la nécessité d’intégrer dans cette action la question de la diversité des représentations et facettes du handicap, ce qui peut être fait en partenariat avec les associations. Il existe en effet de nombreux handicaps invisibles qui amènent à des parcours d’insertion délicats et qui sont parfois mal identifiés par les pouvoirs publics.
Réponse de Christine Courade : il existe en effet une multitude de handicaps spécifiques, au-delà de la représentation générale. Toutes ces situations sont représentées à travers les associations (personnes à mobilité réduite, malentendants, aveugles, troubles non visibles, ...). Le schéma départemental en faveur des personnes en situation de handicap permettra de mettre tout le monde autour de la table pour mieux prendre en compte la diversité des situations.

Un participant, remarque que l’augmentation importante du nombre de demandes de droits auprès de la MDPH evoquée lors de la présentation (+10% chaque année) peut s’expliquer notamment par la reconnaissance des nouvelles formes de handicap, liées à des situations sociales, professionnelles ou autres. Il souligne ensuite que dans son cursus, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé n’a pas servi à grand chose. Au-delà du recours au FIPHFP (le fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique), il lui a manqué un vrai accompagnement. Beaucoup de personnes s’isolent socialement par manque d’accompagnement.
Réponse de Christine Courade : l’augmentation des demandes de droit auprès de la MDPH peut en effet être perçue de façon positive dans la mesure où cela veut dire que nous sommes en mesure de reconnaître et d’accompagner de nouvelles formes de handicap.
La MDPH agit pour l’aide individuelle aux personnes, les situations de handicap au travail sont une autre problématique traitée à travers le FIPHFP dans le secteur public et l’AGEFIPH dans le secteur privé. Effectivement, notre pays est en retard sur ce sujet, il faut renforcer l’inclusion des personnes en situation de handicap, dans tous les lieux publics et dans tous les lieux de travail. Le dialogue citoyen organisé dans le cadre de l’élaboration du schéma départemental en faveur des personnes en situation de handicap devra permettre d’être meilleur sur cette question.

Réponse de Pierre Suc-Mella : en termes de compétence, le rôle du Conseil départemental est de permettre l’accès aux droits pour les personnes en situation de handicap. Mais il ne peut pas être en charge de tous les aspects du handicap, notamment sur les lieux de travail. C’est aussi l’ensemble de la société, et notamment les employeurs et l’éducation nationale, qui doivent travailler pour l’accessibilité et l’inclusion des personnes handicapées.

Dialogue citoyen et mixité sociale au collège 

Un participant, habitant du quartier et membre du CODEV (Conseil de Développement de Toulouse Métropole), remarque qu’il existe de nombreuses initiatives positives de la part du Conseil départemental, notamment dans le domaine culturel. Le désir de dialoguer soutenu par la nouvelle mandature est également intéressant. Cependant, certaines revendications et propositions de la société civile ne sont pas prises en compte par les pouvoirs publics. Par exemple, sur la question de la mixité sociale dans les collèges, des manifestations importantes à la Reynerie ont eu lieu et montrent la complexité de cette question. Idem sur la question de la relocalisation des collèges du Mirail.

Un participant, représentant du collectif JOB, souhaite savoir quel est le projet du Conseil départemental pour éviter la surpopulation dans les collèges des Sept Deniers et des Ponts Jumeaux, ces quartiers faisant face à l’arrivée de nombreux nouveaux habitants. Sur le volet culturel, il souligne que l’action du Conseil départemental est extrêmement satisfaisante.
Réponse de Christine Courade : le renforcement de la mixité sociale dans les collèges est un engagement politique fort du Conseil départemental. Les divers acteurs impliqués dans le projet en faveur de la mixité ne sont pas forcément d’accord, ce qui donne lieu à des débats particulièrement vifs. Certains souhaitent conserver un entre-soi dans les collèges du centre-ville de Toulouse, tandis que la volonté du Conseil départemental est de favoriser le mélange des populations.
Le collège du Mirail sera certes relocalisé mais à proximité de son lieu actuel, aux portes du quartier, afin de favoriser son accessibilité par tous. Ce projet est encore en cours de discussion.
Un travail est également mené en lien avec l’Education Nationale afin d’élargir la carte des options dans les nouveaux collèges avec l’ambition d’attirer un maximum de jeunes. Les établissements privés sont également mobilisés pour qu’ils intègrent cette démarche de mixité.
Il est finalement envisagé de revoir la carte scolaire afin de garantir une répartition équilibrée des collégiens sur le territoire. Il faut enfin noter que la concertation menée sur ce projet a permis une grande évolution entre le projet initial et le projet actuel. Il y a bien sûr encore des choses à améliorer et à partager avec l’ensemble des acteurs, mais cela doit se faire en cohérence avec la volonté politique en faveur de la mixité.

Réponse de Jean-Michel Fabre : de manière générale, sur l’ensemble des sujets, il s’agit d’organiser le dialogue en amont des décisions et de prendre en compte à la fois les associations et les citoyens, sachant que dans les deux cas, il faut prévoir des temps de formation et de maturation. A chaque sujet, des méthodes différentes sont à construire.
Sur le projet de la mixité des collèges, ce travail de dialogue a été fait, de nombreuses réunions de concertation ont été organisées. Le projet a ainsi beaucoup évolué mais pour autant, le cap politique en faveur de la mixité ne doit pas changer.
Sur l’environnement et les sentiers de randonnées, les associations sont directement intégrées au projet, elles participent au tracé et à la construction des sentiers.

Un participant, Président du Comité de quartier des Minimes, remarque qu’il n’y a pas assez de contacts avec la MDS, le comité de quartier étant plutôt en relation avec la Maison de la Citoyenneté. Il note que les élus locaux bénéficient de formations de la part du Conseil départemental et souligne qu’il y aurait besoin, de la même façon, d’une plus grande formation des associations, en matière d’urbanisme notamment, pour améliorer l’efficacité du dialogue citoyen sur ces sujets complexes. Il s’agirait de trouver des interlocuteurs techniques pour les associations et comités de quartiers afin de pouvoir mettre en place des débats plus techniques et précis.
Réponse de Jean-Michel Fabre : le Conseil départemental, dans le cadre de sa mission de solidarité territoriale, participe effectivement à la formation des élus locaux et cet accompagnement va être renforcé à l’avenir. En plus de l’ATD (Agence Technique Départementale), un ensemble d’outils va être développé pour aider les élus à disposer d’informations et d’accompagnements, permettant un renforcement de l’ingénierie territoriale.
A titre d’exemple, peut être citée la publication d’un inventaire de toutes les zones humides du département. Cette étude est mise à disposition de tous les territoires qui peuvent s’y référer lors de l’élaboration de leur PLU (Plan Local d’Urbanisme). De la même manière, une étude est en cours sur les ressources en eau.
Concernant la formation des associations, on peut d’ores et déjà noter l’organisation de réunions thématiques dans le cadre du dialogue citoyen. Il s’agira à l’avenir de renforcer ces phases d’information et de formation des acteurs.

Un participant, habitant du quartier et membre du CODEV (Conseil de Développement de Toulouse Métropole), De même, sur l’aspect solidarité, l’accueil et les parcours d’hébergement des familles étrangères , et notamment les mineurs peuvent faire l’objet d’améliorations.
Réponse de Jean-Michel Fabre : sur l’hébergement des jeunes mineurs, la concertation et la mobilisation de tous les acteurs ont permis de débloquer la situation. Depuis mars, des personnes accueillies à l’hôtel ont pu être directement relogées dans un logement social, sans passer par l’hébergement. Cela a été rendu possible grâce à un travail de concertation avec les bailleurs sociaux et les associations en charge de l’hébergement.

Le numérique dans les collèges

Un participant, au sujet du collège Nougaro, remarque que la phase d’expérimentation de déploiement des tablettes numériques touche à sa fin. Il existe une dynamique de direction efficace, un encadrement adapté à ces nouvelles techniques d’enseignement, cela a permis de motiver les élèves. Ces moyens doivent être perpétués au-delà de la phase d’expérimentation.
Réponse de Christine Courade : ce projet a été mis en place dès le début de mandature, l’évaluation va se faire prochainement et il s’agira ensuite de déployer le dispositif. De plus, ce projet bénéficie du soutien de l’Education Nationale en faveur du numérique, ce qui permet d’assurer la pérennité du projet. La Ville de Toulouse met également en place ce dispositif dans les classes de CM2, l’analyse des expérimentations côté écoles et côté collèges sera donc menée en partenariat.

Suite à la conclusion de la soirée par Christine Courade et Jean-Michel Fabre, les discussions entre les élus départementaux et les habitants se sont poursuivies autour d’un rafraichissement. 

En vidéo

Page publiée le 31 janvier 2017 - vérifiée le 31 janvier 2017