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Portrait : Corinne Popot

Celle qui parlait à l’oreille… des arbres à kiwi !

Chaque mois nous vous proposons de partir à la rencontre d'un Haut-Garonnais ou d'une Haut-Garonnaise dont le profil nous a paru intéressant à partager. Une mosaïque de personnalités et de parcours qui constituent l'âme de la Haute-Garonne. En ce début d'année, nous irons à la rencontre de 5 agriculteurs du territoire, soutenus par le Conseil départemental dans le développement de leur activité.

Corinne Popot est une autodidacte. Son BTC action commerciale l’a logiquement menée vers un début de carrière dans le commerce. Pourtant travailler dans une entreprise d’envergure, en région parisienne lui donne surtout l’impression « d’être pressée comme un citron ». Rapidement, la nécessité de  se mettre au vert s’impose à elle : « je me suis demandé après quoi je courrais ? Ce que je devais faire de ma vie ? » Elle plie bagage et s'installe à Toulouse, où elle s’improvise marchande de biens. « Mon rêve d’enfance a toujours été d’avoir une ferme », explique-t-elle, enfant, j’ai passé une grande partie de mes vacances dans le Gers, nos voisins étaient éleveurs ovins, ce sont de magnifiques souvenirs pour moi ! » Finalement c’est pour elle qu’elle achète un terrain, décidant dans la foulée de suivre par correspondance un BTS Acse (Analyse et conduite de systèmes d'exploitation), à 38 ans.

La seule kiwicultrice bio en Haute-Garonne

Ce verger de kiwi lui faisait de l’œil depuis un certain temps, « j’ai fini par me jeter à l'eau et à apprendre sur le tas ». Corinne a l'âme d'une chercheuse, animée par l’idée de relever des défis. Elle se lance donc sur cette parcelle de 4 hectares de vergers et devient kiwicultrice. « Au début j’ai écouté les conseils des plus expérimentés, qui me déconseillaient de me lancer dans la bio au profit des techniques visant à accélérer les productions. En 2008, j’ai commencé à mener mon exploitation à ma manière, c’est-à-dire en respectant les arbres comme des êtres vivants à part entière ».

Peu d’interventions humaines, donc, pas de surproduction, pas de pesticides de synthèse. « En 5 ans de gestion biologique, mon verger s’est complètement régulé, il va à son rythme, et ne surproduit pas mais cela génère au final moins de coûts d'écoulement de la production pour moi ». Certifiée bio depuis 2011, elle va un peu plus loin chaque année dans l’observation de ses arbres : « je fais confiance à la nature, quand on leur laisse le champ libre les arbres réagissent seuls aux événements, il n'est pas nécessaire d'interférer comme on le pense. »

La biodynamie l’attire de plus en plus, son exploitation est rentable depuis le début et elle n’a aucun mal à écouler toute sa production lors de la cueillette organisée fin octobre dans son verger : « les clients viennent sur place, il y a beaucoup de famille, c’est ludique, les enfants adorent ! »

Aujourd’hui le travail de Corinne a porté ses fruits et c’est vers un nouveau défi qu’elle se tourne : « J’ai envie de planter des noisetiers en restant dans le respect de l’arbre et le cycle de la nature, et pourquoi ne pas passer le relai sur le verger et me lancer dans un nouveau challenge ? »

Lors de son installation, Corinne a été accompagnée par une conseillère agro-environnement du Conseil départemental spécialisée en arboriculture, pour le suivi et les conseils techniques concernant la taille et le contrôle de la maturité des fruits avant récolte. Elle a également pu bénéficier de différentes aides dont l’aide aux bâtiments légers et elle envisage actuellement de demander l’aide à l’équipement d’ateliers arboricoles durables.

Le Conseil départemental propose 16 aides différentes en soutien aux agriculteurs. Plus d'informations sur subventions.haute-garonne.fr.

 

 

Page publiée le 08 février 2019 - vérifiée le 08 février 2019