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Portrait : James Colomina

La vie en rouge

Chaque mois nous vous proposons de partir à la rencontre d'un haut-garonnais ou d'une haut-garonnaise dont le profil nous a paru intéressant à partager. Une mosaïque de personnalités et de parcours qui constituent l'âme de la Haute-Garonne.

 

De James Colomina, on connaît surtout ses petites statues rouges qui font de temps à autre une apparition remarquée dans la Ville rose. Ce street-artiste à la sauce toulousaine étonne et détonne par son aisance artistique et son parcours singulier.

Il n'a pas fallu longtemps pour que James Colomina se fasse sa place dans le milieu du street-art toulousain. Une statue d'un enfant assis sur un toit, non loin de la gare Matabiau. Celle d'un autre, coiffé d'un bonnet d'âne posée sous le Pont Neuf. Ou encore cette petite fille, un bouquet de fleur à la main, sur l'ancien site AZF. Dernière apparition en date, un enfant armé d’un lance-cœur au milieu d’une manifestation lycéenne, lors des événements de décembre.

 

 

En quelques "happenings", l'homme, discret de nature, a imposé sa patte : dans la Ville rose, lui a choisi le rouge comme marque de fabrique. Derrière ces productions surprenantes, se cache un homme qui l'est tout autant. Car avant de se lancer comme artiste, James Colomina a d'abord été prothesiste dentaire pendant vingt ans. Une activité qu'il a totalement arrêtée le 1er janvier dernier. "J'avais besoin de faire quelque chose de plus créatif et ouvert au monde. Aujourd'hui je me sens libre".

L'art, un mode d'expression

En 2010, il suit un stage de moulage corporel puis consacre son temps libre à ses créations dans son atelier du boulevard de la gare. "J'ai eu du mal à me définir comme un artiste. Au début je n'osais pas montrer mes oeuvres et un jour il a fallu que ça sorte". Ce pas est franchi en mai 2017, quand il dévoile sa première statue rouge vif sur le toit de son atelier.

Derrière l'esthétisme de son travail, James Colomina se sert de la sculpture comme mode d'expression. "Je suis inspirée par ce que je vois dans l'actualité et j'essaie de le transposer dans mes créations". Si les enfants y sont omniprésents, c'est parce qu'ils racontent une part de son passé : "Ma mère était assistante familiale et j'ai cotoyé beaucoup de gamins de la DDASS avec des histoires difficiles. La manipulation de l'adulte sur l'enfant est un thème que l'on retrouve beaucoup dans mes oeuvres". Trois d'entre elles trônent actuellement dans la cour du Conseil départemental dans le cadre du festival d'art urbain #31Street : "Le Gisant", "L'otage" et "La Petite fille qui respire". "Elles sont comme un miroir du temps : la première symbolise l'enfance qui s'envole, la seconde l'emprise des réseaux sociaux, et la troisième est une image de ce à quoi pourrait ressembler notre futur si on ne prend pas soin de notre environnement".

Page publiée le 13 juillet 2018 - vérifiée le 18 décembre 2018