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Portrait : Lilou Ruel

Le vertige du bitume

Chaque mois nous vous proposons de partir à la rencontre d'un haut-garonnais ou d'une haut-garonnaise dont le profil nous a paru intéressant à partager. Une mosaïque de personnalités et de parcours qui constituent l'âme de la Haute-Garonne.

Rdv était donné sur la place de la Mairie à Tournefeuille. Elle arrive plutot décontractée, tenue streetwear de rigueur, pas réellement impressionnée à l'idée de se prêter au jeu de l'interview. Il faut dire que Lilou Ruel n'en est pas à sa première... Les journaux locaux ont déjà noirci plusieurs colonnes à son sujet et avec ses quasi 26 000 followers sur instagram, elle commence à être régulièrement sollicitée... "Je reçois des messages du monde entier, la plupart du temps des adeptes de freerun qui souhaitent des conseils pour s'améliorer". Au-delà de la pure technique, son image de jeune athlète féminine sauce "Yamakasi" créé la convoitise : "On m'appelle pour des projets publicitaires : Nissan m'a contactée récemment et j'ai également participé à un clip qui vient juste de sortir". Lilou est adepte de freerun ou de "parkour", des disciplines qui consistent à franchir des obstacles sans l'aide de matériel, grâce à des sauts, des déplacements en équilibre, etc.

"La ville est mon terrain de jeu"

Pour Lilou tout commence à l'âge de 9 ans. Alors qu'elle peaufine tranquillement quelques pirouettes dans son jardin, son voisin la convie au club de parkour dans lequel il évolue afin qu'elle teste le temps d'un séance. Elle s'y retrouve "la seule fille et la plus jeune" mais le coup de foudre pour la discipline est bel et bien là.

Son entraîneur lui confirme d'ailleurs rapidement quelle "est faite pour ça". Il faut dire que Lilou et le sport c'est déjà une grande histoire d'amour. Perchée sur des rollers -de vitesse- depuis plusieurs années, la petite fille de l'époque n'a qu'une envie c'est s'épanouir dans un sport dans lequel elle peut "être libre". "Le parkour, le freerun c'est un sentiment d'intense liberté. Je n'ai plus du tout la même vision de la ville qu'avant, elle est devenue mon terrain de jeu !"

Un rêve de Coupe du monde

Aujourd'hui Lilou a 15 ans et sa passion a un prix. Le temps, d'abord, avec plus de 4 heures d'entraînement en salle chaque semaine et autant en extérieur. "J'ai installé une structure dans mon jardin, un ancien échafaudage qui me permet de m'entraîner au quotidien". Le prix à payer c'est aussi les blessures. Actuellement blessée au talon, elle n'a pas sollicité son corps depuis un mois. "C'est une pause bien méritée, je crois que j'en avais besoin !" Bien qu'elle se dise raisonnable : "je ne fais aucune figure que je ne sens pas", Lilou sait où elle va. Le Red bull art motion, un contest unique au monde accessible aux plus de 16 ans : la jeune athlète attend de pied ferme de pouvoir participer. Cette année elle soignera donc une vidéo dans les moindres détails espérant être selectionnée par le jury. 2019 sera aussi sa troisième participation aux championnats du monde, en Suède. Lors de l'édition 2017, elle était arrivée 3ème.

Le quotidien de Lilou Ruel c'est aussi et surtout une double vie. Car la jeune élève, en seconde au Lycée de Tournefeuille, a de belles facilités qui lui permettent de libérer beaucoup de temps pour sa passion. "C'est une partie importante de mon quotidien sans pour autant mélanger ces deux mondes, je reste pudique et n'évoque pas tellement ce pan de ma vie au lycée". 

Au-delà des contests divers et des interviews, il y a un objectif dans la tête bien faite de la jeune fille : vivre de sa passion, "même si peu y arrivent, car il n'y a rien que j'aime plus qu'être devant la caméra".

Page publiée le 29 novembre 2018 - vérifiée le 29 novembre 2018