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Le Département roule pour les mobilités douces Publié le
Date de publication
11 septembre 2020

Le conseil départemental favorise les déplacements alternatifs au "tout voiture".
Le conseil départemental favorise les déplacements alternatifs au "tout voiture". (Crédits : Aurélien Ferreira)
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Afin de permettre à ses habitants de choisir la solution de déplacement adaptée à leurs besoins, le Département met en place de nombreux dispositifs : réalisation de pistes dédiées aux cyclistes, notamment pour les trajets domicile-travail, création de nouvelles aires de covoiturage et incitation au télétravail avec le soutien à la création de tiers-lieux. Ces thématiques seront abordées lors des rendez-vous de la semaine européenne de la mobilité organisée du 16 au 22 septembre.

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Développer les pistes cyclables

Projets structurants dans l'ouest, le sud-est et le sud-ouest de Toulouse, les REVe (Réseau express vélo) vont proposer 42 kilomètres d'autoroutes cyclables aménagées, totalement sécurisées pour les cyclistes et dédiées aux déplacements du quotidien. À terme, ces cinq équipements qui mobilisent 53 millions d’euros d’investissements du Conseil départemental, permettront de relier Toulouse aux principales villes de l'agglomération, Muret, Labège, Escalquens ou Colomiers. Le succès de ces itinéraires cyclables à haut niveau de service passe par des aménagements alliant sécurité, confort, mises à disposition de parking vélo, d’éclairages et d'une signalétique dédiée. De nouveaux aménagements devraient également voir le jour après une nouvelle phase de concertation menée auprès des Haut-Garonnais.

Favoriser la pratique du vélo en loisirs fait aussi partie des priorités du Département. Ainsi, quatre axes peuvent être empruntés par les cyclotouristes en Haute-Garonne sur près de 216 kilomètres : le tronçon du canal des Deux Mers qui relie Bordeaux à Sète, la voie verte du Piémont Pyrénéen faisant la liaison entre l'Atlantique et la Méditerranée, le parcours cyclable de la vallée de l'Arize et la TransGarona. Cette dernière permettra de relier la France à l'Espagne entre la Haute-Garonne et le Val d'Aran. Alors que le tronçon entre Marquefave et Fronsac (107 kilomètres) est déjà opérationnel, les travaux entre la Haute-Garonne et le Val d'Aran viennent de débuter tandis que le prolongement nord, entre Portet-sur-Garonne et Marquefave sur 42 kilomètres, complétera la liaison en 2021. Une fois terminée, la Trans-Garona permettra aux cyclistes de relier l'estuaire de la Gironde, la Méditerranée et les Pyrénées. L'objectif du département est clair : doter la Haute Garonne d'infrastructures et d'aménagements permettant de favoriser les itinérances douces et le tourisme durable, plus respectueux de l'environmment et de ses habitants .

Favoriser le covoiturage

Désireux de proposer des solutions alternatives à l'utilisation de la voiture individuelle, le Conseil départemental a lancé en 2017, après une enquête citoyenne auprès des usagers, des collectivités et des associations, un plan d'aménagement d'aires de covoiturage sur l'ensemble du territoire. Aujourd'hui, la Haute-Garonne compte 25 aires de covoiturage et 780 places pour un investissement de 2,7 millions d'euros. Ce maillage a des répercussions sur le pouvoir d'achat des salariés, leur qualité de vie et sur l'environnement, puisqu'il permet de réduire les émissions polluantes. Le schéma départemental de covoiturage se veut complémentaire avec l'offre de transport en commun : le covoiturage devient alors une solution à part entière pour les territoires peu denses et moins desservis par les transports en commun. Au début de l'année, les élus du Département ont voté la poursuite du plan d'aménagements avec la création de 14 nouvelles aires en 2020, soit 300 places supplémentaires pour un investissement de 1,6 million d'euros.

Encourager l'émergence de tiers-lieux

La crise sanitaire du Covid-19 l'a bien démontré : le télétravail et le développement des usages numériques constituent une alternative sérieuse aux déplacements imposés dans le cadre professionnel. Le développement de tiers-lieux permettent ainsi aux salariés habitant dans un territoire rural, périurbain ou de montagne d'évoluer dans un environnement professionnel à quelques minutes de leur domicile. Le déploiement de la fibre sur l'ensemble du département d'ici 2022 et l'extension du télétravail vont améliorer la qualité de vie et les conditions de travail. Les porteurs de projets de tiers-lieu peuvent être accompagnés par le Conseil départemental en matière d'ingénierie, de création de réseau d'animation des tiers-lieux et en matière financière.

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201 millions en faveur des transports en commun urbains

Alors que l’agglomération toulousaine enregistre une croissance démographique importante depuis près de 20 ans, avec 15 000 nouveaux habitants par an, le Conseil départemental a choisi de participer au développement des transports en commun de la métropole en apportant une contribution financière de 201 millions d’euros d’ici 2030, un investissement unique en France. Le projet de 3e ligne de métro sera aidé à hauteur de 102 millions d’euros, 65 millions d’euros seront investis dans le prolongement de la ligne B entre Ramonville et Labège tandis que 34 millions serviront à financer des projets de bus : 24 millions seront affectés aux Linéo et 10 millions pour les aménagements des bus dans le Muretain et pour le Syndicat intercommunal des transports publics de la région toulousaine (Sitprt).

Line Malric, Vice-présidente en charge des transports

« Le Conseil départemental de la Haute-Garonne déploie une politique ambitieuse en terme de mobilités durables qui répond aux objectifs de lutte contre la pollution atmosphérique et le développement de modes de transports alternatifs. Le plan d’aménagement des aires de covoiturage, 25 sites dédiés pour 780 places, fait partie de cette stratégie. Quand quatre passagers se rendent à Toulouse dans une seule voiture, ce sont trois véhicules en moins dans le trafic. Avec la multiplication des aires de covoiturage à travers le territoire, les usagers peuvent optimiser leurs déplacements du quotidien, entre le domicile et le travail ou leurs lieux d’études, et leurs loisirs. Nous poursuivons cette dynamique avec la création prochaine de 300 places supplémentaires en Haute-Garonne, en lien avec les communes qui ont répondu à un appel à projet du Conseil départemental. La volonté est de déployer ces équipements sécurisés et accessibles sur l’ensemble du territoire en priorisant le multimodal, près d’une gare, d’une autoroute ou d’une ligne de bus. »

 

Malric Line
Line Malric

Julien Klotz, Président de la commission logement et développement durable, délégué au vélo

« Le développement de l’usage du vélo pour les « trajets du quotidien » est une des réponses nécessaires aux enjeux du réchauffement climatique, mais aussi de l’engorgement automobile des axes structurants autour de la métropole toulousaine. Avec 42 kilomètres de Réseau express vélo (REVe) qui seront créés d’ici 2027, le Conseil départemental s’engage pour relever ce défi. Ce maillage du territoire avec des pistes cyclables doit se faire en concertation avec les citoyen·ne·s, les élu·e·s et les associations, et s’étendre à tout le territoire départemental en fonction des besoins. Avec ces itinéraires alliant sécurité, continuité et lisibilité, nous rendons attractive la pratique du vélo et permettons ce changement des pratiques. »

Klotz Julien
Julien Klotz

Boris Koslow, président de l'association 2 pieds, 2 roues

« Nous agissons pour le développement de l'usage de la bicyclette et de la marche à pied au quotidien sur Toulouse et son agglomération. Nous intervenons régulièrement auprès des collectivités pour porter la voix des piétons et des cyclistes dans tous les projets liés à la mobilité. Nous avons notamment formulé des propositions dans le cadre du Schéma directeur cyclable d’agglomération, élaboré par Tisséo et auquel sont associées des collectivités dont le Conseil départemental, qui a voté une enveloppe de 53 millions d’euros pour financer cinq lignes du Réseau express vélo (REVe). La mise en place de ce réseau cyclable, qui doit allier sécurité et confort pour ses usagers, représente un vrai saut qualitatif et devrait inciter de nombreux Haut-Garonnais à prendre leur vélo au quotidien, en particulier pour effectuer leurs trajets domicile-travail. Une grande partie de la population est prête à changer ses habitudes, il faut profiter de cette dynamique ! »

Boris Koslow
Boris Koslow (Crédits : Alexandre Ollier)

Emmanuelle Schwartz, gestionnaire de tiers-lieux pour relais d'entreprises, dont l'Etape, à Fonsorbes.

« De nombreuses personnes en télétravail pendant le confinement souhaitent l’adopter de façon durable et s’affranchir des déplacements domicile-travail parfois très longs. L’aménagement de tiers-lieux en milieu péri -urbain et rural répond aux attentes de ces actifs qui souhaitent travailler au sein de leur bassin de vie et qui ne disposent pas forcément d'un espace dédié à leur domicile ou d'une bonne connexion internet. L’Étape, qui s’est implanté au cœur de Fonsorbes avec le soutien du Département et de la Région, accueille des télétravailleurs et des indépendants dans des bureaux individuels ou partagés et propose une connexion haut débit, des salles de réunion... L’entreprise d'un de nos télétravailleurs basée à Labège lui loue deux jours par semaine un espace de travail à L’Étape. Les kilomètres non effectués sont valorisés par EDF dans le cadre de certificats d’économie d’énergie, que l’employeur peut inscrire au titre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). »

Emmanuelle Schwartz
Emmanuelle Schwartz (Crédits : Frédéric Scheiber)

Roger Faucanié, utilisateur de l'aire de covoiturage de Garidech

« J’habite à Montjoire et je pars travailler chaque jour à Albi. Depuis 18 ans, je fais la route en compagnie de quatre collègues, qui habitent sur le trajet, et je laisse ma voiture à Garidech le long de la RD 888 près de l'A68. J’utilisais donc l’aire de covoiturage bien avant qu’elle n’existe officiellement ! Avant son aménagement par le Conseil départemental en septembre 2019, c’était une sorte de parking sauvage. On se garait sur l’herbe, entre les platanes. L’hiver, avec la boue, ce n’était pas simple ! Mais cela nous évitait de nous retrouver chacun dans une voiture sur l’autoroute, pour parcourir près de 70 kilomètres ! Économiquement, le covoiturage est très avantageux, et dans la voiture, on peut discuter et se détendre. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir une belle aire de covoiturage bien ombragée – car les arbres ont été conservés – et où chacun peut trouver de la place. »

Roger Faucanié
Roger Faucanié (Crédits : Aurélien Ferreira)

Michel Fontayne, président du Comité départemental de la fédération française de cyclotourisme (Ffvélo)

« En Haute-Garonne, la FFVélo rassemble plus de 2 000 adhérents dans 47 clubs pratiquant le vélo de route ou le VTT. Notre rôle est d’harmoniser les activités proposées, d’organiser des concentrations et des randonnées tout au long de l’année. Ces événements peuvent rassembler jusqu’à 300 participants ! Pour que le cyclotourisme puisse continuer de se développer en Haute-Garonne, il est essentiel d’aménager partout des pistes cyclables ou des voies à faible circulation automobile. Le Conseil départemental inaugure régulièrement depuis quelques années de nouveaux tronçons, le long de la Garonne notamment, ou encore dans le Piémont pyrénéen. Les anciennes voies ferrées réhabilitées, notamment, sont très appréciées des amateurs ! Il faut également penser à la sécurité des cyclotouristes. Le Conseil départemental nous a entendu et a débuté l’installation de panneaux « Dépassement 1,50m » sur certaines routes du territoire. »

Michel Fontayne
Michel Fontayne (Crédits : Alexandre Ollier)