REPORTAGE

Le Canal de Saint-Martory, ou la gestion dynamique de ressources existantes Publié le
Date de publication
20 novembre 2017

Canal de Saint-Martory
La préservation des ressources en eau est une des priorités du Département en matière de développement durable. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Initialement construit à des fins agricoles et de transport entre 1866 et 1876, ce canal qui relie Saint-Martory à Toulouse est un vecteur d’eau primordial pour l’économie d’une grande partie du département. Le Conseil départemental met aujourd’hui en oeuvre une gestion dynamique de l’ouvrage, dont il est propriétaire, afin d’optimiser ses multiples usages.

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Le canal de Saint-Martory court sur environ 70 kilomètres avec une prise d’eau unique sur la Garonne, à Saint-Martory. Yann Oudard, directeur adjoint de Réseau31 (le syndicat mixte de l’eau et de l’assainissement qui gère le canal pour le compte de la Haute-Garonne) Il y a une difficulté à jongler entre les différents usages de ce canal, qui sert pour l’irrigation, les usines d’eau potable, le soutien d’étiage mais aussi pour l’hydroélectricité, l’alimentation de retenues et lacs, l’arrosage domestique et la défense incendie… » Une réflexion a donc été engagée sur l’optimisation du transport et de la distribution de l’eau afin d’économiser cette ressource.

Une gestion moderne

Une gestion innovante du canal de Saint-Martory préserve les débits de la Garonne et participe à pallier les conséquences du réchauffement climatique. Cela représente des efforts techniques à hauteur de 2,1 millions d’euros sur cinq ans, qui visent à adapter les prélèvements sur la Garonne aux usages. Ils passent par une modernisation de l’ouvrage via l’installation de sondes de mesures et de stations de régulation pour contrôler et ajuster les prélèvements en temps réel. « Depuis 2014, Réseau31 est l’organisme unique mandaté par l’État pour attribuer les autorisations individuelles de prélèvement », explique Yann Oudard. Enfin, d’ici cinq ans, 12 seuils de type « becs de canard » seront également mis en place afin de diminuer le temps d’adaptation du canal aux changements de débits. En ligne de mire, une réduction de 10 à 20 % de son prélèvement en Garonne, soit environ cinq millions de m3 durant la période estivale. Par ailleurs, chaque année le Département investit 700 000 euros pour améliorer l’étanchéité du canal et réduire les pertes en eau.

Vers un effort partagé

« Le Département est un échelon capable d’accorder les décisions de différents interlocuteurs et d’investir sur ces questions-là. À travers Reseau31, il est aussi un acteur majeur de par son positionnement sur le grand cycle de l’eau (cycle naturel) mais aussi sur le petit cycle (cycle domestique) », ajoute Sébastien Vincini, conseiller départemental du canton d'Auterive, président de Réseau31. Le projet Aussonnelle, l’un des cours d’eau les plus dégradés de Haute-Garonne, illustre bien la démarche globale du Conseil départemental : « Nous sommes en train d’acquérir le lac de Sainte-Foy de Peyrolières (alimenté par le canal de Saint-Martory) pour réalimenter l’Aussonnelle. L’idée étant de redonner à ce cours d’eau un débit respectueux de la nature, grâce à des réserves existantes », explique Sébastien Vincini. Le programme est évalué à 1,4 million d’euros (acquisition foncière du lac et travaux de réhabilitation) dont le plan de financement est en cours d’élaboration (entre les conseils départemental et régional, l’agence de l’eau, les irriguants et collectivités bénéficiant du soutien de l’étiage).