Campagne soutien aux plus fragiles
Le Département met par exemple en place les versements du Revenu de solidarité active (RSA), la Prestation de compensation du handicap (PCH) ou encore de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA)

Le Département soutient les plus fragiles

La crise sanitaire entraîne une crise économique et sociale de grande ampleur, qui impacte durement les habitants de la Haute-Garonne. En tant que chef de file de l’action sociale sur le territoire, le Conseil départemental met en œuvre de nombreuses actions afin de soutenir et accompagner les publics les plus en difficulté.

 

La crise sanitaire entraîne une crise économique et sociale qui frappe durement les Haut-Garonnais·e·s. À titre d’exemple, on compte 2 000 nouveaux bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) entre janvier et mai 2020, pour atteindre plus de 38 000 allocataires en Haute-Garonne, et avec une perspective de 40 000 d'ici la fin de l'année. Derrière ces chiffres, une réalité : la hausse de la précarité. Pour y faire face, le Conseil départemental a adopté au printemps dernier un plan d’urgences sociales de 35 millions d’euros destinés à répondre immédiatement aux situations de vulnérabilité. Un centre d’accueil et de relais de 200 places destiné aux enfants relevant de l’Aide sociale à l’enfance a ainsi ouvert pendant le confinement à Mondonville, 440 tablettes numériques ont été prêtées à des collégiens démunis de matériel informatique pour les aider à suivre les enseignements à distance et quatre millions de masques lavables gratuits ont été mis à disposition des habitants de la Haute-Garonne, dont 130 000 aux collégiens à la rentrée.

Des dispositifs innovants

Campagne plus fragiles : lutter contre la précarité
Lutter contre la précarité : 35 000 bons solidaires pour des achats alimentaires et d’hygiène.

Parmi les dispositifs les plus innovants, le Département a également créé en avril dernier les bons solidaires, titres de paiement nominatifs pour les achats alimentaires et d’hygiène de première nécessité. Face à la forte demande – plus de 38 000 bons ont déjà été délivrés –, le Département a décidé de pérenniser le dispositif (lire encadré ci-dessous). Un fonds de prévention de la précarité doté de 3,5 millions d’euros a également été créé pour accompagner les personnes ayant subi une perte de revenus professionnels en raison de la crise. Plus de 750 dossiers ont déjà été traités, permettant une aide directe d’une valeur comprise entre 500 et 1 500 euros. Mis en place au printemps dernier, ce fonds a été prolongé jusqu’à la fin de l’année. Un fonds exceptionnel de 3 millions d’euros a par ailleurs été créé pour soutenir les associations fragilisées par la crise : plus de 1 200 organismes en ont bénéficié.

Nicolas Perciaux, producteur de spiraling à Labège, bénéficiaire du Fonds de prévention de la précarité

" Après une première vie dans l’élevage de poissons, je me suis installé à mon compte en 2016 dans une autre filière aquacole : la production de spiruline. L’aspect écologique de cette culture qui nécessite peu d’espace et d’énergie m’a séduit. Malgré un démarrage compliqué, notamment à cause des intempéries, j’ai obtenu une production correcte en 2019, et l’année 2020 s’annonçait bonne. Malheureusement, avec le confinement et la fermeture des marchés et des restaurants, la commercialisation a été freinée. Sur le mois d’avril, mes ventes ont chuté de 90 % !

Nicolas Perciaux
Nicolas Perciaux, bénéficiaire du Fonds de prévention de la précarité. (Crédits : Aurélien Ferreira)

J’ai tenté la vente en direct, chez des maraîchers, mais pendant cette période les consommateurs achetaient surtout des produits de base. La période a donc été difficile, d’autant qu’il me fallait faire des achats d’approvisionnement pour préparer la production qui redémarrait en avril. Mon conseiller à la Chambre d’agriculture m’a parlé du Fonds de prévention de la précarité mis en place par le Conseil départemental et m’a conseillé de monter un dossier. J’ai ainsi pu recevoir une aide de 1 500 euros. Une bouffée d’oxygène, qui m’a permis de faire face à mes dépenses courantes. "

Bons solidaires : comment ça marche ?

Le bon solidaire vient en complément des aides sociales habituellement versées par le Département. Il s'adresse aux personnes isolées et aux couples avec ou sans enfants, domiciliés en Haute-Garonne. Le montant est fixé au regard de la composition et des ressources du foyer, et peut varier entre 150 et 300 €. Il est nominatif et adressé par voie postale.

Des accompagnements volontaristes

« Nous ne sommes qu’au début de la crise, prévient Georges Méric, président du Conseil départemental. Et nous devons nous préparer à affronter un véritable tsunami social. » Le Département est prêt, sur le terrain, avec ses 1 400 professionnels dans ses 30 Maisons des solidarités et 90 points d’accueil implantés sur tout le territoire, mais aussi grâce aux aides à l’inclusion et à l’autonomie pour les personnes en situation de handicap (PCH), les personnes âgées (APA), les personnes en insertion (RSA). Au-delà de ses compétences « obligatoires », le Conseil départemental mène des politiques d’accompagnement. C’est le cas avec des dispositifs comme la téléassistance, gratuite pour 25 000 personnes âgées, la gratuité du transport scolaire pour 75 000 élèves dont 1 400 en situation de handicap, la prise en charge à 50 ou 100 % de la restauration scolaire pour plus de 21 000 collégiens ou encore le soutien à 150 structures d’accompagnement des personnes en insertion pour faciliter leur retour vers un emploi pérenne.

Timothé Griseri, créateur de la page Facebook Handitim, membre du groupe Miroir Jeunesses

" Le Conseil départemental m’a proposé d’intégrer, il y a quelques mois, le Groupe miroir jeunesses, créé pour permettre aux jeunes de partager leurs idées sur les actions jeunesses menées par le Département. À l’époque, ils étaient en train de travailler à la création de la Web App GO31, destinée à faciliter la vie des jeunes en regroupant au même endroit toutes les informations dont ils peuvent avoir besoin (éducation, santé, loisirs, etc.). Il était important pour eux qu’une personne en situation de handicappuisse apporter son regard critique sur ce qui était mis en place, afin de rendre l’application accessible au plus grand nombre.

Timothé Griseri
Timothé Griseri, membre du groupe Miroir jeunesses. (Crédits : Aurélien Ferreira)

Par exemple, pour une personne handicapée, il est essentiel que l’application soit la plus intuitive possible et que son objectif soit rapidement identifiable. J’ai par ailleurs pu donner mon avis sur le choix de la police de caractères, ou encore des couleurs, qui doivent être assez "tape-à-l’oeil". Le Conseil départemental se bat pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, et je suis heureux de mener ce combat à ses côtés. "

Émile et Marie-Hélène Susana, retraités et usagers réguliers de la halte-répit de Blagnac

Marie-Hélène : " Mon mari a un problème neurologique apparentéà la maladie d’Alzheimer depuis deux ans. Quand nous l’avons découvert, ça a été très brutal, et nous étions complètement désorientés : à qui nous adresser ? comment nous faire aider ? Ça a été un vrai parcours du combattant, une difficulté supplémentaireà ajouter à l’acceptation de la maladie, au fait que notre quotidien est complètement chamboulé. J’ai dû arrêter toutes mes activités, comme la sculpture, car Émile ne peut pas rester seul. Alors quand nous avons appris l’existence de la halte-répit, ça a été un soulagement pour moi ! Pendant une après-midi, je peux enfin souffler et ne pas stresser pour lui, car je sais qu’il va bien et qu’il est stimulé. Si ça pouvait ouvrir plus souvent, on irait volontiers ! "

Emile et Marie-Hélène Susana
Emile et Marie-Hélène Susana, retraités et usagers de la halte-répit de Blagnac. (Crédits : Aurélien Ferreira)

Émile : " J’aime bien venir à la halte-répit, car ça me permet de faire des rencontres et de discuter avec des personnes que je commence à connaître. On fait des jeux de société, des charades, c’est toujours différent. Pendant le confinement, on a pu continuer avec des séances en visio où j’ai fait de la musique avec Géraldine, l’animatrice. Je joue de la guitare et je chante ; je peux jouer tout ce que vous voulez ! "

Christelle R., allocataire du RSA à Montréjeau et accompagnée avec le dispositif Actipro

" Lorsque l’entreprise dans laquelle j’étais assistante de direction a été rachetée il y a deux ans, on ne m’a proposé qu’un contrat de quelques heures par mois. J’ai donc décidé de partir. Motivée, j’ai enchaîné les contrats en intérim : manutentionnaire, inventoriste, etc. Mais au bout d’un an, j’ai commencé à me poser beaucoup de questions. À ce moment-là, en tant que nouvelle bénéficiaire du RSA, j’ai été intégrée au dispositif Actipro mis en place par le Conseil départemental. Depuis, je rencontre Élise, ma référente, une fois par mois. On parle de mes projets, de mes difficultés, des formations possibles, etc.

Christelle R.
Christelle R., allocataire du RSA (Crédits : Aurélien Ferreira)

C’est un vrai temps d’écoute et d’échange, je n’ai plus l’impression de n’être qu’un numéro ! Élise m’a par ailleurs orientée vers une formation VSI (Valoriser son image professionnelle), qui m’a permis de me redécouvrir. Le champ des possibles s’est ouvert ! Aujourd’hui, je sais ce que je veux, ce que j’attends d’un employeur. Je vais bientôt passer deux entretiens et je suis plus confiante que jamais. "

Droit au logement

Campagne plus fragiles : développer l'habitat social
Développer l'habitat social : 1 500 nouveaux logements sociaux financés par an.

Autre exemple, sur la question du logement : le Département est également sur la ligne de front via le Fonds de solidarité logement (FSL) qui permet de soutenir les locataires qui ne peuvent plus payer leurs loyers. Dans le cadre de son plan Habitat 2020-2025, plusieurs mesures ont également été mises en oeuvre pour assurer le droit au logement décent et durable : création de six résidences autonomie, rénovation énergétique de plus de 1 000 logements chaque année, soutien à la création de logements étudiants, doublement des places d’hébergement temporaires pour les jeunes majeurs sortant de l’ASE, etc. Autant d’actions qui permettent aux habitants de la Haute-Garonne, quels que soient leurs parcours de vie, de vivre dans un territoire où « l’humain est au centre du projet ».