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Le maquis de Saint-Lys raconté en bande-dessinée

Publié le 19 janvier 2026
Temps de lecture : 3 min
© Aurélien Ferreira/CD31

Créée par le dessinateur Gaël Audoye sur une idée de l’Amicale du Maquis de Saint-Lys et réalisée avec le soutien du Conseil départemental, la bande dessinée "Le maquis de Saint-Lys" vient de paraître. Elle raconte l'histoire des neuf résistants et douze civils assassinés par les soldats de la division SS Das Reich le 12 juin 1944 au château de Gagen à Bonrepos-sur-Aussonnelle. Elle est mise gratuitement à disposition du public au Musée départemental de la Résistance & de la Déportation. Zoom sur un projet qui met en lumière un épisode oublié de la Seconde Guerre mondiale. 

« Dans les années 30, mon grand-père était le premier à faire le coup de poing contre les groupes d’extrême droite comme les Croix de feu. Il était animé par le désir de s’engager pour les valeurs de la République. C’est cet engagement viscéral qui l’a amené à passer à l’action dans la clandestinité. » C’est par ces mots que Jean Micoud, président de l’Amicale des anciens combattants et victimes civiles du maquis de Saint-Lys, évoque celui dont il partage le même nom et le même prénom, son grand-père, militant socialiste et employé à la mairie de Toulouse, tombé sous les balles allemandes le 12 juin 1944. 

Neuf maquisards, engagés dans la Résistance contre l’occupant – Jean Micoud, Jean Chaubet, Joseph Vié, André Cavagnol, Eugène Lozes, André Bousquairol, Lucien Lafforgue, Abel Autofage et Léoncio Felix Gonzalez Salmon Arille- trouvèrent la mort ce jour-là, pendent l’attaque par les soldats nazis du château de Gagen à Bonrepos-sur-Aussonnelle. Lors de cet assaut tomberont aussi douze villageois des environs. 

Mal armés et sans moyens

À l’annonce du Débarquement allié en Europe, de nombreux maquis se créent en France, au printemps 1944, dans le but de conduire des opérations de sabotage et de ralentir la progression de l’armée allemande. Membre fondateur des Mouvements Unis de Résistance aux côtés de François Verdier et Raymond Naves, Jean Chaubet organise un maquis qui s’installe à Saint-Lys deux jours après le Débarquement. En quelques jours, il parvient à réunir 160 volontaires. Quatre jours plus tard, et alors que la plupart des maquisards sont allés s’installer quelques kilomètres plus loin pour se mettre à l’abri, un accrochage la veille à Saint-Lys avec une voiture allemande ayant alerté les chefs du maquis, une poignée d’hommes, restés au château de Gagen, doivent affronter, mal armés et sans moyens, une colonne de chars allemands avec 600 hommes. Ils seront abattus froidement avant que l’armée nazie ne mette le feu au château et ne s’en prenne aux villageois. 

Soutiers de la Gloire

Pour raconter leur histoire et faire vivre, notamment chez les plus jeunes, la mémoire de ces « soutiers de la Gloire pour reprendre l’expression de Pierre Brossolette », comme le rappelle Jean Micoud, car oubliés par beaucoup, une bande dessinée, imaginée à l’initiative de l'Amicale des anciens combattants et victimes civiles du maquis de Saint-Lys a été réalisée par l’illustrateur Gaël Audoye, avec l’aide d’Elérika Leroy, historienne au Musée départemental de la Résistance & de la Déportation. Le dessinateur y retrace les dernières heures du maquis en redonnant vie à ses protagonistes, agent de marie, ouvrier, instituteur ou militaire, tous mus par l’esprit de Résistance. « Mettre en en valeur ces hommes, c’est poursuivre leur combat contre le fascisme, la xénophobie, le racisme. C’est rester fidèle aux valeurs patriotiques, démocratiques, humanistes, universalistes et de solidarité », conclut Jean Micoud.

L’ouvrage, réalisé avec le soutien de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre et le Conseil départemental de la Haute-Garonne est mis à la disposition du public au Musée de la Résistance & de la Déportation à Toulouse.