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Exposition : Beate et Serge Klarsfeld, consciences pour l’humanité Publié le
Date de publication
21 octobre 2021

Les époux Klarsfeld
Les époux Klarsfeld ont assisté à l'inauguration d'une exposition en leur honneur, à Toulouse. (Crédits : Aurélien Ferreira / CD31)
Chapeau

De par leur engagement et leurs combats, Beate et Serge Klarsfeld sont devenus des consciences pour l’humanité. Le musée départemental de la Résistance et de la Déportation accueille jusqu'au mois de mai 2022 une exposition qui rend hommage à leurs parcours de vies. 

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Initialement organisée en 2018 par le Mémorial de la Shoah à Paris, l’exposition « Beate et Serge Klarsfeld, les combats de la mémoire (1968-1978) » est présentée pendant six mois au musée départemental de la Résistance et de la Déportation à Toulouse. « Elle commémore un double anniversaire explique Olivier Lalieu qui assure son commissariat, celui de la gifle administrée en 1968 par Beate Klarsfeld au chancelier ouest-allemand Kurt Georg Kiesinger, ancien responsable dans l’appareil hitlérien, et la publication du Mémorial de la déportation des Juifs de France par Serge Klarsfeld en 1978. »

Hommage à l’action du couple qui s’est donné pour mission la traque des anciens nazis et a mené une action militante pour la reconnaissance de la Shoah, l’événement s’inscrit, au-delà, sur son parcours de vie : « Le propos est beaucoup plus large que celui de la décennie 1968-1978 poursuit Olivier Lalieu, puisque nous revenons sur leur cheminement et ceux de leurs familles pendant la guerre à leur rencontre au début de la décennie 1960 à Paris. Et après 1978, nous mettons en lumière un certain nombre d’événements majeurs comme le procès de Cologne au cours duquel les principaux responsables de la Solution finale accomplie en France ont été jugés par un tribunal allemand grâce au combat mené par Serge Klarsfled. Nous évoquons ensuite des aspects plus contemporains de leur engagement. »

Une exposition incarnée

À l’invitation du Conseil départemental de la Haute-Garonne, l’antenne Sud du Mémorial de la Shoah a travaillé en lien étroit avec le musée départemental de la Résistance et de la Déportation. « Nous sommes très heureux de pouvoir présenter, à Toulouse en particulier, un certain nombre d’objets qui font écho à la politique patrimoniale forte du musée, indique Olivier Lalieu. Il s’agit d’objets immortalisés par des clichés de presse comme des vêtements ou la chaîne avec laquelle Beate s’était enchaînée avec Ita Halaunbrenner dans les années 1970 pour attirer l’attention sur Klaus Barbie réfugié en Bolivie, mais également d’autres plus intimes, plus sensibles, comme des photos personnelles qui donnent une épaisseur humaine à l’exposition. Ce n’est pas une histoire froide, lisse mais une histoire de combats, de courage, de ténacité qui s’incarne ici. » 

Serge et Beate Klarsfeld : "Il faut rester vigilant"

« Cette belle exposition montre la difficulté de l’engagement civique au service d’une cause juste, la difficulté de rompre avec une vie normale pour mener une action qui fut d’abord incomprise. Cette action, nous pensons l’avoir plutôt bien menée pendant un demi-siècle. L’une de nos grandes victoires est d’avoir contribué à transformer l’Allemagne, devenue une grande démocratie, et d’avoir œuvré à la réconciliation franco-allemande. Aujourd’hui encore nous continuons à nous battre pour que les partis qui défendent les valeurs républicaines restent au pouvoir. Il faut rester vigilant, être toujours prêt à réagir, car l’avenir est imprévisible. »  

Serge et Beate Klarsfeld, lors du vernissage de l’exposition le 21 octobre 2021

Serge et Beate Klarsfeld lors du vernissage de l'exposition
Serge et Beate Klarsfeld lors du vernissage de l'exposition (Crédits : Aurélien Ferreira)

La décennie 1968-1978 marque un tournant important dans l’évolution de la mémoire de la Shoah en Europe et dans le monde.

L’action spectaculaire du couple formé par Beate et Serge Klarsfeld, menée sur plusieurs continents, exerce un rôle majeur dans ce mouvement vers la reconnaissance de la Shoah. Souvent, grâce à eux, le regard sur le nazisme et le génocide des Juifs en Allemagne et en France va être bouleversé.

Plus de 50 ans après la gifle administrée par Beate Klarsfeld en 1968 au chancelier ouest-allemand Kurt Georg Kiesinger et 40 ans après la publication en 1978 par Serge Klarsfeld du Mémorial de la déportation des Juifs de France, leur influence se poursuit encore aujourd’hui.

A découvrir jusqu'au 8 mai 2022

La conférence Serge et Beate Klarsfeld, l'engagement de toute une vie s'est tenue le jeudi 21 octobre 2021 au Pavillon République.

  • Présentation : Maurice Lugassy du Mémorial de la Shoah
  • Modération :  Olivier Lalieu, historien, responsable de l’aménagement des lieux de mémoire et des projets externes Mémorial de la Shoah

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