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Jardins collectifs de Haute-Garonne : la biodiversité au cœur de la 3e édition

Publié le 10 avril 2026
Temps de lecture : 4 min
© Hélène Ressayres/CD31

 Le 27 mars 2026, le Conseil départemental a réuni une centaine de personnes pour les 3es Rencontres des jardins collectifs du territoire. Cette édition a mis l'accent sur un enjeu central : « Quand les jardins partagés font fleurir la biodiversité ». La thématique, choisie en concertation avec les jardiniers, s'inscrit au cœur de la stratégie de bifurcation écologique du Département.

Jardins familiaux, de résidence, partagés, pédagogiques ou solidaires : il existe près de 250 jardins collectifs en Haute-Garonne, en centre-ville ou dans les petits villages. Oasis de nature préservée, ces espaces partagés sont des leviers essentiels pour reconnecter les citoyens à la nature et favoriser le lien social. C’est un phénomène en pleine expansion, qui s’inscrit au cœur de la stratégie du Département en faveur de la bifurcation écologique. 

Pour soutenir leur essor, la collectivité s’appuie sur l’association Partageons les Jardins qui encourage la mise en réseau de ces jardins par le biais de « bouquets », du nord au sud du territoire.  Le Conseil départemental a également voté, en octobre 2023, une stratégie départementale dédiée. En 2024, cette première étape a été suivie de la publication d’un guide méthodologique complet à destination des porteurs de projets, des associations et des collectivités. Et chaque année, des rencontres thématiques sont organisées : en 2024 sur l’usage de l’eau, en 2025 sur le bénévolat et en 2026 sur la biodiversité. 

Améliorer l'accueil des pollinisateurs

Le 27 mars 2026, plusieurs experts ou responsables de terrain se sont donc succédé en tribune à l’instar de Nathalie Escaravage, enseignante- chercheuse au Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement à l’Université de Toulouse. Elle est notamment venue expliquer comment améliorer l’accueil des pollinisateurs en milieu urbain. « Pour enrayer leur déclin et favoriser leur diversité des espèces, il faut bien sûr interdire les pesticides, mais aussi favoriser la diversité florale, limiter les plantes ornementales, proscrire les espèces exotiques envahissantes, privilégier les haies issues d’essences locales et arrêter la « tontomania », plaide-t-elle.

Et d’évoquer aussi l'efficacité relative des hôtels à insectes, qui ne constituent pas toujours une solution adaptée contrairement à des solutions plus naturelles comme les cavités, les friches, les zones refuges avec morceaux de bois, des cailloux, des ronces, des plantes à tige creuse, etc. Cette première intervention a été ensuite illustrée par l’exemple de terrain de Dominique Dupouy, co présidente de l’Association des Jardiniers de Tournefeuille. Ces jardiniers ont, par exemple, imaginé Butinopolis, un espace dédié à la découverte de la biodiversité avec une mare, une spirale aromatique, un jardin tinctorial et un arboretum. Ce jardin collectif, devenu un tiers-lieu de la ville, reçoit 1000 enfants chaque année. « À l’échelle locale, nous faisons beaucoup de sensibilisation et depuis plus de 20 ans et organisons une semaine pour favoriser les alternatives aux pesticides, l’une des causes de la disparition des pollinisateurs. », explique-elle. 

Plaidoyer en faveur des jardins collectifs

Lors de la pause, les jardiniers ont échangé, tours de mains, astuces et semis ou fait connaître leurs événements comme BIodiver’Stival, organisé par l’association Jardin Nature de Pibrac du 15 au 19 avril 2026 ou les 48 heures de l’agriculture urbaine, proposés par Partageons les jardins les 24, 25 et 26 avril 2026.

Pour finir Charles Gers, pédobiologiste, a rappelé l’importance de préserver la richesse invisible des sols et des microorganismes qui le peuplent, notamment face aux pressions de l’agriculture intensive, de l’urbanisation et du changement climatique.

En parallèle des échanges, un plaidoyer en faveur des jardins collectifs a été présenté et distribué aux participants. Réalisé avec l’association "Partageons les jardins", ce document « Jardins collectifs. Et si nous cultivions ensemble l’avenir de notre commune ? » est destiné aux communes et intercommunalités. Son objectif ?  Fournir aux élus des arguments concrets pour libérer du foncier et soutenir ces projets qui favorisent tout autant le lien social que l’adaptation au changement climatique.

Elle témoigne

« Notre jardin collectif est une aventure humaine née dès 2017 sous l’impulsion d'un groupe de jeunes habitants passionnés par la biodiversité. Après une parenthèse liée au Covid, nous avons relancé la dynamique en 2021 sur ce bel espace de 1 600 m², au cœur du parc public de la Poudrerie sur l’île du Ramier. Nous fonctionnons grâce à des groupes thématiques très actifs, qu'il s'agisse du potager, du bricolage ou du groupe biodiversité qui prend le temps, chaque dimanche matin, d'observer l’évolution de la flore et des insectes. Nous accueillons le public chaque premier mercredi du mois, de 14h à 18h, et restons disponibles pour échanger tous les dimanches avec les curieux. Pour nous, le soutien du Conseil Départemental et les échanges avec les autres acteurs du territoire sont essentiels pour partager nos savoir-faire sur les semis et continuer à faire vivre cette îlot de nature en ville. »


Yvette, membre du jardin partagé de la Poudrerie à Toulouse