REPORTAGE

Quand le Téfécé féminin inspire la jeunesse haut-garonnaise

Publié le 13 mars 2021
Temps de lecture : 3 min
© Aurélien Ferreira/CD31

Le 11 mars 2026, une cinquantaine de collégiens et des jeunes licenciées de la Haute-Garonne ont partagé un moment privilégié avec les joueuses du Toulouse Football Club. Une rencontre placée sous le signe de l’égalité, car le football de haut niveau s’adresse aussi bien aux filles qu’aux garçons.

La pluie battante n'aura pas suffi à doucher leur enthousiasme. Venus des collèges toulousains de Lamartine et Stendhal, ou des sections féminines des clubs d’Eaunes et de Cintegabelle, cinquante jeunes ont répondu présents à l'invitation du Conseil départemental. Au programme : une immersion totale dans les coulisses de l'entraînement des Violettes, suivie d’une séance de dédicaces avec les joueuses. En ce mois dédié à l’égalité femmes-hommes, l’initiative visait avant tout à briser les stéréotypes et à encourager les vocations sportives chez les jeunes filles.

Actuellement leaders de leur championnat de Seconde Ligue, les joueuses du Téfécé visent une montée en élite, Arkema Première Ligue. Pourtant, malgré leurs performances, et contrairement à leurs homologues masculins, elles ne jouissent pas encore du statut de professionnelles. Leur quotidien consiste à jongler entre les crampons et les partiels.  Qu’elles étudient la médecine, la diététique ou la kinésithérapie, ces athlètes font preuve d'une discipline de fer. À l’instar de la capitaine Lou Jumere, étudiante en kinésithérapie en dehors des terrains. Elle profite de cette séance de dédicaces pour faire passer un message fort aux jeunes filles présentes : « Foncez ! Que ce soit pour le loisir ou pour une carrière, le rectangle vert n’appartient pas aux garçons ». Un constat partagé par sa coéquipière Marine Perea, qui se réjouit de voir de plus en plus de clubs créer des sections féminines dédiées, signe d'une mutation profonde des mentalités.

Bienveillance et tolérance

Pour les clubs, cet entraînement commenté offre aussi l’occasion de passer des messages de bienveillance et de tolérance auprès des plus jeunes comme l’explique Stéphanie Andreu-Seigne, sage-femme au Centre de santé sexuelle du Conseil départemental. La professionnelle de santé intervient régulièrement pour faire de la prévention et assurer le suivi gynécologique des joueuses de l’équipe féminine du Téfécé. Ce jour-là, elle sensibilise les adolescentes sur l'importance d'équipements adaptés, comme les brassières de sport, essentiels pour concilier confort et performance.

Dans les tribunes, Camille, Domitille et Charlie, 9 ans, trépignent d'impatience en serrant un petit ballon, guettant la fin de la séance pour décrocher une dédicace de leur idole, Alexandra Atamaniuk, milieu de terrain et figure du futsal tricolore. Les garçons ne sont pas moins enthousiastes à l'image d'Issam et Zeev. Très attentifs au jeu, les collégiens de Lamartine s'interrogent aussi sur les différences entre le haut niveau masculin et féminin : « C’est stylé de les voir jouer, je vais leur poser des questions sur les inégalités salariales », souffle Zeev. Un peu plus loin, leurs camarades filles se pressent contre les barrières, elles ne manquent aucune passe réalisée, les déplacements  sont fluides pour se démarquer. Rim, Sofia et Lucia sont en 3e au collège Lamartine et pratiquent assidument le football en club ou dans leur établissement. Curieuses du parcours de leurs aînées, elles s’imaginent toutes bien faire carrière plus tard. Pour les éducateurs présents, comme Cécile Tastard du club de Cintegabelle ou Cyril Bricot, professeur d'EPS au collège Lamartine, cette immersion est avant tout pédagogique. Elle confronte les jeunes aux exigences du haut niveau et démontre que la technique ne dépend pas du sexe, mais du travail acharné.

En organisant cette rencontre durant le mois de l'égalité femmes-hommes, le Conseil départemental réaffirme ainsi son soutien au sport pour toutes et tous, pour briser les plafonds de verre. En effet, la période de l’adolescence est un moment charnière où la pratique physique et sportive est en forte diminution notamment chez les jeunes filles. Ces actions et l’accompagnement proposé par le Conseil départemental  visent ainsi à renforcer l’épanouissement des jeunes haut-garonnaises et haut-garonnais à travers l’activité physique, sans distinction de genre, mais aussi de soutenir le rôle des clubs sportifs et des bénévoles dans les territoires pour faire vivre leurs projets associatifs prônant des valeurs de citoyenneté, d’égalité, de vivre ensemble.