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Jazz sur son 31 a fait vibrer la Haute-Garonne pour la 33e édition ! Publié le
Date de publication
21 octobre 2019

Jazz sur son 31 33e édition
La 33e édition du festival Jazz sur son 31 s'est déroulée du 9 au 20 octobre 2019. (Crédits : Alexandre Ollier)
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Du 9 au 20 octobre 2019 le festival Jazz sur son 31 a essaimé 72 concerts à travers plus d'une quinzaine de communes du département. Une concrétisation de la volonté du Conseil départemental de rendre la culture sous tous ses aspects, accessible au plus grand nombre. Cette édition qui a fait voyager la Haute-Garonne d'Outre Atlantique au Proche Orient a accueilli plus de 21 000 spectateurs.

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Du Muretain au Volvestre, en passant par le Lauragais, le nord du département et Toulouse, Jazz sur son 31 a une nouvelle fois propagé les bonnes voix et les belles vibrations jazz dans toute la Haute-Garonne ! Cette 33e édition d’un festival reconnu pour la qualité de sa programmation, jamais démentie au fil du temps, n'a pas fait exception à la règle puisque ce ne sont pas moins de 78 rendez-vous, répartis sur 17 communes, qui attendaient les amateurs de jazz.

 

Une programmation éclectique

Au total, 52 manifestations gratuites et 15 autres à un tarif de 5 euros étaient prévues pour laisser le public s’immerger dans les tendances traditionnelles, mais aussi mouvantes et novatrices d’une musique en mutation perpétuelle. Le public a pu s’en rendre compte cette année grâce aux axes de programmation qui font la part belle aux sonorités envoûtantes du Proche-Orient, au jazz anglais en plein renouveau, à l’afrobeat toujours tonique ainsi qu’à une foule de groupes et artistes confirmés, émergents et stars. Pour preuve, la présence de la légende Steve Coleman accompagné de ses fidèles Five Elements. L’homme, saxophoniste, compositeur émérite a surpris grâce à son génie de l’improvisation. Autre profil mais grand talent également que celui du contrebassiste Avishai Cohen qui n’en finit pas de multiplier les expériences artistiques. D’autres comme Émile Parisien, Theon Cross, Jowee Omicil ou Robyn Bennett ont su convaincre leurs auditoires. Comme à l’accoutumée, les esthétiques se mêlent, les talents s’additionnent, les publics se passionnent, les échanges se multiplient entre musiciens, élèves et enseignants des écoles de musique du département au cours de cette manifestation conviviale et ouverte sur le monde. Si le vieux continent et le nouveau monde ont fourni leur lot d’artistes, le Proche-Orient a livré cette année certains de ses meilleurs représentants à l’image de l’impressionnant pianiste et chanteur Bachar Mar-Khalifé, de l’étonnante trompettiste bahreïnie Yazz Ahmed, de l’émouvant pianiste palestinien Faraj Suleiman. Pour la première onze groupes originaires de Toulouse et de la région ont investi le centre-ville et assuré le spectacle dans onze café-bars de la ville. Rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle édition de Jazz sur son 31 pleine de surprises...

 

Bar-bars sur son 31

Le festival Jazz sur son 31 a investit pour la première fois le centre-ville de Toulouse avec une programmation gratuite dans les bars, en collaboration avec le Collectif Culture Bar-Bars. Du 11 au 13 octobre, ce sont ainsi onze groupes originaires de Toulouse et de la région qui ont assuré le spectacle dans onze cafés-bars de la ville tels que le Café Ginette, le Filochard ou Ô Boudu Pont.

 

Interview de la chanteuse du groupe NES

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Interview de la chanteuse du groupe NES : Nesrine Belmokh. Le groupe a ouvert la 33e édition du festival Jazz sur son 31, le 9 octobre 2019 à l'hôtel du Département.

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Rencontre avec la chanteuse Frédérika : "Je n'ai aucun interdit artistique !"

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Frédérika est une chanteuse et multi-instrumentaliste inventive qui navigue entre pop, soul, hip-hop et jazz. Elle a donné une représentation lors d'un apéro-jazz le 19 octobre 2019, puis un concert privé à l'Hôpital des enfants le 10 octobre.

« Je suis née à Toulouse et j’ai grandi en Ariège dans un pays vert et une famille de musiciens. J’ai passé une enfance où la musique était à la fois très présente et très éclectique. J’ai eu accès à une multitude de styles différents, grâce à mes parents, mais il a fallu que je me forge les miens pour me détacher et m’affirmer ! Je suis passée par l’électro, la techno, la musique minimale, entre autres, ce qui me sert beaucoup rythmiquement aujourd’hui. »

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Frédérika, chanteuse et multi-instrumentaliste. (Crédits : DR)
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« J’ai ensuite suivi un parcours de piano classique au Conservatoire de Pamiers, puis j’ai joué de la flûte traversière et de la basse électrique dans un groupe en trio. J’ai fait des allers-retours entre chant et piano, puis clavier ensuite. J’aime les expériences multiples : je fais partie de ces gens qui s’ennuient vite, j’ai une peur bleue des habitudes ! J’ai l’impression de chercher beaucoup et donc de trouver beaucoup aussi, puisque je cherche plus qu’il ne faudrait ! Pour le spectacle présenté lors de Jazz sur son 31, je jouerai avec la harpiste et chef d’orchestre Rébecca Féron avec qui je partage une passion pour le jazz. Nous allons interpréter des standards, des reprises jazzifiées pour surprendre avec de la matière très connue mais travaillée à notre façon avec harpe-machines-claviers et voix. »

 

Rencontre avec le multi-instrumentaliste Jowee Omicil : "Je suis reconnaissant d'être vivant et j'ai soif de création."

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Jowee Omicil, multi-instrumentaliste canadien d'origine haïtienne, et étoile montante de la musique jazz métissée. Il a donné un concert le 11 octobre 2019 au théâtre de Mazades à Toulouse, pour la 33e édition du festival Jazz sur son 31.

« Dès mon plus jeune âge, j’ai écouté des musiques très différentes : de la musique gospel et du classique grâce à mon père qui était pasteur, mais aussi du hip-hop qu’écoutaient mes frères, Johnny et Farrell. J’écoutais aussi la radio, à Montréal où j’ai grandi, et où étaient programmés Michael Jackson, Phil Collins, Céline Dion, Claude Barzotti, au encore La Compagnie Créole et Kassav ! »

Jowee Omicil
Jowee Omicil, étoile montante de la musique jazz métissé. (Crédits : Renaud Montfourny)
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« Mon quotidien était imprégné de musique, que ce soit au centre de loisirs ou au parc où je jouais du basket. Et puis, les moments essentiels de ma vie ont aussi été marqués par la musique : par le visage de ma maman que j’ai perdue à l’âge de cinq ans, qui m’inspire et explique sans doute la mélancolie que l’on peut ressentir parfois dans mes compositions. Par celui de ma fille, qui est formidable du haut de ses quinze ans et qui joue de nombreux instruments. Par des moments intenses aussi, comme cette rencontre avec Quincy Jones l’année dernière, pour ses 85 ans, lui que j’écoute depuis l’âge de six ans ! Il fait partie des musiciens qui m’ont inspiré comme Ornette Coleman, Herbie Hancock, John Coltrane et qui, comme la vie, comme le prochain jour ou le prochain soleil, me donnent envie de créer, de composer. Je suis reconnaissant d’être vivant et j’ai soif de création ! Tout m’inspire, du combat des Noirs au XIXe siècle contre l’esclavage à la beauté et à la laideur de la vie, ainsi que mes voyages à travers le monde qui m’ont permis de comprendre que je suis dans ce monde et pas en dehors. Voyager m’apporte beaucoup, parce que les sons, les approches, les lieux et les façons de voir sont différentes, ce qui permet de réaliser que les possibilités musicales sont infinies et qu’une seule peut vous envoyer en orbite pour toujours ! »

 

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