PORTRAIT

Jean Jouzel, climato-convainquant Publié le
Date de publication
17 novembre 2019

Jean Jouzel
Jean Jouzel, climato-convainquant.
Chapeau

À priori rien ne le prédestinait à devenir l’un des plus grands lanceurs d’alerte au monde pour la sauvegarde de la planète. Le réchauffement climatique, quand il a grandi dans les années 50 dans une ferme bretonne, on n’en parlait pas. 

Corps

Diplômé de l’école de chimie de Lyon, c’est même par hasard qu’il s’est mis à étudier avec des glaciologues. « J’ai toujours voulu faire de la recherche, mais je ne savais pas dans quoi », se souvient Jean Jouzel. Souhaitant se rapprocher de sa Bretagne natale, il candidate pour une thèse en région parisienne sur les isotopes du soufre au sein du prestigieux Commissariat à l’énergie atomique (CEA), à Saclay, qu’il n’a plus quitté depuis. Mais le jour de la rentrée, le responsable du laboratoire – le scientifique Étienne Roth – avait oublié le sujet de sa thèse et lui propose de travailler sur… la formation de la grêle. « Il m’aurait proposé un sujet sur les lasers ; j’aurais aussi bien accepté ! » 

 

Une découverte historique

Mais c’est ensuite sa rencontre avec le glaciologue Claude Lorius qui marque un tournant inattendu dans sa carrière. « J’étais loin de me douter que nos travaux de recherche, 40 ans plus tard, deviendraient un grand sujet d’actualité ! », admet le scientifique. Pourtant, dans les années 80, leurs études sur des forages glaciaires en Antarctique apportent la preuve scientifique qu’il existe un lien entre l’effet de serre et le climat. « Dès lors, les médias du monde entier ont commencé à s’intéresser à nos travaux ; j’ai même été interviewé par le New York Times en 1987, et aujourd’hui, il n’y a pas un jour où je ne suis pas sollicité », remarque Jean Jouzel. Il faut dire qu’à 72 ans, le climatologue semble aussi à l’aise sur un plateau de télévision pour expliquer qu’il faut limiter le réchauffement à 1,5°C que sur le terrain pour étudier des carottes glaciaires ! 

« Il faut que tout le monde regarde dans la même direction et chacun peut agir pour que ça marche en changeant sa façon de se nourrir, de se loger ou de se déplacer. »

 

Un discours optimiste

Membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avec lequel il reçoit le prix Nobel de la paix en 2007, il devient ainsi l’un des porte-parole les plus médiatiques de la lutte contre le changement climatique. « Ces recherches m’ont apporté beaucoup plus que je ne l’espérais, car le sujet va au-delà des connaissances théoriques : le premier rapport du GIEC a permis d’aboutir à la convention climat en 1992 puis à la mise en place des COP et la signature du Protocole de Kyoto en 1997 ! Il y a une véritable prise de conscience des décideurs politiques, même si certains – malheureusement - ne s’engagent pas comme les États-Unis, le Brésil ou la Russie. »  Et bien que la tâche soit immense, que diviser par presque deux nos émissions de CO2 d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050 n’est pas un pari gagné d’avance, Jean Jouzel veut rester optimiste. « Il faut que tout le monde regarde dans la même direction et chacun peut agir pour que ça marche en changeant sa façon de se nourrir, de se loger ou de se déplacer. Et quand je vois mes petits-enfants qui y sont attentifs naturellement, je me dis que c’est plutôt positif ! » Un discours qu’il partagera sans aucun doute lors du colloque biodiversité organisé par le Conseil départemental de la Haute-Garonne et auquel il participera le 29 novembre prochain. 

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Colloque « Biodiversité sur son 31 »

Pleinement engagé dans la sauvegarde de la biodiversité – au cœur de son plan environnement – le Conseil départemental a d’ores et déjà été au-delà des 40 engagements qu’il s’était fixé en 2015. Pour aller encore plus loin dans sa réflexion et mobiliser l’ensemble des parties prenantes, le Département a organisé le 29 novembre 2019 le colloque « Biodiversité sur son 31 », avec l'intervention du climatologue Jean Jouzel. Retour en vidéo sur une interview du climatologue.