PORTRAIT

Jean-Renaud Ducos de Lahitte, la panthère rose du BMX Publié le
Date de publication
12 novembre 2017

Jean-Renaud Ducos
Jean-Renaud Ducos de Lahitte, la panthère rose du BMX. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Un immense champion. De France, d’Europe et du monde. Depuis plus de 30 ans, et malgré un parcours semé d’embûches, le Blagnacais Jean-Renaud Ducos de Lahitte n’a jamais cessé de briller avec son bicross. 

Corps

« Il a ce sport chevillé au corps et au cœur ». Anne-Marie Ducos de Lahitte aurait pourtant préféré que son fils choisisse une activité moins violente. « Champion de pétanque m’aurait rendue très fière aussi ! », ironise-t-elle. Mais c’est le BMX qui coule dans les veines de Jean-Renaud depuis qu’il a une dizaine d’années. « Tout a commencé dans les années 80 avec le film E.T l’extraterrestre, se souvient le sportif aujourd’hui âgé de 44 ans. Son copain Eliott se baladait en bicross, et ce petit vélo qui passait partout me faisait complètement rêver ! ». Depuis, cet amoureux des années 80 – la période « fluo, flash, fun » comme il dit – collectionne d’ailleurs tout ce qui est en rapport avec le film mythique de Steven Spielberg. Alors que le BMX fait un tabac aux États-Unis, la mode commence tout juste à débarquer en France. 

Champion du monde en 2008

Mais dès 1987, Jean-Renaud s’inscrit au club de Blagnac, où il réside avec sa famille. Commencent alors des entraînements quasi quotidiens et les premières compétitions. « L’ambiance était très conviviale : on partait en bus aux quatre coins de la région », raconte-t-il. Ce qui lui plaît ? « La liberté, le goût du risque, l’adrénaline, etc. » Il faut dire qu’avec ses petites roues qui ne dépassent pas les 20 pouces, le bicross se faufile partout et permet de réaliser des sauts impressionnants sur les terrains bosselés. En 1998, il obtient la bourse du Jeune espoir sportif remise par le Conseil départemental. Puis, à force d’entraînements et de persévérance, le sportif blagnacais remporte ses premiers titres, notamment celui de champion de France en 2005 puis celui de champion du monde en 2008, l’année où le BMX est devenu une discipline olympique. Une médaille qui manque à son palmarès, à regret. 

La vie en rose

Sa carrière de sportif de haut niveau ne lui permettant pas de vivre de sa passion, Jean-Renaud doit poursuivre ses études et devient ainsi parallèlement professeur d’EPS. En 2012, sa vie prend un tournant inattendu avec la découverte d’un cancer extrêmement rare. « Les médecins m’avaient pronostiqué six mois d’espérance de vie. Mais mon père ayant lui-même été emporté par un cancer quelques années plus tôt, j’ai décidé de me battre. » Avec le BMX comme « antidépresseur », mais aussi et surtout sa rage de vivre et son mental d’acier, Jean-Renaud aura finalement réussi son plus beau pari : vaincre sa maladie. Dès 2013, il retrouve les podiums internationaux, désormais tout de rose vêtu. Une référence aux années 80, à la ville rose, et aussi à la lutte contre le cancer. On l’appelle d’ailleurs désormais « J-R the pink panther », en référence à la panthère rose. Un personnage haut en couleurs, - « un fort caractère » dirait sa mère – qui impose le respect et force l’admiration.     

Palmarès international

  • Champion du monde en 2008
  • Double vice-champion du monde en 2009 et 2013
  • Quintuple médaillé de bronze mondial en 2006, 2007, 2010, 2015 et 2017.
  • Champion d’Europe en 2017, et vice-champion d’Europe en 2006