PORTRAIT

Rencontre avec…Karine Batut, assistante sociale

Publié le 8 janvier 2026
Temps de lecture : 3 min
© Aurélien Ferreira/CD31

Karine Batut fait partie des assistantes sociales de la plateforme numérique et téléphonique Haute-Garonne Solidarités. Créée en 2021, cette structure départementale accueille par téléphone, écoute et oriente les personnes qui ne sont pas accompagnées par les Maisons des solidarités. En 2024, elle a traité 12474 appels. Une mission au cœur de l’accès aux droits et au service des plus vulnérables.

Quand avez-vous rejoint Haute-Garonne Solidarités et quel est votre travail ?

J’ai rejoint le service à son ouverture il y a 4 ans, après avoir travaillé plusieurs années à en Maison des solidarités, à la Reynerie, à Colomiers et avant ça dans différentes structures du Conseil départemental en fonction des besoins. Notre équipe réunit des agents avec différents profils : des travailleurs sociaux (assistantes sociales et éducateur spécialisé) et des agents d’accueil. Ce sont ces derniers qui délivrent des renseignements de premier niveau tels qu’un contact, un numéro de téléphone, une mise en relation, etc. Si les problématiques sont plus complexes, l’appel est transféré aux travailleurs sociaux, nous prenons alors le relai pour évaluer les situations des personnes qui nous appellent.

Quels types de demandes traitez-vous ?

Nous sommes sollicités pour toute question relative à l’hébergement, à l’absence ou à la précarité du logement, à des problématiques de violences conjugales, en cas de séparation, de difficultés financières, d’enfants en danger, etc. Les problématiques rencontrées sont les mêmes que celles gérées par mes collègues en Maison des solidarités. La différence principale vient du fait que nous n’assurons pas de suivi avec ces personnes. Notre mission, c’est de prendre l’appel, d’écouter, d’évaluer la situation, d’informer et d’orienter. Nous jouons un rôle central dans la délivrance de l’information pour l’accès aux droits. Nous pouvons orienter vers la structure la mieux adaptée :  Maisons des solidarités, Maisons départementales de proximité, CAF, Sécurité sociale, Maisons France Services, etc.

Comment les missions de votre service ont-elles évolué depuis sa création en mars 2021 ?

Nos missions changent tout le temps. Au tout début, nous traitions les bons solidaires, puis en 2022, nous avons traité la question de l’accueil des réfugiés ukrainiens, aujourd’hui nous venons en appui des femmes victimes de violences conjugales pour des demandes d’urgence auprès de la CAF, nous intervenons aussi en premier rideau pour évaluer les situations dans la mise à l’abri des mères avec enfants de moins de 3 ans isolées et sans hébergement. Nous partageons aussi, avec les MDS, la mission de traiter les situations de primo-arrivants qui nous sont orientés par la structure de premier accueil des demandeurs d’asile (Spada) ou le 115. Même si nous ne sommes pas sur le terrain, nous arrivons à débloquer des choses par téléphone, parfois même cela peut être facilitant pour ces personnes en libérant leur parole en quelque sorte.  Au sein du service, nous échangeons beaucoup entre nous pour croiser nos regards avant toute orientation. Enfin bien sûr, nous sommes en lien très étroit avec nos collègues de terrain dans les Maisons des solidarités. 

En tant qu’assistante sociale de Haute-Garonne solidarités, estimez-vous participer au déploiement des services publics de proximité ?

Oui, car nous sommes dans une politique d’accueil inconditionnel de toute personne quelle que soit sa situation et son origine.