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La culture a continué de rayonner pendant le confinement Publié le
Date de publication
12 juillet 2020

La culture a continué de rayonner pendant le confinement
À Pechbonnieu "l'atelier" a proposé des animations gratuites en live sur les réseaux sociaux. (Crédits : Aurélien Ferreira)
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La plupart des lieux culturels départementaux ont rouvert dès le 2 juin, mais de nombreuses actions culturelles ont malgré tout été menées pendant le confinement par des établissements et associations près de chez vous. Retour sur ces dispositifs innovants qui ont su vous divertir tout en respectant les règles sanitaires de distanciation physique.

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À Pechbonnieu : "l'atelier" a cartonné pendant le confinement

À Pechbonnieu, plus de la moitié des 4500 habitants sont adhérents de « l’atelier ». Pôle culturel municipal, cette « maison de l’humain » propose à ses publics bien plus qu’une médiathèque. « On a un accueil pour les ados, une petite salle de spectacles, un studio, une ludothèque, un potager… », indique Axel Clamens, son directeur. Un lieu « toujours en mouvement » qui, malgré sa fermeture contrainte pendant le confinement, n’a pas trahi ses habitudes. « On a voulu maintenir la connexion avec les gens, via les réseaux sociaux, en leur proposant des animations originales, explique le directeur. Un moyen de leur dire : on est là, on n’est pas en sommeil. » Exemple avec un atelier d’écriture virtuelle qui a permis aux participants de s’exprimer sur plusieurs thèmes : le silence, fenêtre sur cours, objet trouvé et le… coronavirus.

Un « live » tous les vendredis soir

Autre proposition qui a fait mouche : le concours « Histoire d’empiler les livres ». « L’idée est de former un poème grâce aux titres des ouvrages qui apparaissent sur la tranche, explique Marie, 70 ans, adhérente de l’atelier. Une occasion rêvée de redécouvrir sa propre bibliothèque ! » Mais parmi les initiatives, celle qui décroche sans conteste la première place est le « Live des Extraterrasses ».« Chaque vendredi soir, à l’heure de l’apéro, nous proposions des mix de musique sur un serveur maison, explique Axel Clamens. Les gens réagissaient en direct en envoyant des textos, c’était très sympa. » Un rendez-vous incontournable pour Marie, « touchée par la complicité réelle qui s’est exprimée au travers de voies virtuelles. » De quoi entretenir le lien pour mieux se retrouver, en vrai !

À Tournefeuille : des séances vidéo pour garder la forme avec le club de gym volontaire

Avec 1 100 adhérents et 55 heures de cours hebdomadaires, le club de gym volontaire fait partie des associations « super » actives de la commune de Tournefeuille. Contrainte de mettre entre parenthèses ses activités une semaine avant le confinement, ses intervenants ont aussitôt proposé des séances en vidéo qui ont rassemblé tous les jours plusieurs centaines d'adhérents du club de gym volontaire. « Le bureau a collecté les vidéos que les différents enseignants nous ont envoyées via YouTube, pour ensuite les communiquer aux pratiquants, explique Christian Lemettre, président de l’Association sportive de Tournefeuille gymnastique volontaire (Astgv). Un travail auquel nous n’étions pas habitués, il a fallu s’adapter et très vite. Bien sûr, tout ceci ne remplace pas un vrai cours, mais cela a permis de garder un lien. Notre souci était aussi de transmettre un certain dynamisme. »

Club de gym volontaire à Tournefeuille
Club de gym volontaire à Tournefeuille. (Crédits : Alis Mirebeau)

« Comme si elle nous voyait »

Raymonde, 65 ans, s’est volontiers prêtée au jeu. Il faut dire qu’avec quatre cours de sport à l’Astgv par semaine, cette alternative était bienvenue pour elle. « C'est certain, le confinement a créé un manque. Mais j’ai vraiment accroché aux vidéos de Corinne, ma professeur de cross training. Elle a adapté son cours aux contraintes intérieures, et commente tout ce qu’elle fait, nous parle comme si elle nous voyait. » Depuis fin mai, certains cours ont repris sous leur forme habituelle mais en extérieur, et par petits groupes. « On ne pourra pas tous reprendre tout de suite, reconnaît Raymonde. Mais heureusement, Corinne continue à nous envoyer des vidéos ! »

À Nailloux : l'autre vie de la librairie de Nailloux

Dans sa librairie Détours située au centre du village de Nailloux, Nathalie Fontaine accueille, depuis 12 ans, écrivains, artistes, et lecteurs de 7 à 77 ans. Elle conseille les indécis au moment de choisir un livre comme cadeau ou fait partager ses coups de coeur pour un écrivain. Tombée sous le charme de ce village du Lauragais, la libraire a été confortée dans son choix lorsqu'elle a appris que la commune de Nailloux offrait un livre à chaque nouveau-né. « J'y ai vu un signe », s'enthousiasme Nathalie Fontaine. Contrainte de baisser le rideau de son magasin et de mettre son site web en sommeil, elle a organisé dès le début du confinement sur les réseaux sociaux des activités alternatives, lectures à haute voix, publication de coloriages d'artistes, ateliers pour les enfants...

Librairie de Nailloux
Des lecteurs dans la librairie Détours de Nailloux. (Crédits : Aurélien Ferreira)

Les « points relais » pérennisés

Le confinement s'inscrivant dans la durée, la libraire décide alors de renouer le lien avec ses clients lecteurs en organisant des « drive » pour les livres : elle prépare les commandes des clients passées sur son site marchand et les achemine dans les différents points relais installés dans des commerces à Nailloux, Auterive, Calmont ou au Vernet. « J'allais même livrer les gens en voiture dans un rayon d'une quinzaine de kilomètres autour de Nailloux », raconte la libraire. Une initiative appréciée qui a conquis de nouveaux lecteurs, « certains sont même venus visiter la librairie après le déconfinement » et qui s'inscrit dans la durée puisque les « points relais » sont maintenus malgré la levée du confinement.

À Portet-sur-Garonne : des activités ludiques pour occuper les familles

La mairie de Portet-sur-Garonne a redoublé d’imagination pour proposer des activités créatives et sportives à ses jeunes habitants confinés à la maison. « Outre les missions essentielles de la ville, nous avons essayé de garder un lien avec nos administrés en mettant chaque semaine en ligne des ressources conçues par nos professeurs des ateliers culturels municipaux et éducateurs sportifs », explique le service communication.

« Une galerie positive »

Sport, culture, loisirs créatifs… Tous les moyens étaient bons pour permettre aux petits Portésiens de s’évader sans quitter leur domicile. Côté sport, les familles ont pu s’amuser avec un jeu de l’oie version cardio, mais aussi des vidéos de gym, danse, yoga, ou encore, du tennis pour travailler son adresse et sa motricité. Des activités de dessin, arts graphiques mais aussi des exercices d’éveil corporel originaux (créer une danse avec son doudou, jeu du miroir, etc.) ont été proposés aux artistes en herbe. Pour la mairie, « l’idée était d’occuper les enfants tout en apportant un peu de douceur et de légèreté pendant cette période compliquée ! » Et pour favoriser les échanges, la commune a lancé une « galerie positive » sur son compte Facebook invitant les familles à partager leurs créations afin de réaliser une « E-expo ». Le confinement

Galerie positive à Portet
Diverses activités artistiques et sportives proposées à Portet. (Crédits : DR)

À Auterive : du cinéma à la maison avec l'Oustal

Pour aider à traverser la crise sanitaire dans la bonne humeur, le cinéma d’art et d’essai L’Oustal à Auterive a publié sur son compte Facebook, chaque jour pendant le confinement, une photo d’un baiser culte sur grand écran (La Fureur de vivre, Titanic, La Vie d’Adèle…). L’idée était de garder le lien avec la clientèle en lui envoyant « un peu d’amour, de convivialité et de chaleur en cette période compliquée », explique Gisèle Piquemal, présidente de l’association Culture et Cinéma à Auterive qui gère l’établissement.

Cinéma à la maison avec L'Oustal à Auterive
Cinéma à la maison avec L'Oustal à Auterive. (Crédits : Aurélien Ferreira)

Soutenir la structure

Côté programmation, des systèmes de substitution ont été mis en place. Au début du confinement devait se tenir La Fête du court-métrage : le cinéma a donné la possibilité au public de visionner gratuitement une sélection de films en ligne. Et depuis le 17 avril, L’Oustal s’est inscrit sur la plateforme La Toile permettant à ses clients habituels de louer à prix réduit pendant 48 heures des oeuvres recommandées par l’équipe. L’occasion notamment de découvrir de récents longs-métrages comme Hors normes, Portrait de la jeune fille en feu et Un divan à Tunis. « Ce service m’a permis de voir des films dont j’avais raté la sortie tout en contribuant, modestement, à aider le cinéma », affirme Christian Lebeau, client habituel. Environ 20 % des recettes sont en effet reversées à l’établissement auterivois. Ce dernier, qui organise chaque année, à la tombée de la nuit, une séance en plein air avec écran géant, espère pouvoir maintenir la date de la prochaine édition prévue le 26 août.