Le massacre de Marsoulas retrouve sa place dans la mémoire collective Publié le
Date de publication
25 janvier 2021

Plaques commémoratives Marsoulas
(Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Le 10 juin 1944, 27 civils dont 11 enfants, ont été massacrés par les Allemands dans ce village haut-garonnais. Un épisode tragique méconnu auquel le Conseil départemental entend redonner sa place dans la mémoire collective.

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Le 23 janvier dernier, Georges Méric, président du Conseil départemental, a dévoilé la plaque commémorative en hommage aux martyrs de Marsoulas. Cette plaque pédagogique, installée sur la place du village, a été réalisée par le Conseil départemental, en partenariat avec la commune de Marsoulas et le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation. Elle retrace l'histoire d’un massacre méconnu : le 10 juin 1944, une opération nazie des troupes la division SS Das Reich a visé directement la population civile du village et entraîné le massacre de 27 personnes, dont 11 enfants.

« Au lendemain du Débarquement en Normandie, la division SS Das Reich avait été désignée pour assurer une action répressive contre les maquis du piémont pyrénéen et les populations civiles soupçonnées de les soutenir », explique l’historienne Elerika Leroy, chargée de mission pour les Hauts Lieux de la Résistance au Conseil départemental de la Haute-Garonne. Ce 10 juin, c’était le maquis de Betchat qui était ciblé. Mais sur leur chemin, à Marsoulas, deux résistants ont attaqué la colonne SS. « Les représailles ont été immédiates : les Allemands massacrèrent 27 villageois », poursuit Elerika Leroy.

Un massacre effacé de la mémoire collective

Il s’agit du plus grand massacre perpétré en Haute-Garonne, qui avait jusque-là été épargnée, durant la seconde guerre mondiale. Pourtant, cet épisode tragique et le traumatisme des habitants a été rapidement occulté par la mémoire collective. « A la fin de la guerre, parmi tous les massacres perpétrés entre juin et août 1944 – et ils ont été nombreux – c’est celui d’Oradour-sur-Glane, qui a eu lieu le même jour et a fait 600 victimes civils, qui a été retenu par le général de Gaulle comme lieu du souvenir. Les autres ont été oubliés. »

Marsoulas : n'oubliez jamais
(Crédits : Aurélien Ferreira)

Aujourd’hui, la pose d’une plaque commémorative à Marsoulas constitue la première étape d’une démarche plus globale visant à redonner sa place dans l’Histoire à ce massacre oublié. « Nous allons prochainement proposer aux scolaires un circuit de mémoire dans le Comminges qui passera par Marsoulas », indique Elerika Leroy. Un « livre de mémoire », réalisé en partenariat avec l'ANACR (Association des anciens combattants et amis de la Résistance de Haute-Garonne), sur le massacre de Marsoulas sera distribué dans les collèges et médiathèques du département et un documentaire sera également proposé à la diffusion. Deux supports qui seront également disponibles au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation dès sa réouverture au public.

Poste de la plaque de Marsoulas
(Crédits : Aurélien Ferreira)