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Un graff collectif à la Maison des solidarités de Pont-Vieux à Toulouse

Date de publication
Publié le 28 février 2022
Temps de lecture : 3 min
Miniature
Atelier Graff à la Maison des Solidarités de Pont-Vieux
© Hélène Ressayres
Légende

Atelier Graff à la Maison des Solidarités de Pont-Vieux

Chapeau

L’équipe de la Maison des Solidarités de Pont-Vieux a organisé une rencontre entre des enfants suivis par leurs services et les graffeurs du collectif toulousain 50Cinq. À l’arrivée, une œuvre inspirante et colorée à partir de mots choisis par les enfants et un très beau moment de partage.

Corps

« Émotion, confiance, calme »… Les mots choisis par les enfants et graffés sur le mur de la salle de visite médiatisée ne sont pas anodins. « C’est dans cette salle que les enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance retrouvent leurs parents pour rétablir un lien de qualité, explique Lydie Bortolussi, référente ASE. L’idée était donc qu’ils se l’approprient, la personnalisent et soient fiers de pouvoir montrer leur œuvre à leur famille. »

Un projet était ambitieux : fédérer un groupe d’enfants qui ne se connaissaient pas, renforcer leur lien avec les travailleurs sociaux dans un cadre moins conventionnel, et les ouvrir à la culture et à l’art contemporain.

Marie-Sophie Granell, assistante administrative à la MDS, a pris contact avec le graffeur Julien Soone, du collectif toulousain 50Cinq, qui a tout de suite adhéré au projet : « La transmission, pour nous, c’est primordial », confirme l’artiste. Le projet était initialement destiné aux enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance, mais face aux désistements de dernière minute, l’équipe du Pont-Vieux s’est mobilisée. Les assistantes sociales ont proposé aux familles qu’elles suivaient de rejoindre les enfants de l’ASE pour réussir à créer un groupe de huit enfants, âgés de 10 à 13 ans.

Un projet en trois étapes

Pour apprendre aux enfants à se connaître, la première étape du projet fut un jeu de piste dans Toulouse. L’occasion aussi de les initier au patrimoine toulousain et à l’art ancien avant d’aller vers le graff. Brigitte Panont, assistante sociale en charge du projet, en garde un souvenir ému : « En découvrant des lieux où ils n’étaient jamais entrés, les enfants étaient bluffés. Ils avaient envie de revenir en famille, et ces visites les amenaient à se questionner sur ce qu’ils faisaient de leur temps libre ».

Lors d'une deuxième sortie, les enfants ont fait connaissance avec les graffeurs du Collectif 50Cinq, qui leur ont fait visiter les ateliers et les ont initiés aux techniques du graff. En partageant avec eux des parcours de vie parfois compliqués, les artistes ont ouvert aux enfants des perspectives inespérées. « Moi, plus tard, je veux faire une école d’Art », confie Lou, en regardant ses mains couvertes de peinture.

« Rudy, Timéo, Lou, Natacha, Fethawi, Noah, Islem, Qoussaï » : les noms des huit enfants ont été tagués sur une plaque qui sera affichée dans la salle. Aux côtés de 5 artistes, Julien Soone, Der, Snake, Apache et Supa, ils ont peint à la bombe sur le mur et parfois un peu sur leurs vêtements aussi. « Je suis trop fort », conclut Timéo, d'un regard fier qui l'excuse d’oublier un instant le sens du mot « collectif ». Natacha est plus discrète, mais elle a mis en danger son sweat blanc tout neuf pour participer. Quant à Rudy, une belle surprise l’attend : tout en bas du mur s’étale la phrase qu’il a proposé en pensant à sa grand-mère : « Être ensemble, car ce n’est pas éternel ».

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