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Collège d'Auterive : un établissement pilote pour la végétalisation et la mixité

Date de publication
Publié le 19 septembre 2022
Temps de lecture : 3 min
Miniature
Auterive, un collège pilote
© Bénédicte Solle
Légende

Auterive, un collège pilote

Chapeau

Le collège Antonin Perbosc à Auterive a été choisi, tout comme le collège Voltaire de Colomiers, pour une expérimentation financée par le Conseil départemental visant à réduire les îlots de chaleur, déperméabiliser les sols de la cour de récréation et favoriser la mixité. En bref, améliorer le bien-être des élèves… et celui du personnel de l’établissement.

Corps v2

La sonnerie, ou plutôt une chanson d’ABBA, retentit dans les haut-parleurs et les 842 élèves du collège Perbosc, à Auterive, se précipitent dans la cour. Le graal ? Les transats en bois installés pendant les vacances d’été. Une nouveauté parmi beaucoup d’autres, puisque la cour a été entièrement réaménagée. Une ombrière, comme son nom l’indique, protège les élèves du soleil (et de la pluie), un parcours sportif composé d’une structure métallique et de rondins de bois, des copeaux pour amortir les sauts et déperméabiliser les sols, des îlots prêts à accueillir plantes et petits arbustes, un mobilier épars pour créer des espaces de convivialité. « Le collège Perbosc, construit en 2014, est très blanc, explique Isabelle Asselin, chargée des Travaux neufs au Conseil départemental. La cour était entièrement bitumée pour faciliter la surveillance et l’entretien, mais elle devenait vite aveuglante. Les travaux engagés cet été ont réduit l’espace minéral de 30 % ». 

Collège d'Auterive
© Adrien Nowak
Collège d'Auterive

Auterive a donc bénéficié d’un programme expérimental de végétalisation financé à hauteur de 350 000 euros par le Département. Accompagnés par des experts paysagistes urbanistes de l’atelier Gama, le personnel du collège et une vingtaine de membres du Conseil de la vie collégienne ont réfléchi ensemble à ce nouvel aménagement. Les élèves de la section SEGPA, filière horticulture, sont aussi associés au projet puisqu’ils seront chargés de l’entretien des arbustes qui seront plantés dans les îlots pendant les vacances d’automne, ainsi que du verger. Impliquer les élèves, c’est aussi les responsabiliser pour qu’ils aident à faire respecter les plantations. « S’il y en a qui arrachent les plantes, on leur dira de ne pas le faire », assure Sayra, élève en classe Segpa qui travaille déjà dans les serres. Deux classes « mobiles », vont également accueillir les professeurs et les élèves qui souhaitent faire classe en extérieur. Après quelques semaines seulement, l’équipe éducative estime que le climat a changé, le temps du midi est plus apaisé, et les élèves sont heureux des propositions d’activité et des espaces ombragés. « C’est un projet pilote, avec Colomiers, le Conseil départemental fera un bilan pour savoir s’il va généraliser cette végétalisation des cours. Mais les premiers retours suite à ce réaménagement sont déjà très positifs », se réjouit le principal du collège Jérôme Pacheco.

À l’exemple des cours Oasis, l’expérimentation prend également en compte la problématique de la mixité, « que chacun trouve sa place », résume la CPE. Pour cela, les Conseillers de vie collégienne étaient chapeautés par Édith Maruéjouls, docteure en géographie du genre, et directrice du bureau d'étude LARObE. « Pour vous, c’est quoi être égal ?  Et être égal au collège ? » a-t-elle demandé aux élèves, avant de leur faire dessiner leur cour, positionner les groupes de garçons et de filles, et réfléchir aux activités qu’ils souhaitaient. De cette réflexion collective est née la structure métallique, où depuis la rentrée, filles et garçons jouent au cochon pendu et testent leurs biceps.

Pour favoriser la mixité, Édith Maruéjouls a aussi cassé l’ordre et la symétrie qui régnaient dans la cour. Plus rien n’est ordonné ou aligné, ni les bancs, ni les tables, ni surtout les îlots de fraîcheur. « L’idée a été d’offrir aux élèves des espaces différenciés, pour être au calme ou pour se dépenser, mais de proscrire toute trace au sol qui leur imposerait un jeu précis. Ne pas « prescrire », mais laisser libre cours à l’imagination » précise Isabelle Asselin.

« On peut se détendre, se mettre à l’ombre, c’est agréable de voir de l’herbe dans la cour. Et sur les transats, je parle avec des gens que je ne connaissais pas », Oscar. 

 

Végétalisation de la cour du collège d'Auterive
© Bénédicte Solle
Végétalisation de la cour du collège d'Auterive