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Le Conseil départemental à l’écoute des jeunes à Aurignac

Publié le 2 février 2023
Temps de lecture : 3 min
Groupe miroir Aurignac
© Lilian Cabazet
Groupe miroir Aurignac

Depuis 5 ans, le Département invite les jeunes à donner leur avis sur les dispositifs qui les concernent. Au sein du « Groupe Miroir », les 11-29 ans s’expriment et co-construisent les politiques départementales. Pour la première fois, le 14 janvier, un « Groupe Miroir » s’est tenu dans les territoires, à Aurignac : 21 jeunes, de 11 à 21 ans, ont réfléchi sur le thème des violences faites aux femmes. Un sujet difficile mais que les jeunes n’ont pas hésité à prendre à bras le corps.

En cinq ans, c’est la première fois qu'un Groupe miroir jeunes est organisé en dehors de Toulouse : « C’est important, argumente Sandrine Baylac, conseillère départementale du canton de Cazères, car on veut parler aux jeunes de tout le département ». Ce samedi à Aurignac, au premier étage du tiers-lieu La Cafetière, avec l'aide active de la Mairie et de Lounes Benyahya, le directeur de l’espace jeune, 21 jeunes de 11 à 21 ans ont répondu présents. Tous doivent réfléchir ensemble sur la thématique des violences faites aux femmes. Pour une fois, il y a plus de collégiens que de lycéens, d’étudiants ou de jeunes actifs. « Cette diversité apporte une grande complémentarité ».

Il est temps de faire connaissance : « Confiez à la personne à côté de vous votre passion et le super pouvoir que vous auriez aimé avoir… », propose Cathy Aline, animatrice du Groupe Miroir depuis trois ans. Jeux-vidéos, basket, chasse, invisibilité, télépathie… la glace est brisée. Anna Jarry, Chargée de mission à l'Observatoire départemental des Violences faites aux femmes en Haute-Garonne, les invite à définir plusieurs notions essentielles : violence, homicide, féminicide… « J’ai bien conscience de plomber l’ambiance », s’excuse-t-elle en souriant. Les jeunes sont pourtant très intéressés, et se transforment en super-citoyens engagés cherchant le meilleur moyen de prévenir les violences conjugales. Leur mission : créer un outil pour accompagner les auteurs de violence. « Cette thématique a été lancée en octobre avec le groupe de Toulouse, explique Cathy. Nous sommes venus présenter la démarche auprès des jeunes du Comminges afin qu’ils puissent participer à la réflexion collective. On ne leur a pas présenté les travaux de Toulouse afin qu’ils ne soient pas influencés et puissent être libres de proposer des idées. Armés de stylos et de post-it, la créativité des jeunes explose. « On pourrait créer une série de vidéos pour les réseaux sociaux », lance Anis, 12 ans. « Oui, et pourquoi pas aussi, une affiche », rebondit Stéphany, 16 ans.

Il est 16h, toutes les idées sont compilées et seront affinées au prochain rendez-vous. Après la collation, La Cafetière se vide. Myria, 11 ans, Loick 12 ans et Flora 19 ans sont venus en fratrie de Boussan : « On est venus par curiosité grâce à la MJC, c’était super d’échanger nos idées ». « On nous a mis à l’aise malgré le thème difficile », commente Kameron 14 ans.

Un bilan positif

À terme, les deux groupes, celui de Toulouse et celui du Comminges, devraient se retrouver pour échanger leurs idées. À Aurignac, tous sortent enrichis de cette journée, comme le constate Sandrine Baylac : « Nous nous sommes appuyés sur l’espace jeune de la ville d’Aurignac et donc sur le maillage et le réseau existant. C’était très intéressant et constructif, il y avait une autre dynamique que lors des groupes miroir à Toulouse… J’ai senti qu’il fallait encore leur prouver que oui, leurs idées permettent de contribuer à faire avancer les choses, que oui, les politiques publiques ça les regarde aussi. Ce qui prouve que nous devons continuer à organiser ces groupes miroirs sur les territoires même s'il est important qu’ils puissent aussi quitter leurs territoires pour voir ce qui se passe ailleurs ».