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Bifurcation écologique : les jeunes se mettent en action

Publié le 7 mai 2026
Temps de lecture : 4 min
© Aurélien Ferreira/CD31

Le 15 avril 2026, le Conseil départemental des jeunesses s'est réuni pour une séance de travail consacrée à la bifurcation écologique. Après avoir pris connaissance des résultats de l’enquête « Écologie, et toi tu en penses quoi ? », la quarantaine de participants, venus d’horizons très divers, ont réfléchi collectivement à des actions concrètes pour améliorer la sensibilisation, mobiliser les jeunes et lutter contre l’éco-anxiété.

Afin d’opérer des changements d’ampleur en faveur de la bifurcation écologique, le Conseil départemental a décidé d’impliquer étroitement les jeunes haut-garonnais. Il faut dire que leur génération est pleinement concernée par l’urgence climatique. Vagues de chaleurs, incendies de forêts, inondations, sécheresses : selon une étude internationale du magazine Science, les enfants nés en 2020 vivront 2 à 7 fois plus d’événements climatiques extrêmes qu’une personne née en 1960. Amorcée en novembre 2024 avec plusieurs réunions du Conseil départemental des jeunesses, la réflexion a connu un coup d’accélérateur en 2025, en parallèle de l’adoption par l’assemblée départementale de la feuille de route « Bifurcation écologique ». 

Entre février et mai 2025, la collectivité a, en effet, diffusé aux jeunes du territoire une grande enquête « Écologie, et toi tu en penses quoi ? », conçue avec les membres du Conseil départemental des jeunesses. Ce questionnaire, largement diffusé sur le site du Département, via les structures départementales (MDS, MDA, etc.), le réseau des partenaires et les ENT des collèges a permis de recueillir la parole des 11-29 ans sur tout le territoire. 744 d’entre eux, issus des villes, des quartiers ou des zones rurales, se sont exprimés sur leur vision de l’écologie, leurs aspirations et leur désir d’engagement. Pour eux, c’est un sujet central puisque 73% en font un sujet majeur et la majorité pense que l’écologie est une nécessité pour sauver la planète. Les deux tiers aimeraient d’ailleurs s’investir dans un projet collectif en faveur de l’écologie. 

Ressort positif

C’est dans le droit fil de cette enquête qu’était organisé à l’Hôtel du Département, ce 15 avril 2026, une séance du Conseil départemental des jeunesses. Son objectif ? Passer des constats aux actions concrètes. Durant la soirée, 44 jeunes participants ont pu débattre : des étudiants, des jeunes en service civique, des salariés d’associations comme Anima’fac, des membres d’associations telle que Ressourçons nous et Bas d’immeubles du Grand Mirail, des représentants du Conseil municipal des jeunes de Portet-sur-Garonne ou du club d’ados de Saint-Simon, etc.  

Divisés en quatre groupes, ces jeunes ont été invités à réagir pour proposer des actions concrètes. Comment améliorer la sensibilisation ? Comment mobiliser davantage leurs camarades ? Quelles solutions pour transformer l'éco-anxiété en ressort positif ? Qu'il s'agisse de tri sélectif, de protection de la faune ou de nouvelles mobilités, ces jeunes ont tous quelque chose à dire et partagent la même volonté d'influer sur les politiques publiques. 

À l’instar d’Amel, 15 ans, lycéenne originaire d’Aucamville et participante régulière du Conseil Départemental des Jeunes. Elle souligne que l'écologie est une priorité vitale pour sa génération et celles à venir. Sensible à la protection des océans et à la lutte contre la pollution plastique, elle attend donc des solutions concrètes pour que le département gagne en propreté. Sur le terrain, l'engagement est déjà une réalité pour beaucoup comme Léo, 11 ans, élève de 6ème et membre du Conseil municipal des jeunes de Portet-sur-Garonne. Il alerte sur la pollution numérique et notamment l'usage de l'intelligence artificielle qui consomme des ressources insoupçonnées, comme l'eau. D’ailleurs, au sein de son CMJ, des actions sont menées pour préserver les bords de Garonne et lutter contre les dépôts sauvages.

Diffusion de la parole scientifique

Tous se rejoignent sur le besoin impérieux de sensibiliser les jeunes dès que possible sur l’ensemble des questions et pas que le tri, notamment à l’école, avec des ateliers pratiques pour réparer son téléphone avant de le jeter par exemple. Ils plaident aussi pour que soit facilitée la diffusion de la parole scientifique en milieu scolaire. Pour eux, les jeunes peuvent aussi être de puissants leviers pour impulser le changement, en entraînant les générations précédentes, sans s’opposer. « L’engagement écologique devrait être récompensé à l’école », propose Louise, 21 ans, en service civique.  « Les efforts ne doivent pas reposer uniquement sur les individus, il faut que les grandes entreprises s’y mettent. », poursuit Lauryn, 27 ans, salariée d’Animafac. « Et pourquoi pas créer, un crédit impôt écologie, comme le crédit d’impôt recherche ? », suggère Tom, 28 ans, originaire d’Avignonet-Lauragais.  La création d’un journal positif sur l’écologie (en papier recyclé bien sûr) est même évoquée !

Dans les prochaines semaines, les propositions faites lors de cette séance par les jeunes vont être étudiées attentivement par les équipes du Département, avant d’être partagées avec tous les acteurs susceptibles de favoriser leur mise en œuvre notamment les associations du champ de l’écologie et de l’ESS ainsi que les partenaires jeunesses. En résumé, faire en sorte que ces idées ne restent pas sur le papier, mais prennent vie sur tout le territoire haut-garonnais !