PRÈS DE CHEZ VOUS

Saint-Jory : quand la République s'incarne sous l'objectif des collégiens

Publié le 5 juin 2026
Temps de lecture : 3 min
© Adrien Nowak/CD31
Anaëlle, Inès et Acil ont participé au PLC en classe de 3e à Saint-Jory

Dans le cadre du Parcours laïque et citoyen, piloté par le Conseil départemental, 24 élèves de 3e du collège Simone Veil à Saint-Jory se sont approprié les valeurs et symboles de la République pour livrer une exposition de onze œuvres. Ce projet photographique sera présenté à la mairie de Saint-Jory du 8 au 12 juin 2026.

Une Marianne au regard déterminé sur fond noir, des mains entrelacées aux couleurs tricolores ou une scène d'entraide entre deux élèves : ces photographies A0 figurent désormais en bonne place dans le hall d’entrée du collège Simone Veil. Ce projet a mobilisé la classe de 3e 4 du collège de Saint-Jory durant l'année scolaire 2024-2025. Sous l'impulsion de leurs enseignantes d’histoire géographie et d’arts plastiques, Marie-Anne Remars et Stéphanie Pech, les collégiens ont troqué leurs manuels pour des appareils photo, accompagnés par la photographe professionnelle Danièle Boucon de l'association Voyager en images.

Marie-Anne Remars, professeure d'histoire-géographie explique : « Pour nous, il s'agissait d’enseigner différemment les valeurs de la République, parfois un peu abstraites, aux élèves ». Leur professeure d’arts plastiques Stéphanie Pech complète : « nous voulions qu’ils puissent réfléchir au sens qu'ils donnent à ces concepts en partant de leur propre vie de collégiens ». « Les symboles de la République ne sont pas toujours simples à appréhender pour des jeunes sans un support visuel fort », résume Danièle Boucon.

De Delacroix à Mohamed Borouissa

À l’automne, le processus créatif a débuté par une phase de préparation en classe. De son côté, Danièle Boucon a fait des recherches de photographes et d’œuvres pouvant être reliées aux symboles de la République telles que « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix, mais aussi des créations contemporaines des photographes tels que Mohamed Bourouissa ou Carla van de Puttelaar, pour le portrait de Marianne par exemple. Ces références ont servi d’inspiration pour leurs propres mises en scène, certaines créées de toutes pièces, d’autres des réinterprétations d’œuvres existantes. 

Le passage à la pratique, devant et derrière l’objectif, a permis aux élèves, aiguillés par Danièle Boucon, de s'approprier les techniques de la photographie professionnelle, du cadrage à la gestion de la lumière, etc. Inès, qui a prêté ses traits à une Marianne moderne, se souvient du travail sur le fond noir destiné à faire ressortir le sujet, un hommage direct aux clairs-obscurs des peintres flamands. De son côté, Acil a travaillé sur une scène d'entraide entre ses camarades Gabriel et Lucas inspirée d'un double hommage à Bourouissa et Vermeer. Elle explique que son groupe voulait mettre en valeur la cohésion entre citoyens français et personnes d'origine étrangère, intégrant même par montage numérique un drapeau tunisien pour souligner cette fraternité universelle sur un autre cliché. Anaëlle montre son travail autour des mains, chacune peinte dans une des couleurs du drapeau français : bleu, blanc et rouge.

Cohésion dans la classe

Au-delà de l'esthétique, l'exposition aborde des sujets de société sensibles. Certains groupes ont choisi de dénoncer le non-respect des valeurs républicaines à travers des mises en scène sur les violences faites aux femmes ou l'intolérance. Cette liberté d'expression témoigne de la maturité des élèves face aux enjeux de la laïcité et de la citoyenneté. « On a beaucoup aimé faire ensemble. Cela a permis une vraie cohésion dans la classe, c’était concret, constructif, et une meilleure façon d’apprendre », concluent les jeunes filles, fières du travail accompli qui donne une autre image du collège et a suscité l’admiration de leurs camarades. Même satisfaction du côté des enseignantes : « les élèves, y compris ceux en difficulté, se sont investis et ont pu se révéler. Ils ont pris le projet à bras le corps, être autonome. C’est valorisant pour eux !»

Le projet, composé de onze clichés finaux, sera visible à la Mairie de Saint-Jory du 8 au 12 juin 2026 avec un vernissage le 8 juin à 18 heures. À cette occasion, les collégiennes, aujourd’hui au lycée, montreront leurs œuvres aux CM2 et futurs sixièmes du collège Simon Veil. Un beau passage de témoin !