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Avec « Socrate », le street art entre au Musée de la Résistance & de la Déportation

Publié le 7 mai 2026
Temps de lecture : 3 min
© Aurélien Ferreira/CD31

L’œuvre monumentale « Socrate »  a été inaugurée le 31 mars 2026 en présence d’Anne Boyer, vice-présidente du Conseil départemental, en charge de la Culture. Allégorie d’un sabotage et hommage aux maquisards, cette « toile-fresque » créée par le street artiste Imer1992, installé à Toulouse, fait désormais partie de la collection permanente du MDR&D. Ce pont saisissant entre l’art urbain contemporain et le devoir de mémoire, est à découvrir à Toulouse.

L’histoire de « Socrate » est d’abord celle d’une rencontre. Entre un lieu de mémoire et la spontanéité du graffiti. Née d’une performance réalisée en direct lors de la Nuit des Musées en 2023, l’œuvre a été acquise par le Département en 2024 avant d’être achevée pour les Journées du Patrimoine 2025.

Le visiteur remarquera d’abord un relief singulier : l’artiste, n’ayant que trois heures pour peindre lors de la performance initiale, avait préparé une toile centrale en atelier qu’il a ensuite prolongée directement sur les murs du musée. Cette technique hybride donne à la fresque de 3 mètres de haut une profondeur unique.

Un héritage familial et historique

Sur un fond bleu-vert, un train déraille. Le mot « Socrate », tracé dans une police inspirée du graffiti moderne, s’affiche sur le flanc du wagon qui vacille. Pour Imer1992, le choix du sujet est viscéral : « Il y a un lien fort avec mes ancêtres qui étaient souvent sur les bords de voies ferrées. Moi, j'y allais pour peindre, eux pour faire sauter des rails. Il y a une corrélation entre l'acte de résister et celui de peindre sur les murs. »

Le nom de l'œuvre n’est, en effet, pas le fruit du hasard. Il fait écho au maquis « Socrate», fondé par l'arrière-grand-oncle de l'artiste, Georges Leyton, dans le Morvan, et auquel appartenait aussi son arrière-grand-père. Ce haut-lieu de la Résistance, qui a accueilli près de 800 maquisards, est au cœur de l'œuvre d'Imer1992, qui s’est inspiré tout autant de son histoire familiale, entre les Cévennes et le Morvan, que des objets et documents conservés au MDR&D.

Courage, refus et dignité

Sollicité par l'association Sozinho, localisée dans le quartier Negreneys et dont l’objectif est de démocratiser l’accès à la culture et qui l’a mis en contact avec le musée, l’artiste a su transformer ses récits familiaux en une œuvre qui dialogue avec les œuvres présentes au musée d’Emmanuel Bornstein, Thomas Gleb et Reine Benzequen.

Pour Anne Boyer, l'installation de cette œuvre souligne la mission de transmission du Conseil départemental et du MDR&D :

«  La mémoire n'est pas figée, elle nous oblige. Elle nous parle du courage, du refus, de la dignité. Elle nous rappelle que la liberté n'est jamais acquise, qu'elle se défend, qu'elle se construit. L’œuvre Socrate participe de cette exigence. Je veux dire ici combien cette démarche est précieuse. Dans un monde traversé par les doutes, les replis et parfois les menaces contre nos principes fondamentaux, nous avons plus que jamais besoin d'artistes comme Imer. »

En marge de l’installation, Imer1992 a animé des ateliers d’initiation au graffiti et collage pour le public et les étudiants (en partenariat avec La Fabrique de l’Université Toulouse – Jean Jaurès).

Socrate s’inscrit pleinement dans les missions du musée, de transmission de l’histoire de la Résistance et de la Déportation, en tant qu’espace d'engagement, de vigilance et de transmission, et faire vivre la mémoire de celles et ceux qui ont combattu pour la liberté.