Sylvain Houles, entre terre et treize

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Publié le 16 février 2022
Temps de lecture : 3 min
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Sylvain Houles
© Aurélien Ferreira
Chapeau

Sylvain Houles, entraineur du Toulouse Olympique XIII, a amené l'équipe de rugby en Super League. À l'entame de la nouvelle saison, portrait.

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Chaque matin, son réveil sonne à 5 h 30 : c’est l’heure de la traite de ses 250 brebis. Un rituel immuable pour lui, qui y voit un moment idéal pour méditer, mais qui reste peu banal pour un sportif professionnel ! On le comprendra vite, Sylvain Houlès n’est pas du genre à se laisser enfermer dans une case. “Mon frère et moi avons acheté cette ferme dans le Tarn, non loin de celle de nos parents, en 2007, soit quelques années avant la fin de ma carrière de joueur. Elle devait être ma reconversion !”, précise l’entraîneur du Toulouse Olympique XIII. Sans lui faire abandonner totalement ce rêve de gosse, un coup de fil de Gilles Dumas, alors coach principal du club de rugby à treize toulousain, change en partie la donne. “En 2013, il m’a demandé de devenir son adjoint. Je n’ai pas hésité.

Après l’exploit, un nouveau défi

Bien lui en a pris. Reprenant les rênes de l’équipe quatre mois plus tard, le joueur retraité, devenu à 33 ans l’un des plus jeunes entraîneurs, va lui faire grimper les échelons un à un : championnat de France, coupe de France, League One, Championship… jusqu’à décrocher la précieuse qualification pour la Super League en octobre dernier, à l’issue d’une saison sans défaite. L’exploit est énorme – c’est la première fois qu’une équipe française se qualifie sportivement à la Super League – et fait sortir le TO XIII de l’ombre de son imposant cousin, le Stade Toulousain. Mais Sylvain Houlès garde la tête froide. “On est très excités, c’est vrai. On y est enfin ! Mais le prochain challenge va être de s’y maintenir. À un si haut niveau, il y a de gros volumes de jeu à encaisser, il faut avoir la force physique et mentale, et réfléchir sans cesse pour pouvoir saisir les moindres occasions.” Pour ses premiers pas dans le championnat d’élite du rugby à XIII, le TO se frottera aux Huddersfield Giants, club anglais au sein duquel Sylvain Houlès avait lui-même découvert la Super League en tant que joueur. “J’avais 18 ans, se rappelle-t-il. Je n’étais pas titulaire et devais donc me battre sans arrêt pour avoir du temps de jeu !

" Notre prochain challenge : le maintien en Super League.

Priorité à l’humain

Après plusieurs années dans différents clubs en Angleterre, l’appel de sa terre natale a été plus fort, le poussant à rentrer en France et à rejoindre le TO XIII, d’abord en tant que joueur, puis qu’entraîneur donc. Avec lui, un vent nouveau souffle sur le club. “Il a instauré un management participatif très apprécié par les joueurs, indique Cédric Garcia, directeur administratif du Toulouse Olympique. Il est à leur écoute, prend en compte leur avis mais sait aussi trancher, faisant toujours la part des choses entre l’amitié qu’il a pour eux et son rôle de coach.” Son modèle ? L’Australien Trent Robinson, ancien entraîneur du TO XIII. “J’ai adoré jouer pour lui, j’avais envie de tout donner !”, se remémore Sylvain Houles. Une relation humaine forte dont il se sert aujourd’hui avec ses joueurs, mettant un point d’honneur à connaître les prénoms de leurs épouses, de leurs enfants, et à prendre des nouvelles au lendemain d’une blessure ou au moindre coup dur. “Je n’étais pourtant pas un grand bavard à la base, s’amuse-t-il. Ma femme me dit souvent que je n’ai pas trois, mais 26 enfants ! Heureusement, je peux compter totalement sur son soutien, celui de mes parents et de mon frère. Sans eux, je ne pourrais pas mener cette vie…

Ce portrait a été initialement publié dans le numéro de janvier-février 2022 de Haute-Garonne Magazine. Le premier match du TO XIII en Super League a eu lieu au stade Ernest-Wallon le 12 février contre Huddersfield. Les Haut-Garonnais se sont finalement inclinés 14-42. Lire le compte-rendu.