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Lancement de l'Observatoire départemental des violences faites aux femmes de la Haute-Garonne

Date de publication
Publié le 14 décembre 2021
Temps de lecture : 8 min
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Lancement de l'observatoire de la violence faite aux femmes le 13 décembre 2021
© Aurélien Ferreira
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Lancement de l'observatoire de la violence faite aux femmes le 13 décembre 2021

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Le Conseil départemental et la Préfecture ont lancé le 13 décembre 2021 l'observatoire départementale des violences faites aux femmes de la Haute-Garonne à l'occasion de la première Journée interprofessionnelle contre les violences faites aux femmes.

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Le lundi 13 décembre 2021, Étienne Guyot, Préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute Garonne et Georges Méric, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, ont lancé la création de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes de la Haute-Garonne, à l’occasion de la première journée interprofessionnelle annuelle réunissant les acteurs de ce projet.

Ce lancement s’est fait sous l’égide d’Ernestine Ronai, Grand témoin de cette instance, responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes de la Seine-Saint-Denis, co-présidente de la commission Violences de genre du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes.

L’égalité entre les femmes et les hommes a été décrétée « Grande cause du quinquennat » par le président de la République. Or, les violences faites aux femmes constituent les conséquences les plus dramatiques du continuum des inégalités entre les femmes et les hommes. Elles alimentent, d’une part, le sentiment de domination chez les auteurs et, d’autre part, le sentiment de peur et de perte de confiance en soi chez leurs victimes. La lutte contre les violences faites aux femmes constitue donc l’un des piliers de cette Grande cause, sans lequel l’égalité ne deviendrait jamais une réalité concrète. En effet, en France, les études évaluent à 213 000 le nombre de femmes, âgées de 18 à 75 ans, victimes de violences conjugales dans leurs formes les plus graves (violences physiques ou sexuelles) de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Selon l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple, menée par le ministère de l’Intérieur au titre de l’année 2020, deux femmes sont tuées chaque semaine. Ces chiffres appellent à une mobilisation toujours plus forte de l’ensemble des acteurs et actrices concernés. C’est pourquoi, aujourd’hui avec le Département de la Haute-Garonne, nous créons l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes. Parce que nous devons nous unir pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes !

Étienne Guyot
Préfet de la région Occitanie,
Préfet de la Haute-Garonne

Les violences faites aux femmes demeurent une cause majeure dans notre pays contre lequel il est indispensable d’unir nos forces pour gagner en effi cacité et faire reculer ce fl éau qui continue de tuer plus de 100 femmes par an en France. Aujourd’hui, au 21e siècle, rien ne peut justifi er que des femmes ou des jeunes fi lles soient victimes de violences dans le cadre familial ou professionnel, d’agressions sexuelles ou de viols. Cela ne doit plus être un tabou au sein de notre société. Depuis 2015, le Conseil départemental fait de la prévention et de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité. Au quotidien, les services du Département sont au cœur des missions d’accueil, d’évaluation et d’accompagnement des victimes et leurs enfants. En 2020, nous avons voté un plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes qui prévoit 55 actions concrètes. Aujourd’hui nous voulons aller plus loin en créant l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes, en co-pilotage avec les services de l’État, qui permettra de mieux coordonner l’action des acteurs en Haute-Garonne. Ensemble, nous serons plus fort !

Georges Méric,
Président du Conseil départemental de la Haute-Garonne

Cette première journée de réflexion a été consacrée aux parcours de sortie des violences, abordant les thèmes de l’accompagnement des victimes, d’engagement des services de police et de gendarmerie, des dispositifs de protection judiciaire, de la mobilisation des acteurs de la santé ou encore de la prise en charge des auteurs.

Des ateliers interprofessionnels et thématiques autour du parcours de la victime se sont déroulés autour du secret professionnel et les conditions du secret partagé, des enfants co-victimes, des cyberviolences, de l’accompagnement des femmes victimes en zone rurale et périurbaine ou encore de la prévention et du dépistage des premières violences chez les 15-25 ans.

Cette nouvelle instance permettra de mettre en synergie, pour la première fois en Haute-Garonne, l’ensemble des acteurs locaux de la lutte contre les violences faites aux femmes : les services de l’État, de la justice, de la police et gendarmerie, les acteurs de la santé, de l’hébergement, du logement ainsi que les associations expertes, qui bénéficient déjà d’un soutien financier du Département.

L’Observatoire départemental des violences faites aux femmes de la Haute-Garonne aura pour objectif d’amplifier la prévention et d’améliorer le parcours de sortie des violences des victimes.

Sa stratégie :

  • Développer et partager la connaissance sur les violences faites aux femmes, pour révéler l’ampleur du phénomène et aider à la décision publique (publication annuelle de données partagées, conduite d’études, repérage des ressources et besoins spécifiques dans les territoires de la Haute-Garonne).
  • Expérimenter et soutenir le développement de dispositifs de protection, avec notamment la prise en charge des victimes et de leurs enfants, des parcours de sortie des violences ou encore l’accompagnement du conjoint violent.
  • Renforcer la professionnalisation et la sensibilisation des acteurs et du grand public par la création d’une culture commune : formations à destination des professionnels départementaux, d’autres institutions (police, gendarmerie, hôpitaux, etc.) et des bénévoles, lancement de campagnes de communication, articulation avec le volet « Lutte contre le sexisme » du Parcours Laïque et Citoyen dans les collèges, etc.

Pour mener à bien les missions de l’Observatoire départemental, un comité de pilotage interinstitutionnel comprenant l’ensemble des partenaires (Préfecture, Département, professionnels, associations) se réunira tout au long de l’année pour assurer une veille sur les cas relevés et mettre au point les actions à mener.

L'Observatoire publiera chaque année les données sur la Haute-Garonne et l’évaluation des actions en cours. Une journée professionnelle annuelle sera organisée à l’occasion de la Journée internationale de l’élimination des violences faites au femmes le 25 novembre.

3 500 femmes victimes de violences sont actuellement suivies dans les Maisons des solidarités du département

Au quotidien, les services du Conseil départemental sont au cœur des missions d’accueil, d’évaluation et d’accompagnement des victimes et leurs enfants avec les Maisons des solidarités (MDS), la Maison des Adolescents (MDA), la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes et le Centre départemental de Planification et d’Education Familiale (CDPEF).

Dès 2015 : Le Conseil départemental a participé à l’expérimentation du dispositif de Téléprotection Grave Danger (TGD), ou « téléphone » grave danger, généralisé depuis. Il consiste à assurer l’effectivité de la protection des personnes particulièrement vulnérables et en grave danger, victimes de viol ou de violences conjugales et repose sur la mise à disposition d’un téléphone portable disposant d’une touche pré-programmée et dédiée, permettant au bénéficiaire de joindre, en cas de danger, une plateforme d’assistance accessible 7j/7, 24h sur 24.

Le Département a adopté en juin 2019 un plan départemental pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes. Dans le cadre du plan départemental d’insertion,  cinq associations (APIAF, Olympe de Gouges, Du côté des femmes, Femmes de papier et CIDFF) sont par ailleurs soutenues par le Département pour leurs actions d’accueil, d’information et d’accès aux droits des femmes.

Aujourd'hui, pour mieux accompagner les femmes victimes de violence, protéger les enfants et éviter les récidives, plusieurs orientations stratégiques s'ajoutent à l'action départementale :

  • Créer des lieux d’accueil d'hébergement dédiés, pour lesquels les femmes victimes de violences avec enfants de moins de 3 ans seront prioritaires, car l'accueil et la mise à l'abri des femmes victimes de violences est le premier acte essentiel pour assurer leur protection.
  • Améliorer la protection et la prise en charge des enfants témoins et co-victimes : parce que les violences faites aux femmes relèvent aussi de la sphère de la parentalité lorsque les femmes victimes ont des enfants à charge qui sont témoins et/ou victimes eux-mêmes de violences.
  • Optimiser l’accompagnement des partenaires associatifs et de justice pour une meilleure coordination et un maillage plus efficace sur les territoires.
  • Éviter les risques de récidive par l'accompagnement des auteurs de violence, en soutenant les structures spécialisées sur le territoire.
  • Accentuer la professionnalisation des missions départementales d’accueil, d’orientation et d’accompagnement, par un développement des actions de sensibilisation et des outils de repérage, pour la prévention

Le 28 janvier 2020, suite aux conclusions du Grenelle des violences conjugales, le Conseil départemental a adopté un plan d’action de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes autour de 5 grands axes. L'objectif ? Améliorer l’accompagnement des femmes victimes de violences, la protection des enfants et la prévention de la récidive, mais également de renforcer les partenariats avec les services de l’État, la justice ou les associations spécialisées.

1)  Renforcement de l’accompagnement des partenaires associatifs et de justice.

Les actions de nos partenaires sont un levier fondamental dans l’accompagnement des femmes victimes de violence. Notre soutien financier total en 2020 s’élevait à plus de 350 000 euros (en augmentation de 12% par rapport à 2019), et 23 250€ supplémentaires ont été octroyés dans le cadre du Fonds exceptionnel de soutien au monde associatif mis en place durant la crise Covid.

2) Professionnalisation accrue des missions départementales d’accueil, d’orientation et d’accompagnement des femmes victimes de violences

Action de formation professionnelle : soutien à la parentalité, actualité juridique, psycho-trauma…

3)  Création d’accueils dédiés pour la mise à l’abri des mères et jeunes enfants victimes de violences


En mars 2021 ouverture du centre départemental d’accueil Mères Enfants qui accueille des mères en situation d’isolement, de vulnérabilité ou victimes de violences conjugales. Cette structure est gérée par l’association Le May et comprend 27 studios pouvant accueillir 60 personnes.
L’accueil et la mise à l’abri est le premier acte essentiel pour assurer la protection des victimes.

4)  Meilleure prise en charge des enfants témoins et co-victimes


La prise en charge des enfants co-victimes par les acteurs et actrices de la lutte contre les violences fait dorénavant partie intégrante de leur accompagnement. Notre collectivité y participe pleinement dans le cadre de ses missions de protection de l’enfance.

5)    Soutien aux structures d’accompagnement des auteurs pour prévenir les récidives

La protection des victimes passe aussi par la prévention de la récidive, qui elle-même passe par la prise en charge psycho-sociale des auteurs en plus de leur suivi judiciaire. Le Conseil départemental s’associe aux acteurs associatifs dans cette démarche.

Sur l’ensemble de l’année 2020, le Département a consacré 6,8 millions d’euros à la prévention et à la lutte contre les violences faites aux femmes.

La crise sanitaire a nécessité une adaptation des modalités d’action de l’ensemble des acteurs et actrices pour répondre au défi des violences intrafamiliales. L’engagement du Département s’est maintenu autour des nouveaux projets à conduire.