Au centre d’accueil mère-enfant, des familles se reconstruisent Publié le
Date de publication
12 juillet 2021

résidente CDAME
Les familles reçoivent ici toute l'aide dont elles ont besoin pour retrouver leur autonomie et construire un nouveau projet de vie. (Crédits : Adrien Nowak)
Chapeau

Depuis mars, des mères en situation d’isolement, de vulnérabilité ou victimes de violences conjugales sont accueillies dans le nouveau centre d’accueil mère-enfant du Département. Un havre de paix temporaire mais salutaire.

Corps

« Mon objectif maintenant, c’est d’avoir enfin une vie stable, pour moi et mes filles. » S’asseyant près de la table couverte des miettes du petit-déjeuner de sa fille aînée, qu’elle vient de déposer à la crèche, Mona*,  33 ans jette un coup d’œil vers la chambre, où dort paisiblement sa cadette, âgée d’un an. Cette famille monoparentale s’est installée il y a quelques semaines dans un appartement du nouveau centre d’accueil mère-enfant créé et financé par le Conseil départemental. L’établissement, géré en lien avec l’association du Foyer de May, accueille depuis son ouverture en mars des femmes enceintes ou des mères avec enfants de moins de trois ans en situation d’isolement, de vulnérabilité ou victimes de violences,. 

« Je me suis mariée en 2017 en Tunisie et je suis arrivée en France peu après, pour suivre mon mari qui y vivait déjà. Nos relations se sont dégradées petit à petit… » confie Mona. Ne supportant plus les « violences psychologiques », la jeune femme a décidé de quitter son compagnon, alors qu’elle était enceinte de leur deuxième enfant. « J’ai changé d’hôtels plusieurs fois avant d’être orientée ici, où je trouve aujourd’hui toute l’aide dont j’ai besoin, mais aussi des conseils, des encouragements… Je peux à nouveau me projeter, penser à l’avenir. »

Co-construire un projet personnalisé

A l’instar des autres résidentes, Mona est soutenue et accompagnée par l’équipe pluridisciplinaire de l’association du May, composée d’une cheffe de service, d’une assistante sociale, d’un éducateur spécialisé, de deux techniciennes en intervention sociale et familiale et d’une puéricultrice. La conjonction de ces différentes compétences permet une évaluation globale et efficace de chaque situation. Un atout précieux ici pour cette structure d’urgence. « La durée du séjour est limitée à trois mois, renouvelable une fois, explique Valentin, éducateur spécialisé. Sans être trop intrusif, il est essentiel de gagner rapidement leur confiance pour pouvoir les aider à trouver des solutions car d’autres familles sont en attente. » Malgré l’urgence, pas question toutefois de parachuter les résidentes n’importe où : « Durant cette période, nous mettons tout en œuvre afin de trouver pour chaque famille l’orientation la plus adéquate, co-construire avec elles un projet personnalisé », insiste Marianne, la cheffe de service.

Salle commune CDAME
(Crédits : Adrien Nowak)

Valoriser des compétences parfois ignorées

Aide et conseils sur la parentalité, le logement, la santé, l’accès aux droits, la diététique… L’équipe se plie en quatre pour permettre aux familles de (re)trouver leur autonomie et se projeter dans un avenir plus lumineux. Pour les mamans hébergées, c’est souvent une parenthèse bienvenue dans un parcours chaotique. « Certaines de ces femmes vivent dans une angoisse permanente, il est important de leur permettre de vivre autre chose, de sortir du quotidien, de prendre du temps pour elles et aussi de leur redonner confiance, en valorisant leurs compétences, qu’elles ignorent parfois », souligne Sylvie, directrice du pôle Enfance Famille de l’association. 

Si les circonstances sanitaires ne le permettent pas encore, différents ateliers seront proposés dès que possible dans la salle commune pour permettre aux résidentes de partager leurs expériences et leurs compétences. De quoi renforcer les liens qui naissent spontanément entre elles, à chaque palier du centre d’accueil. « Mes voisines sont comme mes sœurs, confie Hastie, 27 ans, enceinte de son premier enfant. Elles me proposent de me faire à manger, d’aller marcher… j’ai retrouvé une famille ici. »

 

Ce centre départemental d’accueil mères enfants de 27 logements, qui représente pour la collectivité un budget annuel de 473 500 euros, vient en complément des dispositifs existants Interlude qui représente 40 logements de solutions intermédiaires locatives, et Colibri, qui propose 11 appartements en hébergement d’urgence.

Un appartement du CDAME
(Crédits : Adrien Nowak)