PORTRAIT

Thibaut Vargas (se) donne des ailes Publié le
Date de publication
11 juin 2021

Thibaut Vargas en vol
Thibaut Vargas aime la "bonne mentalité" qui règne dans le milieu parapentiste. (Crédits : Lilian Cazabet)
Chapeau

Installé à Montréjeau, cet ancien rugbyman passionné de parapente depuis l'adolescence et ambassadeur sportif de la Haute-Garonne fait aujourd’hui partie des meilleurs parapentistes français. Il pourrait bien disputer cet été la Super finale de coupe du monde, le « Graal » de la discipline.

Corps

« En vol, c’est la liberté totale, on vit des moments magiques ! », confie Thibaut Vargas. Du haut de la colline qui surplombe Gensac-sur-Garonne, les deux pieds toujours sur terre mais la tête déjà dans les nuages, il guète le coup de vent opportun pour gonfler sa voile et prendre son envol. Il scrute les oiseaux, eux-mêmes en quête d’un courant ascendant, puis s’élance. Après bientôt 20 ans et des milliers d’heures de pratique, la joie de décoller du plancher des vaches est restée intacte chez cet affable trentenaire, ingénieur mécanicien de profession.

« Mon père s’y est mis quand j’avais 12 ans (deux ans de moins que l’âge légal pour voler, ndlr) et cela m’a donné envie d’essayer, explique-t-il une fois revenu de son paisible ballet aérien. Mon premier vol en tandem avec un moniteur professionnel a été extraordinaire ! » Après un an d’apprentissage au sol, il obtient une dérogation pour faire son premier vol à 13 ans puis remporte son premier critérium 3 ans plus tard. Mais à l’époque, c’est encore le rugby qui occupe l’essentiel de son temps libre. Une rupture des ligaments croisés en 2011 suivie de plusieurs blessures ont changé la donne. « Je n’avais pas envie de finir tout cassé à 40 ans ! » lance-t-il en riant.

Un challenge envers soi-même

Sans rancune, il lâche définitivement le ballon ovale pour la toile de parapente en 2015 et passe le monitorat fédéral pour pouvoir enseigner bénévolement. A ce moment-là, il fait la connaissance des entraîneurs de l’équipe régionale qui détectent rapidement son potentiel. « C’est ce qui s’appelle rencontrer les bonnes personnes au bon moment ! », s’amuse-t-il. Débutent alors les compétitions en France et à l’international : l’Inde en 2019, puis l’Argentine et enfin le Brésil, où il finit 23e au classement général, décrochant par la même occasion son billet pour la super finale de coupe du monde de parapente 2020. « C’est l’Everest, le Graal du parapentiste ! », précise-t-il. 

Mais pandémie oblige, la compétition a dû être reportée à 2021, permettant à de nouveaux parapentistes de se qualifier entre temps. « Aujourd’hui, je suis sur liste d’attente pour y participer », dit-il, sans amertume. Une attitude positive, à l’image de sa propre perception de la discipline.

« Ce que j’aime dans ce sport, au-delà de son aspect très stratégique, c’est qu’il y a une bonne mentalité. On s’entend tous très bien, car le but n’est pas d’écraser les autres mais simplement de faire sa meilleure performance. Le challenge est envers soi-même. »