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Le Musée archéologique départemental

Musée archéologique départemental
Le Musée archéologique départemental de Saint-Bertrand-de-Comminges a été créé en 1985. (Crédits : DR)
Chapeau

Établissement de conservation lié au site de Lugdunum, l’antique chef-lieu de la cité des Convènes, le Musée archéologique départemental de Saint-Bertrand-de-Comminges a été créé en 1985. Parallèlement à ses missions d’étude et de conservation, l’équipe accueille les chercheurs, professionnels ou amateurs d’archéologie et propose un programme d’expositions temporaires.

Corps

Le musée est dépositaire des objets issus des fouilles effectuées entre 1920 et 1969, auxquels s’ajoutent désormais les objets provenant des fouilles récentes, réalisées entre 1985 et 2005.  Alliant impératifs scientifiques de la conservation avec des préoccupations d’ordre muséographique et pédagogique, le Musée archéologique départemental prête régulièrement des œuvres, tant en France qu’à l’étranger.

La collection

Riches de plus de 15 000 pièces archéologiques, les collections du Musée départemental nous renseignent sur les grandes étapes du développement et de l’évolution de la ville romaine et de son territoire. Fragments de statues colossales, empereur cuirassé, portraits privés, monument triomphal, blocs d’architecture, inscriptions, sculptures funéraires ou religieuses, céramiques et monnaies, l'intérêt de la collection Convènes tient autant à la qualité des œuvres conservées qu'à leur diversité. 

Parmi les œuvres marquantes, on retiendra le trophée augustéen, un exceptionnel ensemble de sculptures en marbre découvert en 1926 et la riche collection d’autels votifs, qui, outre sa réelle valeur artistique, est une source essentielle pour l’histoire religieuse et sociale de la région durant l’Antiquité. Depuis 2013, un cycle estival de conférences archéologiques accompagne également les expositions.

Buste d'Agrippine la jeune
(Crédits : K. Schenck-David. Musée archéologique départemental)

Les fragments de cette tête colossale en marbre ont été trouvés en 1930 au cours des fouilles du forum nouum dans le portique méridional. Bien qu’aucune position stratigraphique précise n’ait été enregistrée lors de la fouille, il est fort probable que ces fragments gisaient là – avec d’autres morceaux sculptés qui appartenaient pour le moins à deux autres statues colossales –, destinés, sans doute comme le trophée, à être brûlés et transformés en chaux.

Si les avis au sujet de l’identification de cette tête restent partagés, le plus couramment admis est celui de Frédérick Poulsen, spécialiste de l’art du portrait, qui y voyait un portrait d’Agrippine la Jeune, sœur de Caligula, mère de Néron,  quatrième épouse de l’empereur Claude et descendante directe de l’empereur Auguste. A la suite de Fr. Poulsen, Peter Zanker en fit une variante « provinciale » d’un type III dit d’Ancône, bien que la coiffure ne comportât ni les longues mèches parotides ni la première rangée de boucles qui longe chaque oreille, que l’on retrouve sur ce type italien.

Malgré les lacunes qui altèrent cet exceptionnel portrait on reconnaît le visage large et plein, le menton rond et saillant de l’impératrice. Le visage est encadré par quatre rangs de boucles et un bandeau bouclé, roulé derrière les oreilles, qui était probablement noué en catogan sur la nuque. Les trous qui percent les lobes des oreilles étaient destinés à recevoir des pendants.

Que l’arrière de la tête n’ait été que grossièrement piqué et soit plan laisse penser que cette statue colossale, haute sans doute de plus de trois mètres, était adossée à un mur. Il est fort possible qu’il s’agissait d’une statue acrolithe, dont seules les parties apparentes du corps étaient en marbre.

Ce portrait date sans doute des années 50-58, période durant laquelle Agrippine fut impératrice.

 

Agenda du Musée archéologique départemental

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L’accès au Musée

Les locaux d’étude et de conservation du Musée archéologique départemental (120 m2 dont un atelier-laboratoire), sont situés à Saint-Bertrand-de-Comminges, en ville haute, dans le bâtiment dit de l’« ancienne Gendarmerie », rénovée entre 2000 et 2004.

Le premier étage du bâtiment est occupé par les bureaux de l’équipe scientifique et du personnel administratif, les espaces fonctionnels et un studio dédié au traitement des images (prise de vues, dessin, infographie et archivage). Une vaste bibliothèque de recherches, dotée d’une zone de travail de huit postes complète l’ensemble. Elle est accessible sur rendez-vous du lundi au vendredi de 9h00 à 16h30, dans la limite des places disponibles en salle de travail, à toute personne justifiant d’une recherche dans les domaines du patrimoine, de l’archéologie et de l’histoire du site de Saint-Bertrand-de-Comminges et des Pyrénées centrales.

Au rez-de-chaussée du bâtiment, le Musée dispose d’une salle d’exposition temporaire de 100 m2, complété par un second espace de présentation de 60 m2 situé sur le parvis de la cathédrale Sainte-Marie à Saint-Bertrand-de-Comminges, dans la chapelle du couvent des Olivétains. L’accès aux espaces d’exposition est libre et gratuit. La chapelle du couvent des Olivétains, sur le parvis de la cathédrale, accueille les visiteurs du mois de février au mois de décembre. La salle d’exposition de l’« ancienne Gendarmerie », est ouverte à la visite à partir du mois de mai et jusqu’à la fin du mois de septembre.

Les fouilles archéologiques

Le Musée Archéologique départemental, outre sa fonction d'exposition, est avant tout un Centre de Recherche et de Ressources Archéologiques permettant d'accomplir les missions d'études et de conservation. La riche bibliothèque accueille régulièrement chercheurs, professionnels et amateurs d'archéologie. Elle a abrité, durant l'été 2016, l'équipe de chercheurs dans le travail de rédaction du rapport de la nouvelle campagne de fouilles à Saint-Bertrand-de-Comminges réalisée du 13 juin au 9 juillet 2016. Sous la direction de William Van Andringa, professeur d'archéologie romaine à l'Université de Lille 3 et à l'Helsinki Collegium for Advance Study, ces fouilles d'évaluation ont permis de découvrir et d'étudier un secteur de la périphérie de Lugdunum des Convènes. Menées avec le soutien financier du Conseil départemental de la Haute-Garonne et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, cette campagne a révélé quelques surprises. Retrouvez ci-contre en vidéo le reportage sur la phase 1 de ces fouilles.

La deuxième phase du chantier archéologique "Mourir à Lugdunum" s'est déroulée du 12 juin au 15 juillet 2017, avec le soutien du Département.

Outre l'aspect archéologique, cette campagne avait une vocation éducative et culturelle, en permettant à des étudiants de réaliser des stages de formation et en accueillant les classes d'écoles primaires de Saint-Bertrand et d'Izaourt  ainsi que des habitants intéressés par les recherches.

Les fouilles étendues sur le site de Saint-Just-Valcabrère, ont permis de faire une découverte remarquable d'occupations et de structures funéraires antiques et médiévales avec notamment un hypogée (tombeau souterrain) de l'antiquité tardive. Cet événement a généré une réelle émulation, confortant la poursuite du programme. 

Contacts et documents pratiques