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Le suivi de la ressource en eau

Suivi ressource en eau
Le Département assure un suivi de la ressource en eau sur le territoire. (Crédits : Florian Racaché)
Chapeau

Le suivi assuré par le Conseil départemental porte d’une part sur la disponibilité de la ressource en eau durant l’étiage (période estivale de basse eau) et d’autre part sur sa qualité. À court terme, les informations recueillies permettent de mieux organiser l’usage de la ressource tout en orientant l’action du Département en faveur des milieux aquatiques. Sur le long terme, l’analyse des données permettra de mieux appréhender les conséquences du changement climatique.

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Affiner la connaissance de la ressource en eau

Depuis 2014, le Conseil départemental de la Haute-Garonne assure un suivi de la ressource en eau au travers d’un réseau d’une cinquantaine de points de mesure de qualité situés sur des nappes, des sources, des cours d’eau ou des plans d’eau. La gestion de ce réseau, intitulé Réseau Complémentaire Départemental (RCD), est réalisée en collaboration étroite avec le Laboratoire départemental eva (eau-vétérinaire-air) qui assure les prélèvements et analyses. Une cinquantaine de points représentatifs de cours d’eau, lacs, nappes ou sources font ainsi l’objet de campagnes annuelles de mesures. En 2020 15 758 analyses ont été réalisées par le Conseil départemental sur 54 points de mesure.

Ce suivi de la qualité de l’eau est complémentaire au programme d’analyses assuré par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne qui accompagne techniquement et financièrement le Conseil départemental sur cette action.

Chaque point suivi fait l’objet de 1 à 8 campagnes de prélèvement comportant en moyenne une centaine de paramètres analysés. Près de 15 000 analyses sont réalisées chaque année au titre du RCD.

Le RCD a une finalité environnementale ; il est donc à différentier du suivi règlementaire réalisé sur l’eau destinée à la consommation humaine. Il permet d’affiner la connaissance de la qualité des cours d’eau, des plans d’eau et des nappes souterraines ; ses objectifs sont multiples :

  • accompagner la réflexion stratégique du Conseil départemental, en intégrant ses nouveaux programmes d’intervention et notamment le projet de territoire Garon’Amont,
  • compléter la connaissance là où les acteurs locaux ont constaté que la donnée était manquante,
  • cibler les actions à mener pour préserver ou atteindre le bon état des eaux,
  • évaluer l'impact et orienter les actions déjà engagées au Conseil départemental sur la qualité de l’eau,
  • mieux connaître l’incidence du changement climatique sur la qualité des cours d’eau et des plans d’eau.

Les données recueillies sont également mobilisées par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne pour évaluer périodiquement l’état des cours d’eau et nappes conformément à la Directive Cadre sur l’Eau (DCE).

Le suivi de la qualité de l’eau mis en place par le Département a également pour vocation d’informer les acteurs de l’eau et de sensibiliser les hauts-garonnais à la qualité des milieux aquatiques au travers notamment :

  • de la production d’un rapport annuel présentant les principaux résultats du suivi (rapports annuels depuis 2015 voir ci-dessous) ;
  • de la mise en ligne des résultats bruts sur des sites internet dédiés :
    http://adour-garonne.eaufrance.fr/ (résultats : rivières et plans d’eau)
    http://www.ades.eaufrance.fr/ (résultats : nappes)

Chaque année, le Conseil départemental produit un rapport bilan de la qualité des milieux aquatiques en Haute-Garonne, en intégrant les résultats des analyses réalisées par les autres acteurs, au premier rang desquels figure l’Agence de l’Eau Adour-Garonne. Le rapport bilan portant sur l’année 2020 a été présenté aux élus du Conseil départemental lors de la session du 14 décembre 2021.

En bref, les principaux enseignements du suivi réalisé en 2020 sont les suivants :

  • seulement 27 % des 152 points de suivi en rivière reflètent un état bon à très bon. Parmi les nombreux paramètres pris en comptes, ceux relatifs à la biologie (basés sur l’inventaire des insectes aquatiques et des algues) présentent les moins bons résultats ;
  • sur les 53 points portant sur les eaux souterraines (nappes ou sources), 9 présentent un mauvais état chimique, la principale substance déclassante étant le paramètre nitrate.
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Suivi de la qualité des cours d'eau et des nappes - année 2020

Un suivi quantitatif sous haute surveillance de juin à octobre

La Haute-Garonne se caractérise par la présence de nombreux cours d’eau réalimentés par des retenues, souvent situées hors du territoire et partagées avec d’autres départements :

  • Les retenues EDF d’Izourt, de Gnioure, de Laparan et de Soulcem d’une capacité totale d’environ 81 Mm³, localisées en Ariège, totalisent un volume de 51 Mm³ destinés à la réalimentation de la Garonne du 1er juillet au 31 octobre.  Le lac d’Oô (situé en Haute-Garonne) d’une capacité de 15 Mm³ permet la réalimentation de la Garonne. Son volume maximum dédié au soutien d’étiage est de 5Mm³,
  • La retenue de Montbel (d’une capacité maximale de 60 Mm³) située entre l’Ariège, l’Aude et la Haute-Garonne permet la soutien étiage et la compensation des prélèvements d’irrigation sur l’Hers Vif et l’Ariège ainsi que le remplissage de la retenue de la Ganguise, 
  • Le barrage du Filheit (situé en Ariège, d’une capacité maximale de 4,8 Mm3) assure la réalimentation de l’Arize,
  • La retenue de la Ganguise (d’une capacité maximale de 44 Mm³), situé entre l’Aude et la Haute-Garonne permet le soutien des étiages et la compensation des prélèvements d’irrigation sur l’Hers Mort, 
  • Les réserves de la Montagne Noire (Cammazes, Galaube) d’une capacité maximale de 26,8 Mm³  situées entre le Tarn, l’Aude et la Haute-Garonne, permettent la réalimentation du Sor ainsi que le remplissage de la Ganguise,
  • Les barrages de Balerme et Laragou (situés en Haute-Garonne, d’une capacité maximale de 4 Mm³ au total) assurent la réalimentation du Girou,
  • Le système Neste totalisant un volume de 121 Mm³ entre les Hautes-Pyrénées, le Gers et la Haute-Garonne, assure le soutien d’étiage des rivières de Gascogne,
  • Les barrages EDF du bassin du Tarn totalisent un volume de 26 Mm³ destiné au soutien  d’étiage du Tarn.

Le soutien d'étiage

De juin à octobre, les étiages limitent la disponibilité en eau et imposent des restrictions lors des années les plus sèches. Ainsi, au cours des dernières décennies, l’eau est devenue un enjeu majeur pour l’équilibre biologique de la Garonne et de ses affluents, pour la production d’eau potable et pour l’agriculture, principal préleveur à cette période.

Le soutien d’étiage, qui consiste à rajouter au débit de la rivière, un débit supplémentaire obtenu en déstockant l’eau d’une retenue, est alors une des réponses permettant de garantir à la fois des débits sanitaires minimum et la satisfaction des différents usages : alimentation en eau potable, tourisme, activités économiques dont l’agriculture.

Le Conseil départemental s’implique fortement dans le soutien d’étiage des cours d’eau en participant aux instances de concertation relatives à cette problématique et en finançant les lâchers d’eau organisés sur les principaux cours d’eau haut-garonnais. Avec le réchauffement climatique, les prévisions pour 2050 annoncent des débits réduits de 40 % voire 50 % pour les cours d’eau prenant leur source dans les Pyrénées.

Schéma départemental d'alimentation en eau potable

Contacts et documents pratiques

Schéma départemental d'alimentation en eau potable - Phase 2 - Année 2018
Schéma départemental d'alimentation en eau potable - phase 1 - Atlas cartographique - Année 2017
Suivi de la qualité des cours d’eau, des lacs et des nappes de la Haute-Garonne - année 2019
Suivi de la qualité des cours d'eau et des nappes - année 2020
Suivi de la qualité des cours d’eau et des nappes - année 2016
Suivi de la qualité des cours d’eau et des nappes - année 2017
Suivi de la qualité des cours d’eau et des nappes - année 2018
Suivi de la qualité des cours d’eau et des nappes - année 2015