REPORTAGE

À Anatole France, les collégiens imaginent la cour de demain

Publié le 25 juin 2026
Temps de lecture : 3 min
Les collégiens d'Anatole France travaillent sur le projet de végétalisation de leur cour de récréation
© Hélène Ressayres/CD31

Moins de bitume, plus de couleurs, davantage de végétation et une accessibilité renforcée : à Toulouse, les collégiens d'Anatole France ont été consultés pour imaginer leur future cour de récréation. Pour cet établissement, les travaux, conduits par le Conseil départemental, sont prévus à l’été 2027.

Le Conseil départemental place l'écoute des usagers au centre de sa politique, et c’est dans cet esprit que se sont tenus, entre avril et mai 2026, au collège Anatole France, des ateliers de co-conception pour imaginer la future cour de récréation. Certains avec les élèves, d’autres avec les personnels. Situé dans le quartier de la Côte pavée à Toulouse, cet établissement compte 438 collégiens, dont une quinzaine de jeunes aveugles ou malvoyants, dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut des jeunes aveugles, ainsi qu’une classe Ulis.

Un petit groupe d’une dizaine d’élèves a été sollicitée. Leur mission ? Faire un diagnostic de l’existant et imaginer collectivement une cour de récréation qui leur ressemble, avec des espaces pour tous, les sportifs, les plus calmes, les filles et les garçons, ceux en situation de handicap et les autres. Pour l’heure, leur cour est surtout une vaste surface minérale avec un grand plateau sportif, et si le végétal n’est pas totalement absent, il n’est pas forcément accessible, le jardin étant séparé de la cour par des barrières. 

Buissons, jasmin et bandes podotactiles

S'il y a bien un consensus parmi les élèves, c'est donc celui de la végétalisation. Tous sont déjà au fait des enjeux à l’instar de Félicien, élève de 5ème et éco-délégué : « le mieux serait d'enlever du goudron pour mettre des arbres car, en été, le bitume rejette trop de chaleur. » Félicien et ses camarades proposent de rajouter des buissons.  Beaucoup veulent aussi que leurs casiers soient réparés, repeints pour que le préau soit plus « cosy ».

L'un des points forts de cette concertation a été la prise en compte du handicap, notamment grâce au témoignage d'Alix. Pour cette élève malvoyante, la cour de demain doit être avant tout lisible et sécurisée. Elle préconise l'installation de plots de signalisation au sol ou de bandes podotactiles pour faciliter l'orientation. Et pourquoi pas des jeux en relief sur les poteaux du préau, car elle s’ennuie en hiver. Les élèves suggèrent également de remplacer les bancs en métal par des matériaux boisés, plus adaptés aux variations de température. Et de végétaliser le mur de béton en fond de cour. « On pourrait le recouvrir en plantant du jasmin », lance Lucie, élève de 6e. 

Anes, délégué au Conseil d'administration, évoque, de son côté, la classe de plein air. Selon lui, rester enfermé en salle de cours peut devenir pesant, alors qu'un espace extérieur permet aux élèves de mieux s'épanouir. Ce nouvel aménagement permettrait d'accueillir des cours de SVT, mais aussi des séances de lecture ou de théâtre dans un cadre apaisant.

Un projet à l’automne 2026

« Beaucoup d’entre eux ne verront pas cette cour, et même une fois les travaux terminés, il faudra encore quelques mois, vraisemblablement au printemps 2028, pour que la végétation prenne sa pleine mesure. Avec cet atelier, nous voulions poser, avec eux, les premières idées sur le papier, mais avant tout les sensibiliser et qu’ils diffusent aussi le message auprès des autres élèves », explique Nathalie Muniz, architecte à la direction du patrimoine du Conseil départemental et l’une des organisatrices de l’atelier.

À l'issue de ces temps d'échanges, les élèves ont retenu la mise en place de mobilier durable avec l'installation de bancs sous le préau et de jeux au sol pour animer les pauses, ils se sont prononcés pour moins de bitume et plus d’espaces végétalisés. Dans les prochaines semaines, les équipes du Département travailleront sur un projet qui sera proposé aux usagers du collège à l’automne 2026. 

En impliquant directement les collégiens comme ici ceux d'Anatole France, le Conseil départemental de la Haute-Garonne réaffirme son engagement pour un cadre scolaire plus vert, plus inclusif et tourné vers l'épanouissement de chaque élève. C’est d’ailleurs un axe central de son engagement en faveur de la bifurcation écologique.