Démos, l'orchestre qui donne une place à chacun Publié le
Date de publication
12 mars 2020

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Le jeune orchestre en répétition à la Halle aux grains.
Le jeune orchestre en répétition à la Halle aux grains. (Crédits : Alexandre Ollier)
Chapeau

Clarinettes, flûtes, tubas… des centaines d’instruments ont été confiés à des jeunes Haut-Garonnais qui souhaitent apprendre la musique dans le cadre du projet Démos. L’objectif : créer un véritable orchestre.

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Le samedi 18 janvier dernier, une foule rose a envahi la Halle aux Grains... Ils ont entre 7 et 12 ans, arborent fièrement un tee-shirt aux couleurs de la Philharmonie de Paris, institution à l’initiative du projet auquel ils participent. Et sont remarquablement studieux. C’est que la pression est grande : dans moins de deux heures, ils seront sur la scène de la prestigieuse salle toulousaine, face à leurs parents, à leurs enseignants, et aux journalistes. Ils présenteront le spectacle préparé durant les semaines passées, et surtout, se verront remettre l’instrument de musique qu’ils ont choisi et devront apprivoiser.

105 jeunes Haut-Garonnais

Le Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale (Démos) permet en effet à des enfants ne disposant pas d’un accès facile à la musique classique, de profiter, trois années durant, d’un enseignement hebdomadaire en vue de former un véritable orchestre. Au terme de cette période, s’ils souhaitent continuer leur pratique, l’instrument qu’on leur a confié dans le cadre de leur apprentissage sera à eux. Ils sont 105 à bénéficier de ce programme, répartis sur plusieurs territoires : Toulouse, Blagnac, Cugnaux, Muret et Terres du Lauragais. Ils ne se connaissent pas encore, mais vont être régulièrement amenés à répéter ensemble lors des « tutti ». Pour les diriger, le chef d’orchestre Christophe Mangou : « Depuis trois mois, les enfants ont travaillé la posture sur scène, le chant, la danse et le soundpainting (technique d’improvisation, ndlr). Maintenant, on continue avec l’apprentissage de l’instrument. » Pour encadrer et encourager tout ce beau monde, des animateurs socioculturels et bien sûr, des musiciens. Parmi eux, Stanislas Netter, clarinettiste, qui officie avec le groupe de Villefranche-de-Lauragais. « Ils ont beaucoup d’énergie et sont très demandeurs. Aujourd’hui, c’est un grand jour pour eux. Le côté rituel de la cérémonie avec cette remise d’instrument compte beaucoup. » Porté par la Cité de la musique-Philharmonie de Paris et décliné sur tout le territoire français, Démos est mis en oeuvre et financé par Toulouse Métropole et le Conseil départemental. Ce dernier assure la coordination avec la commune de Muret et la communauté de communes des Terres du Lauragais, finance la gratuité des transports pour les familles participantes et rémunère les référents sociaux sur ces deux secteurs. Anne Boyer, vice-présidente en charge de la culture, rappelle les ambitions du Département : « Permettre à tous les enfants d’accéder à l’éducation musicale. C’est déjà le cas avec les aides pour intégrer les écoles de musique, mais avec Démos, on va encore plus loin. » Et maintenant, aux jeunes de jouer.

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Maêl, 10 ans en CM2 à l'école de Tarabel

« Quand on a commencé les cours en octobre, je ne pensais pas qu’on ferait de la danse et du chant. Et finalement, j’ai adoré, surtout la
danse, parce que ce n’est pas juste pour s’amuser : ça nous apprend les tempos et c’est assez technique. Quand j’étais plus petit, je voulais faire du violon, et finalement ce sera la clarinette. Ce qui me plaît dans cet instrument, c’est le son assez grave. Avec mon prof, Stanislas, on apprend facilement. Et pour suivre le chef d’orchestre, il faut juste être attentif. »

 


 

Mael, 10 ans en cm2 à l'école de Tarabel
Mael, 10 ans en cm2 à l'école de Tarabel (Crédits : Alexandre Ollier)
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Mathilde, 7ans, en CE1 à l'école Anne Franck de Sainte-Foy-d'aigrefeuille

« L’instrument que j’ai choisi, c’est la clarinette, parce que je trouve que c’est plus simple que la flûte traversière, tu replis les lèvres, et tu réussis à sortir un son. Mais c’est aussi parce que ma maman aimait bien cet instrument ! Le plus difficile, c’est de souffler. Après, ça ne me paraît pas trop difficile. Ma meilleure copine, Chloé, a
choisi aussi la clarinette pour qu’on soit ensemble. L’orchestre, par contre, même si on n’a pas commencé, ça me fait un peu peur parce que si je suis distraite, je peux rater tout le concert ! »

 

Mathilde, 7 ans en CE1 à l'école Anne Franck de Sainte-Foy-d'Aigrefeuille
Mathilde, 7 ans en CE1 à l'école Anne Franck de Sainte-Foy-d'Aigrefeuille (Crédits : Alexandre Ollier)
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Noam, 10 ans, en CM2, à l'école Pierre Fons de Muret



« Je n’avais jamais fait de musique, et personne n’en fait dans ma famille. À la maison, j’écoute un peu toutes les musiques, du rap, et d’autres choses. Mais ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas jouer d’un instrument classique ! J’ai commencé la musique en octobre dernier, au début des ateliers. Et quand on nous a demandé de choisir l’instrument qu’on voulait apprendre, j’ai choisi le violon, car je trouvais le son joli lorsqu’on les a testés ensemble. »
 

Noam, 10 ans, en CM2 à l'école Pierre Fons de Muret.
Noam, 10 ans, en CM2 à l'école Pierre Fons de Muret. (Crédits : Alexandre Ollier)